Samedi 28 avril 2012 6 28 /04 /Avr /2012 13:21

 

 

 

Synopsis :

Rencontrez Vincent Malloy, garçon bien élevé dont le rêve est d'être Vincent Price.

 

Mon avis :

Vincent est l'un des premiers court-métrage de Tim Burton, réalisé en hommage à Vincent Price, grand acteur, connu pour ses rôles dans des films d'horreur dans les année 50.

Dès le début, on reconnaît la patte du réalisateur : l'utilisation des marionnettes filmées en stop-motion, l'esthétique des personnages aux traits exagérés, on encore l'utilisation des ombres pour mieux faire surgir les créatures les plus étranges. Mais c'est surtout le thème qui est très burtonien, puisque le court traite d'un petit garçon qui peine à se retrouver dans la vie conventionnelle des enfants de son âge que sa mère espère le voir mener. Vincent préfère s'enfermer dans son imagination sombre et torturée plutôt qu'aller jouer dehors.

Ce qui frappe dans ce court-métrage, c'est cette poésie qui en émane. Une poésie noire et fascinante. La voix-off de Vincent Price qui narre les délires de Vincent y est pour beaucoup, tant sa diction parfaite mêlée à son timbre grave et profond sont envoûtants. Il fait ressortir, et même resplendir toute la beauté du texte de Tim Burton, qui y a injectée toutes sortes de visions terribles. La citation de "The raven" d'Edgar Alan Poe à la fin est tout simplement magnifique, et magnifiée par cette voix.

Cet envoûtement dans lequel plonge Vincent est également entretenu par sa musique. Le clavier qui accompagne les fantasmes de Vincent fait froid dans le dos, tandis que la flûte qui ouvre et conclut le court est d'une grande mélancolie.

C'est un court-métrage particulièrement noir et triste que nous livre Tim Burton. Sa poésie est loin de mettre à l'aise, mais réserve des trésors à côté desquels il serait fou de passer.

Par Studio M 91 - Publié dans : Animation - Communauté : FILMS EN VRAC
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Dimanche 22 avril 2012 7 22 /04 /Avr /2012 11:23

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-Wouahou...

- Je n'aurais pas dit mieux...

Synopsis :

Swann Valley est un trou paumé des États-Unis, qui comme beaucoup d'autres, a sa propre histoire. Une histoire faite de massacres et de beffroi qui ne donne pas l'heure. Le cadre parfait pour commencer un nouveau roman de sorcellerie. C'est ce que se dit Hall Baltimore, rendu là pour une séance de dédicace et qui se voit proposer par le shériff du coin d'écrire sur le meurtre d'une jeune fille qui vient d'être retrouvée, un pieu enfoncé dans le coeur. Mais attention à ne pas perdre de vue la frontière entre fantaisie et réalité...

 

Mon avis :

Avec Twixt, Francis Ford Coppola a réalisé un film fantastique. Et plus que cela... Il a aussi réalisé un drame à teneur autobiographique. Et plus que cela... Enfin, il a réalisé une réflexion sur la création artistique. Et plus que cela...

Twixt démarre simplement, modestement. La voix-off rauque et glauque à souhait de Tom Waits nous raconte les légendes qui entourent la ville de Swann Valley, tandis que la caméra s'attarde sur les rues désertes, un vieil hôtel abandonné, ou un groupe de jeunes gothiques solitaires. Classique. Trop classique ? 

Des meurtres étranges. Des forêts sombres. Des jeunes filles aux allures fantomatiques. Ambiance mystérieuse garantie. Facile. Trop facile ?

Et soudain on se réveille, en même temps que Hall, héros du film et massif Val Kilmer. Non Coppola n'a pas perdu la main, et non, il n'est pas parti en roue libre, grisé par son autonomie durement acquise. Depuis le début le sujet est maîtrisé, et ce que l'on prenait pour une mise en scène légère, voire simpliste n'était que poudre aux yeux. À partir de ce moment là, tout est clair : Twixt va osciller entre rêve et réalité pour mieux nous plonger dans son atmosphère fantastique.

Vous avez dit atmosphère ? Une attention d'orfèvre a été portée à l'esthétique du film afin de lui conférer une véritable ambiance, balançant au gré des évènements entre mystère et onirisme. Prenez ces scènes nocturnes, recouvertes d'un filtre bleuâtre, d'où éclatent seulement la lueur jaune d'une lanterne, la peau blanche d'une jeune fille, et les rouges, ces rouges toujours sanglants, qui parsèment les lieux, ici et là. Est-on vraiment réveillé ? Allez savoir. Le cinéaste n'a pas peur d'emprunter la structure décousue des rêves pour renforcer l'étrangeté de ces scènes. Impossible de se repérer dans l'espace. Clignez seulement des yeux, et vous avez l'impression que les personnages ont changé de place. Impossible de se repérer dans le temps également. Au centre de cette ville il y a un beffroi à 7 horloges qui donnent toutes une heure différente.

Vous avez dit fantastique ? Ce mot prend ici tout son sens : à aucun moment on ne sait dire si les évènements auxquels on assiste ont une réalité quelconque. Croit-on voire une jeune vampire, que l'on se rend compte qu'elle n'était qu'une apparition furtive au détour d'un songe. Pense-t-on dialoguer avec un esprit, que l'on se prend à se demander si quelqu'un truque le jeu. Et ces jeunes qui traînent au bord du lac, à réciter du Baudelaire en écoutant du métal : gothiques rebelles, ou vampires conformistes ?

Twixt, quintessence du gothique et de l'horrifique ? Coppola le refuse, veut emmener son film plus loin. Le genre qu'il a choisi est un écrin qui lui permet de développer des thèmes plus personnels et plus profonds. Magnifique, certes, mais écrin quand même. Son détachement vis-à-vis du fantastique transparaît à travers l'humour distillé tout le long du film.

Au centre de Twixt, il y a l'histoire d'un homme qui cherche à exorciser son passé. Un homme qui a perdu un enfant dans un accident tragique, et qui continue de se le reprocher. C'est homme, c'est le  héros, Hall. Mais c'est aussi le cinéaste. Quelqu'un qui passe derrière la caméra, pour mieux dévoiler le tourment qui le déchire de l'intérieur. Et de ce tourment naît un film, qui se vit comme une oeuvre d'art.

Comment l'œuvre d'un artiste fait-elle écho à son expérience personnelle ? Comment peut-il se servir de son vécu pour créer ? C'est la question qui surgit finalement, portée par le personnage d'Edgar Alan Poe, poète de la mort qui a également connu la perte d'un être cher. Il devient le compagnon des escapades nocturnes de Hall, son guide et son confident. Leur relation devient le moteur de la réflexion du cinéaste.

Twixt surprend, bouleverse et fait réfléchir. Twixt est certainement l'un des meilleurs films de 2012.

 

Ma scène culte :

Le dialogue entre Hall et Edgar Poe, dans lequel ce dernier explique le processus qui l'a amené à écrire son poème "The raven". La scène se passe dans un rêve, et se déroule comme dans un rêve. Quelques touches de rouge, la lueur de la lanterne. Les personnages qui changent de place sans que l'on s'en rende compte. Un régal.

Par Studio M 91 - Publié dans : Horreur - Communauté : FILMS EN VRAC
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Jeudi 29 décembre 2011 4 29 /12 /Déc /2011 19:01

 

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Allez, on s'installe, la remise des prix va commencer. Non Eddie Murphy tu n'es nommé dans aucune catégorie cette année... C'est ça tire toi.

 

2011 touche à sa fin, et ce n'est pas peu dire que cette année fut riche en matière de Cinéma! Quelle meilleure année pour faire mon premier classement depuis la création de ce blog.

 

En soi, trouver 10 films qui se détachent clairement du lot n'a pas été trop difficile. En revanche, pour ce qui est de les ranger dans le bon ordre, ça a été une autre paire de manche. Si ça se trouve, la semaine prochaine j'aurais envie de changer cet ordre... Tant pis. En gros il faut considérer le classement en deux parties : les 5 premiers ont la palme d'or et les 5 autres ont le grand prix du jury. Mais qui connaît la différence entre ces deux prix?

 

Comment ça on s'en fout? Bon d'accord, c'est parti!

 

Les champions!

 

10

Sucker Punch

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J'aime beaucoup le cinéma de Zach Snyder, et Sucker Punch ne m'a pas déçu. Certes, le côté geek peut effrayer, mais si on accepte de se laisser porter, on découvre une histoire onirique, sublimée par des images parfaites! Et les actrices sont magnifiques, dans tous les sens du terme!

 

9

X-men : First Class

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Il fallait bien un film de super-héros dans ce classement. Et si cette année il n'y a pas eu de Dark Knight (l'année prochaine?), il y en aura tout de même eu un pour se détacher du lot. Porté par deux acteurs en pleine possession de leurs capacités, le film revisite avec classe et humour le mythe des X-men, dans une atmosphère 60's délicieuse. Le meilleur film de la saga, et de loin.

 

8

True Grit

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Les frères Coen frappent encore. Et en profitent pour dépoussiérer le western. Alliant la beauté formelle de No Country for Old Men (le fond en moins toutefois), à l'humour d'un Burn After Reading, True Grit fait mouche. Ajoutez un Jeff Bridges hors norme et une révélation en la jeune personne de Hailee Steinfeld, et tout est là pour votre bonheur!

 

7

Polisse

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Polisse réussit l'exploit de parler du sujet le plus horrible qui soit en sachant prendre la distance nécessaire. Maiwenn a trouvé le ton juste. Entre les accusations graves, les affaires chocantes, et les crises des policiers, elle a su inclure des fous rires salvateurs, des bouffées de bonheur qui soulagent. Avec une constante: les enfants, tous excellants, et touchants.

 

6

Fighter

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Les films de boxe sont bien souvent les meilleurs films de sport qui se font. Tout simplement parce que ce sont les seuls à oser sortir du ring pour parler du monde. Fighter le démontre à nouveau, avec cette histoire entre deux frères qui s'aiment sans savoir comment le montrer. La misère et la drogue sont évoqués avec beaucoup de justesse. Et Christian Bale n'a pas volé son Oscar! Un grand film.

 

5

Le discours d'un roi

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Oscar du meilleur film, Le discours d'un roi est un film classique dans sa forme, ce que beaucoup de critiques lui ont reproché. Mais c'est justement ce qui fait la force de ce film qui réussit à transcender son classicisme pour devenir universel. L'émotion surgit simplement, mais avec une telle force qu'elle nous emporte. Alors si je suis d'accord pour dire que Tom Hopper ne méritait pas l'oscar du meilleur réalisateur face à David Fincher, le film lui est à la hauteur de son prix.

 

4

The Artist

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Que n'a-t-on pas dit sur le miracle The Artist. Et que ne dira-t-on pas dans les années à venir! A l'heure des effets spéciaux réalistes et de la 3D, ce saut dans le temps rappelle que le cinema, c'est avant tout une affaire d'émotion. Le film dépasse son simple statut d'hommage, pour nous raconter une grande histoire d'amour émouvante et touchante. Le noir et blanc nous va si bien!

 

3

Shame

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Shame s'est hissé petit à petit sur ce podium. Sorti de la salle, bouleversé par la dernière partie du film, j'étais loin de me douter qu'il continuerait de me hanter de la sorte. A la fois cru et subtile, Shame est choquant et touchant à la fois. La relation entre les personnages interprétés par les sublimes Fassbender et Mulligan fait partie des plus belles jamais décrites au cinéma. LE film de la fin d'année.

 

2

Black Swan

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Un film cathartique comme on en voit rarement au cinéma! L'aspect fantastique totalement assumé du film lui permet de nous immerger au plus profond de la folie de son héroïne, interprétée par une Natalie Portman fiévreuse, impliquée corps et âme dans le personnage. La violence du film, sa noirceur, la sexualité qui en émane sont autant d'éléments qui rendent sa beauté éclatante!

 

1

Drive

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J'avoue que j'ai un peu menti au début de cet article. Il y a bien un film dont je connais clairement la position dans ce classement. Aucun film ne m'a transporté comme Drive cette année. La violence et l'amour n'ont jamais été mêlés de façon aussi admirable au cinéma. Pour vous en convaincre, il suffit de revoir la scène de l'ascenseur, monument de mise en scène. Film à la beauté irréelle et qui prend aux tripes, Drive est appelé à rester dans l'histoire du 7ème art!

 

Bon, je sais qu'un classement est par essence incomplet, il n'y a qu'à voir les minuscules critiques que j'ai pu faire pour chacun. A ce sujet, j'espère pouvoir un jour chroniquer chacun de ces films, car je me rends compte que je ne l'ai fait que pour Drive et Sucker Punch!

Plus sérieusement, il y a des films que je n'ai pas vus, notamment le phénomène Intouchables, mais là je pense que ça ne sera pas trop dur de se rattrapper, vu qu'il est parti pour rester un moment en salle. Mon plus grand regret est surtout d'avoir manqué La guerre est déclarée, mais j'ai cru voir qu'il allait ressortir en salle bientôt, alors...

 

Mais une année digne de ce nom comporte bien quelques ratés. Petite liste.

 

Les déceptions

Source Code

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J'attendais beaucoup plus de ce film qu'une banale course contre la montre. On ne ressent à aucun moment l'importance des enjeux pour le héros, et l'idée du retour dans le temps est tellement sous-exploitée qu'on se demande si elle avait un réel intérêt. Un film à voir le dimanche soir sur TF1.

 

The tree of life

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Ambitieux, Tree of life l'est assurément. Réussi, beaucoup moins. Et cela ne vient pas de son discours mystique sur la création du monde. Cette aspect du film nous vaut au contraire ces plus beaux instants. Non, ce qui est raté à mon sens, c'est malheureusement la partie la plus importante, celle qui traite de la relation entre Brad Pitt et ses fils. Franchement, les scènes s'enchaînent sans logique, ce qui fait que l'on n'est à aucun moment impliqué, et qu'on ne s'attache jamais aux personnages. Ainsi, on passe d'un coup du Papa tyran, au Papa qui veut se faire aimer, en passant par le Papa qui se fait crier dessus. On va me dire que c'est pour montrer l'ambivalence de sa relation avec ses enfants. Sur le papier je suis d'accord. A l'écran ça ne passe pas. Dans le genre relation père-fils ambivalente, mieux vaut revoir There will be blood.

 

Mais ce ne sont là que des déceptions, je comprends que certains aient adoré, et je vois bien que ces films ont des qualités (surtout Tree of life). Le vrai nanar vient maintenant!

 

Le nanar de l'année

Priest

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Je vous rassure, je ne l'ai pas vu au cinéma (payer le supplément 3D pour ça, et puis quoi encore!). Un pur nanar comme on les aime, avec personnages inconsistants, dialogues débiles, histoire qui tient sur un demi timbre poste. Je crois qu'on tient là la comédie de l'année!

 

Et voilà pour l'année 2011! Bonnes fêtes à tous, et à l'année prochaine!

 

Par Studio M 91 - Communauté : FILMS EN VRAC
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Samedi 29 octobre 2011 6 29 /10 /Oct /2011 13:20

 

Bienvenue sur mon blog, consacré au cinéma.

Je fais vite et simple: ici vous trouverez des articles sur des films que j'ai vu et que j'ai plus ou moins apprécié.

Le système de notation pourra sembler étrange par moment: comment mettre trois étoiles à Fast 5, et la même note à Rain Man, par exemple? Je sais bien que l'un des deux va rester dans l'Histoire du cinéma, tandis que l'autre finira sûrement dans l'oubli, mais je juge par rapport au plaisir éprouvé en voyant le film, et aussi en fonction du genre cinématographique considéré. Sur ce point, il est clair que je ne peux noter de la même façon un film d'action et un drame familial!

N'hésitez pas à me donner vos avis sur ces films, à travers vos commentaires. Comme on dit "plus on est de fous (de cinéma), plus on rit".

Bonne lecture et surtout bons films.

Image tirée de toiletzone: www.toiletzone.net



Par Musashi-91
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Vendredi 28 octobre 2011 5 28 /10 /Oct /2011 21:08

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-Je me demande si j'ai bien fait d'accepter ce boulot finalement...

 

Synopsis:

Le cardinal Melville vient d'être désigné pape, au terme d'une longue période d'indécision. Cependant, au moment de se présenter à la foule, il panique, et refuse d'accepter la charge qui lui est confiée. Commence pour lui une réflexion personnelle où les craintes ne vont pas tarder à faire revenir à la surface d'anciens rêves, jamais accomplis.

Mon avis:

Je n'attendais pas particulièrement cet Habemus papam, n'étant pas un expert en Nanni Morretti. D'ailleurs, disons le franchement, c'est le premier film du réalisateur italien que je découvre. De ce fait, j'avais peu de chance d'être déçu comme ont pu l'être de nombreux critiques au dernier festival de Cannes. Je préfère le dire tout de suite, il va m'être impossible de faire cette critique sans dévoiler le dénouement (sera pape ou sera pas ?), tant la fin du film joue sur mon avis. Maintenant que vous êtes prévenus, je vous laisse me suivre (ou pas) à l'intérieur du Vatican selon Moretti.

La première surprise, qui n'en était pas vraiment une pour moi, étant donné le nombre d'articles que j'avais pu lire au sujet de ce film, est que l'on est loin du portrait au vitriol des institutions chrétiennes auquel on pouvait s'attendre. Ici les cardinaux sont présentés comme des êtres touchants, un peu déconnectés de la réalité. Tous portent quelque chose d'enfantin en eux, comme le révèlent les scènes de nuit au sein de la basilique saint Pierre: jeux de cartes, danses improvisées, petites disputes et grand cœur. Ils sont surtout déboussolés sans leur guide spirituel, et l'attendent à la manière de ces enfant qui cherchent leurs parents du regard dès qu'ils se retrouvent isolés. Chaque fois qu'ils croient apercevoir leur pape dans ses appartements, ils sont dans un état fébrile, heureux: Moretti les filme en train d'appeler leurs camarades et de faire des petits coucous à leur éminence.

Si on les voit de cette manière, c'est parce qu'on adopte le point de vue du psychologue, dépêché sur place en urgence pour tenter d'aider le nouveau pape. Le personnage du psychologue constitue la deuxième surprise du film, ni bonne, ni mauvaise mais vraie surprise cette fois. Si comme moi avant de voir le film, vous vous attendez à des face à face d'anthologie entre le spirituel et le rationnel, oubliez les tout de suite. Il y a bien un parallèle entre un passage de la bible et la dépression, mais mis à part cela, on se demande bien pourquoi avoir fait venir un psychologue pour constituer le point de vue externe. A mon avis, Moretti cherche à montrer à travers ce personnage cynique, que le but est le même pour tous, papes comme psys: trouver sa place, et de ce fait, être un peu rassuré. On pense notamment à la façon dont il prend à cœur l'organisation du match de volley (qui donne lieu à de très belles scènes). Et c'est parce qu'il ne se sent pas à sa place dans le rôle du pape, que le cardinal Melville se lance dans sa quête intime.

Les questionnements intérieurs du pape constituent la troisième surprise du film. En effet, le cardinal Melville finit par s'échapper du Vatican, et entamme alors un périple dans les rues de Rome, d'une grande beauté. Tant dans la forme que dans le fond. Dans la forme, à travers le jeu d'acteur riche en émotion contenue de Michel Piccoli, qui prouve une fois de plus l'immensité de son talent. On s'attache immédiatement à ce personnage perdu, et qui se cherche, malgré son grand âge. Cette escapade dans la ville donne lieu à des scènes très subtiles, comme celle qui le voit préparer un discours pour expliquer son attitude à ses fidèles, alors qu'il est assis, seul, dans un métro. Dans le fond, parce que la question qui surgit est la suivante: et si à 80 ans on se rendait compte que l'on était passé à côté de sa vie? Car cet homme rêvait d'être acteur, et non cardinal. Faire rêver un poignée de spectateurs, et non guider un milliard de croyants. L'idée est belle, de rappeler qu'un homme d'Eglise même pape, reste un homme, avec ses propres désillusions. Le film m'a d'ailleurs rappelé Le discours d'un roi qui évoque un peu le même sujet.

Puis vint la fin... Les 5 dernières minutes voient Melville ramené de force au Vatican, être préparé pour se présenter à la foule des fidèles, faire un discours dans lequel il explique aux chrétiens du monde entier qu'il n'est pas fait pour être guide, refuser la charge qui lui est confiée. Désespoir des cardinals, fondu au noir et générique de fin. Bon, d'abord sur la question de savoir si Nanni Moretti a bien fait de choisir une fin religieusement incorrecte, je ne suis pas gêné outre mesure. Certes dans mon interprétation du film, le périple de Melville aurait dû être une sorte d'adieu final à ses rêves de jeunesse, qui se serait conclu par sa consécration en tant que pape (fin amère qui aurait largement collé à l'ambiance du film). Mais je comprends le choix de Moretti. Ce que je ne comprends pas c'est la façon de le filmer. En effet, on a le sentiment que cette fin est tellement expédiée, que le film aurait finalement pu être fini en 15 minutes au lieu des 1h45 qu'il dure. Aucune forme de bilan de son expérience dans les rues de Rome, de ses rencontres, de ses envies. Il se contente de nous dire qu'il n'est pas fait pour être guide. D'accord, il a bien appris ça de son escapade, mais finalement, nous autres spectateurs le soupçonnions depuis le début... Pourquoi ne pas avoir profiter de la fin pour nous offrir le face à face tant espéré entre le pape et le psy? Ce dernier se retrouve d'ailleurs bien inutile à ce moment. Ce finale laisse les intentions du réalisateur un peu floues. Enfin, dernier point qui me fâche, le désespoir des cardinaux, pris au dépourvu par le discours du pape, est filmé avec une telle emphase (les visages dans les mains, ralentis, musique ô combien dramatique...) que la scène sonne faux par rapport à la subtilité du film.

Que retenir finalement? Que sur 1h45 de film, on a 1h40 de grand Cinéma. Que les 5 dernières minutes gâchent le plaisir, et empêchent au film d'entrer dans la compétition pour le titre de meilleur film de l'année (je parle de mon classement personnel, et je sais, c'est dur, mais je suis très sensible à la fin des films). Que j'ai une grande envie de découvrir l'oeuvre de Nanni Moretti!

Ma scène culte:

Au moment du premier vote pour élire le pape, la camera s'attarde sur plusieurs cardinaux. On peut alors entendre leurs pensées, et on découvre alors qu'aucun d'entre eux ne veut devenir pape, terrorisé par la charge. A un moment donné, toutes les pensées commencent à se faire entendre en même temps, laissant place à un vacarme de "s'il vous plaît, pas moi". La scène illustre le caractère enfantin des cardinaux qui semblent perdus face à l'inconnu.

Par Studio M 91 - Publié dans : Drame - Communauté : FILMS EN VRAC
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