Jeudi 29 décembre 2011 4 29 /12 /Déc /2011 19:01

 

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Allez, on s'installe, la remise des prix va commencer. Non Eddie Murphy tu n'es nommé dans aucune catégorie cette année... C'est ça tire toi.

 

2011 touche à sa fin, et ce n'est pas peu dire que cette année fut riche en matière de Cinéma! Quelle meilleure année pour faire mon premier classement depuis la création de ce blog.

 

En soi, trouver 10 films qui se détachent clairement du lot n'a pas été trop difficile. En revanche, pour ce qui est de les ranger dans le bon ordre, ça a été une autre paire de manche. Si ça se trouve, la semaine prochaine j'aurais envie de changer cet ordre... Tant pis. En gros il faut considérer le classement en deux parties : les 5 premiers ont la palme d'or et les 5 autres ont le grand prix du jury. Mais qui connaît la différence entre ces deux prix?

 

Comment ça on s'en fout? Bon d'accord, c'est parti!

 

Les champions!

 

10

Sucker Punch

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J'aime beaucoup le cinéma de Zach Snyder, et Sucker Punch ne m'a pas déçu. Certes, le côté geek peut effrayer, mais si on accepte de se laisser porter, on découvre une histoire onirique, sublimée par des images parfaites! Et les actrices sont magnifiques, dans tous les sens du terme!

 

9

X-men : First Class

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Il fallait bien un film de super-héros dans ce classement. Et si cette année il n'y a pas eu de Dark Knight (l'année prochaine?), il y en aura tout de même eu un pour se détacher du lot. Porté par deux acteurs en pleine possession de leurs capacités, le film revisite avec classe et humour le mythe des X-men, dans une atmosphère 60's délicieuse. Le meilleur film de la saga, et de loin.

 

8

True Grit

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Les frères Coen frappent encore. Et en profitent pour dépoussiérer le western. Alliant la beauté formelle de No Country for Old Men (le fond en moins toutefois), à l'humour d'un Burn After Reading, True Grit fait mouche. Ajoutez un Jeff Bridges hors norme et une révélation en la jeune personne de Hailee Steinfeld, et tout est là pour votre bonheur!

 

7

Polisse

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Polisse réussit l'exploit de parler du sujet le plus horrible qui soit en sachant prendre la distance nécessaire. Maiwenn a trouvé le ton juste. Entre les accusations graves, les affaires chocantes, et les crises des policiers, elle a su inclure des fous rires salvateurs, des bouffées de bonheur qui soulagent. Avec une constante: les enfants, tous excellants, et touchants.

 

6

Fighter

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Les films de boxe sont bien souvent les meilleurs films de sport qui se font. Tout simplement parce que ce sont les seuls à oser sortir du ring pour parler du monde. Fighter le démontre à nouveau, avec cette histoire entre deux frères qui s'aiment sans savoir comment le montrer. La misère et la drogue sont évoqués avec beaucoup de justesse. Et Christian Bale n'a pas volé son Oscar! Un grand film.

 

5

Le discours d'un roi

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Oscar du meilleur film, Le discours d'un roi est un film classique dans sa forme, ce que beaucoup de critiques lui ont reproché. Mais c'est justement ce qui fait la force de ce film qui réussit à transcender son classicisme pour devenir universel. L'émotion surgit simplement, mais avec une telle force qu'elle nous emporte. Alors si je suis d'accord pour dire que Tom Hopper ne méritait pas l'oscar du meilleur réalisateur face à David Fincher, le film lui est à la hauteur de son prix.

 

4

The Artist

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Que n'a-t-on pas dit sur le miracle The Artist. Et que ne dira-t-on pas dans les années à venir! A l'heure des effets spéciaux réalistes et de la 3D, ce saut dans le temps rappelle que le cinema, c'est avant tout une affaire d'émotion. Le film dépasse son simple statut d'hommage, pour nous raconter une grande histoire d'amour émouvante et touchante. Le noir et blanc nous va si bien!

 

3

Shame

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Shame s'est hissé petit à petit sur ce podium. Sorti de la salle, bouleversé par la dernière partie du film, j'étais loin de me douter qu'il continuerait de me hanter de la sorte. A la fois cru et subtile, Shame est choquant et touchant à la fois. La relation entre les personnages interprétés par les sublimes Fassbender et Mulligan fait partie des plus belles jamais décrites au cinéma. LE film de la fin d'année.

 

2

Black Swan

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Un film cathartique comme on en voit rarement au cinéma! L'aspect fantastique totalement assumé du film lui permet de nous immerger au plus profond de la folie de son héroïne, interprétée par une Natalie Portman fiévreuse, impliquée corps et âme dans le personnage. La violence du film, sa noirceur, la sexualité qui en émane sont autant d'éléments qui rendent sa beauté éclatante!

 

1

Drive

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J'avoue que j'ai un peu menti au début de cet article. Il y a bien un film dont je connais clairement la position dans ce classement. Aucun film ne m'a transporté comme Drive cette année. La violence et l'amour n'ont jamais été mêlés de façon aussi admirable au cinéma. Pour vous en convaincre, il suffit de revoir la scène de l'ascenseur, monument de mise en scène. Film à la beauté irréelle et qui prend aux tripes, Drive est appelé à rester dans l'histoire du 7ème art!

 

Bon, je sais qu'un classement est par essence incomplet, il n'y a qu'à voir les minuscules critiques que j'ai pu faire pour chacun. A ce sujet, j'espère pouvoir un jour chroniquer chacun de ces films, car je me rends compte que je ne l'ai fait que pour Drive et Sucker Punch!

Plus sérieusement, il y a des films que je n'ai pas vus, notamment le phénomène Intouchables, mais là je pense que ça ne sera pas trop dur de se rattrapper, vu qu'il est parti pour rester un moment en salle. Mon plus grand regret est surtout d'avoir manqué La guerre est déclarée, mais j'ai cru voir qu'il allait ressortir en salle bientôt, alors...

 

Mais une année digne de ce nom comporte bien quelques ratés. Petite liste.

 

Les déceptions

Source Code

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J'attendais beaucoup plus de ce film qu'une banale course contre la montre. On ne ressent à aucun moment l'importance des enjeux pour le héros, et l'idée du retour dans le temps est tellement sous-exploitée qu'on se demande si elle avait un réel intérêt. Un film à voir le dimanche soir sur TF1.

 

The tree of life

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Ambitieux, Tree of life l'est assurément. Réussi, beaucoup moins. Et cela ne vient pas de son discours mystique sur la création du monde. Cette aspect du film nous vaut au contraire ces plus beaux instants. Non, ce qui est raté à mon sens, c'est malheureusement la partie la plus importante, celle qui traite de la relation entre Brad Pitt et ses fils. Franchement, les scènes s'enchaînent sans logique, ce qui fait que l'on n'est à aucun moment impliqué, et qu'on ne s'attache jamais aux personnages. Ainsi, on passe d'un coup du Papa tyran, au Papa qui veut se faire aimer, en passant par le Papa qui se fait crier dessus. On va me dire que c'est pour montrer l'ambivalence de sa relation avec ses enfants. Sur le papier je suis d'accord. A l'écran ça ne passe pas. Dans le genre relation père-fils ambivalente, mieux vaut revoir There will be blood.

 

Mais ce ne sont là que des déceptions, je comprends que certains aient adoré, et je vois bien que ces films ont des qualités (surtout Tree of life). Le vrai nanar vient maintenant!

 

Le nanar de l'année

Priest

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Je vous rassure, je ne l'ai pas vu au cinéma (payer le supplément 3D pour ça, et puis quoi encore!). Un pur nanar comme on les aime, avec personnages inconsistants, dialogues débiles, histoire qui tient sur un demi timbre poste. Je crois qu'on tient là la comédie de l'année!

 

Et voilà pour l'année 2011! Bonnes fêtes à tous, et à l'année prochaine!

 

Par Studio M 91 - Communauté : FILMS EN VRAC
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Samedi 29 octobre 2011 6 29 /10 /Oct /2011 13:20

 

Bienvenue sur mon blog, consacré au cinéma.

Je fais vite et simple: ici vous trouverez des articles sur des films que j'ai vu et que j'ai plus ou moins apprécié.

Le système de notation pourra sembler étrange par moment: comment mettre trois étoiles à Fast 5, et la même note à Rain Man, par exemple? Je sais bien que l'un des deux va rester dans l'Histoire du cinéma, tandis que l'autre finira sûrement dans l'oubli, mais je juge par rapport au plaisir éprouvé en voyant le film, et aussi en fonction du genre cinématographique considéré. Sur ce point, il est clair que je ne peux noter de la même façon un film d'action et un drame familial!

N'hésitez pas à me donner vos avis sur ces films, à travers vos commentaires. Comme on dit "plus on est de fous (de cinéma), plus on rit".

Bonne lecture et surtout bons films.

Image tirée de toiletzone: www.toiletzone.net



Par Musashi-91
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Vendredi 28 octobre 2011 5 28 /10 /Oct /2011 21:08

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-Je me demande si j'ai bien fait d'accepter ce boulot finalement...

 

Synopsis:

Le cardinal Melville vient d'être désigné pape, au terme d'une longue période d'indécision. Cependant, au moment de se présenter à la foule, il panique, et refuse d'accepter la charge qui lui est confiée. Commence pour lui une réflexion personnelle où les craintes ne vont pas tarder à faire revenir à la surface d'anciens rêves, jamais accomplis.

Mon avis:

Je n'attendais pas particulièrement cet Habemus papam, n'étant pas un expert en Nanni Morretti. D'ailleurs, disons le franchement, c'est le premier film du réalisateur italien que je découvre. De ce fait, j'avais peu de chance d'être déçu comme ont pu l'être de nombreux critiques au dernier festival de Cannes. Je préfère le dire tout de suite, il va m'être impossible de faire cette critique sans dévoiler le dénouement (sera pape ou sera pas ?), tant la fin du film joue sur mon avis. Maintenant que vous êtes prévenus, je vous laisse me suivre (ou pas) à l'intérieur du Vatican selon Moretti.

La première surprise, qui n'en était pas vraiment une pour moi, étant donné le nombre d'articles que j'avais pu lire au sujet de ce film, est que l'on est loin du portrait au vitriol des institutions chrétiennes auquel on pouvait s'attendre. Ici les cardinaux sont présentés comme des êtres touchants, un peu déconnectés de la réalité. Tous portent quelque chose d'enfantin en eux, comme le révèlent les scènes de nuit au sein de la basilique saint Pierre: jeux de cartes, danses improvisées, petites disputes et grand cœur. Ils sont surtout déboussolés sans leur guide spirituel, et l'attendent à la manière de ces enfant qui cherchent leurs parents du regard dès qu'ils se retrouvent isolés. Chaque fois qu'ils croient apercevoir leur pape dans ses appartements, ils sont dans un état fébrile, heureux: Moretti les filme en train d'appeler leurs camarades et de faire des petits coucous à leur éminence.

Si on les voit de cette manière, c'est parce qu'on adopte le point de vue du psychologue, dépêché sur place en urgence pour tenter d'aider le nouveau pape. Le personnage du psychologue constitue la deuxième surprise du film, ni bonne, ni mauvaise mais vraie surprise cette fois. Si comme moi avant de voir le film, vous vous attendez à des face à face d'anthologie entre le spirituel et le rationnel, oubliez les tout de suite. Il y a bien un parallèle entre un passage de la bible et la dépression, mais mis à part cela, on se demande bien pourquoi avoir fait venir un psychologue pour constituer le point de vue externe. A mon avis, Moretti cherche à montrer à travers ce personnage cynique, que le but est le même pour tous, papes comme psys: trouver sa place, et de ce fait, être un peu rassuré. On pense notamment à la façon dont il prend à cœur l'organisation du match de volley (qui donne lieu à de très belles scènes). Et c'est parce qu'il ne se sent pas à sa place dans le rôle du pape, que le cardinal Melville se lance dans sa quête intime.

Les questionnements intérieurs du pape constituent la troisième surprise du film. En effet, le cardinal Melville finit par s'échapper du Vatican, et entamme alors un périple dans les rues de Rome, d'une grande beauté. Tant dans la forme que dans le fond. Dans la forme, à travers le jeu d'acteur riche en émotion contenue de Michel Piccoli, qui prouve une fois de plus l'immensité de son talent. On s'attache immédiatement à ce personnage perdu, et qui se cherche, malgré son grand âge. Cette escapade dans la ville donne lieu à des scènes très subtiles, comme celle qui le voit préparer un discours pour expliquer son attitude à ses fidèles, alors qu'il est assis, seul, dans un métro. Dans le fond, parce que la question qui surgit est la suivante: et si à 80 ans on se rendait compte que l'on était passé à côté de sa vie? Car cet homme rêvait d'être acteur, et non cardinal. Faire rêver un poignée de spectateurs, et non guider un milliard de croyants. L'idée est belle, de rappeler qu'un homme d'Eglise même pape, reste un homme, avec ses propres désillusions. Le film m'a d'ailleurs rappelé Le discours d'un roi qui évoque un peu le même sujet.

Puis vint la fin... Les 5 dernières minutes voient Melville ramené de force au Vatican, être préparé pour se présenter à la foule des fidèles, faire un discours dans lequel il explique aux chrétiens du monde entier qu'il n'est pas fait pour être guide, refuser la charge qui lui est confiée. Désespoir des cardinals, fondu au noir et générique de fin. Bon, d'abord sur la question de savoir si Nanni Moretti a bien fait de choisir une fin religieusement incorrecte, je ne suis pas gêné outre mesure. Certes dans mon interprétation du film, le périple de Melville aurait dû être une sorte d'adieu final à ses rêves de jeunesse, qui se serait conclu par sa consécration en tant que pape (fin amère qui aurait largement collé à l'ambiance du film). Mais je comprends le choix de Moretti. Ce que je ne comprends pas c'est la façon de le filmer. En effet, on a le sentiment que cette fin est tellement expédiée, que le film aurait finalement pu être fini en 15 minutes au lieu des 1h45 qu'il dure. Aucune forme de bilan de son expérience dans les rues de Rome, de ses rencontres, de ses envies. Il se contente de nous dire qu'il n'est pas fait pour être guide. D'accord, il a bien appris ça de son escapade, mais finalement, nous autres spectateurs le soupçonnions depuis le début... Pourquoi ne pas avoir profiter de la fin pour nous offrir le face à face tant espéré entre le pape et le psy? Ce dernier se retrouve d'ailleurs bien inutile à ce moment. Ce finale laisse les intentions du réalisateur un peu floues. Enfin, dernier point qui me fâche, le désespoir des cardinaux, pris au dépourvu par le discours du pape, est filmé avec une telle emphase (les visages dans les mains, ralentis, musique ô combien dramatique...) que la scène sonne faux par rapport à la subtilité du film.

Que retenir finalement? Que sur 1h45 de film, on a 1h40 de grand Cinéma. Que les 5 dernières minutes gâchent le plaisir, et empêchent au film d'entrer dans la compétition pour le titre de meilleur film de l'année (je parle de mon classement personnel, et je sais, c'est dur, mais je suis très sensible à la fin des films). Que j'ai une grande envie de découvrir l'oeuvre de Nanni Moretti!

Ma scène culte:

Au moment du premier vote pour élire le pape, la camera s'attarde sur plusieurs cardinaux. On peut alors entendre leurs pensées, et on découvre alors qu'aucun d'entre eux ne veut devenir pape, terrorisé par la charge. A un moment donné, toutes les pensées commencent à se faire entendre en même temps, laissant place à un vacarme de "s'il vous plaît, pas moi". La scène illustre le caractère enfantin des cardinaux qui semblent perdus face à l'inconnu.

Par Studio M 91 - Publié dans : Drame - Communauté : FILMS EN VRAC
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Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 13:15

 

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-C'est sûr, c'est plus simple de viser quand on n'a pas de bandeau de pirate!

 

Synopsis:

Au début des années 90, L.A. est sous tension extrême: le verdict du procès des quatre flics qui ont aggressé l'afro-américaoin Rodney King va bientôt être rendu. Au même moment, Eldon Perry, flic pourri, mène l'enquête sur un braquage à mains armés dans une épicerie, qui s'est terminé par plusieurs meurtres. Il est secondé par le jeune Bobby Keough, qu'il veut former à ses méthodes. Tous deux vont découvrir à quel point la police de L.A. est corrompue jusqu'à la moelle...

Mon avis:

Les thrillers de James Ellroy ont toujours quelque chose de sale, de poisseux. On y trouve la lie de l'humanité, des êtres sans illusions, broyés par le destin. Dark Blue ne déroge pas à la règle, nous offrant un personnage des plus torturés en la personne d'Eldon Perry.

C'est bien ce dernier qui est au centre du film. On le découvre roublard et arrogant dans les premières scènes. Sans pitié, il n'hésite pas à tuer les suspects qui se trouvent sur la route, si ça peut expédier l'affaire, ou prouver qu'il est un homme, un vrai. De toutes façons, ils le méritent bien: qui dans les bas-fonds de L.A. peut se targuer d'être un honnête homme?

Ne vous fiez d'ailleurs pas aux apparences, car cette dernière phrase est une réalité dans le film. Ainsi, deux gars s'offusquant du fait que la justice ne soit pas rendue envers Rodney King, se retrouvent la scène d'après à tuer avec un tel naturel les clients d'une épicerie, que l'on est d'abord surpris de voir la première balle sortir. De même, un émmigré chinois, qui déplore la mort de sa femme, déplore en fait la perte de plusieurs centaines de milliers de dollars issues de son business de proxénétisme.

Pour en revenir à Eldon Perry, il cache au fond de lui de profondes failles. Sa façon d'être, il ne l'a pas choisie, on la lui a imposée. Et au fil des années, il a préféré se voiler la face, continuant de vénérer des veaux d'or, qu'il imagine honnêtes, comme son chef, interprété par un Brendan Gleeson d'une froideur effrayante, qui cache sa cruauté sous un air jovial. Même lorsque la vérité lui explose  à la figure, il lui tourne le dos, choisissant la seule issue qu'il connaisse: la violence et la corruption de ses idéaux. Il n'y a pas vraiment d'issue, Eldon Perry s'est finalement exclu de l'humanité. Il s'en rendra compte trop tard, comme en atteste une de ses dernières répliques, dans laquelle il demande à être envoyé dans une prison pas trop violente. Désespoir...

Il fallait un acteur de grand talent pour interpréter les multiples facettes de ce personnage. Kurt Russel s'est avéré être un choix de maître. Quelle intensité dans le jeu! Son regard surtout, est tellement expressif. Tour à tour arrogant et soucieux, triste et hilare, il pioche dans une vaste palette d'émotions. Il faut le voir exprimer la désillusion qui domine peu à peu son personnage.

Le film entier est traversé par ce pessimisme sombre. La violence est filmée avec naturel, sans exagération ni effet de style, ce qui renforce la froideur des personnages, qu'ils soient rôles principaux, second rôles, ou même figurants (le finale durant l'émeute notamment). Même ceux qui affichent leurs idéaux se montrent souvent peu de sensibilités. Arthur Holland, directeur adjoint de la police, veut faire arrêter Perry et ses idéaux? Oui, mais au même moment il refuse que sa femme le quitte, car il a besoin d'elle s'il veut devenir le premier chef de la police noir de L.A., même si elle souffre du souvenir de la liaison qu'il a eu avec son assistante. Cette dernière d'ailleurs, préfère une relation distante avec le jeune Bobby Keough, se contentant de coucher avec lui de temps à autres, et refusant de connaître son nom. Ce dernier est d'ailleurs le seul à avoir des idéaux bercés de belles illusions. Nul besoin de dire qu'il sera broyé par le destin.

La musique jazz reflète bien ce pessimisme, cette sensation de voyager sans nul autre but que d'avancer, et sans voir où l'on se dirige. D'ailleurs, durant la scène de l'emeute, à la fin du film, cet errement est traduit par les fumigènes qui obligent Perry à rouler au pas, pendant qui diverses silouhettes passent près de sa voiture. Une bel mise en scène.

On peut regretter le côté réconciliation des 5 dernières minutes, juste après le très beau discours de Perry, dit de façon poignante par Kurt Russel. Sa femme qui semble tout lui pardonner, le grand méchant qui va en prison... Heureusement le dernier plan sur une L.A. en feu, nous ramène à la dure réalité de l'histoire.

Je ne saurais que trop conseiller la vision de ce film, ne serait-ce qe pour la performance magistrale de Kurt Russel.

Ma scène culte:

Perry a réussi à élucider l'affaire des meurtres de l'épicerie. Ce qu'il ne sait pas, mais que le spectateur sait, c'est que son chef, qu'il vénère, est derrière tout ça. Il le découvre de façon brutale, lorsque ce dernier lui dit froidement, les yeux dans les yeux, qu'il s'est trompé de coupables. Il faut voir la peine dans les yeux de Kurt Russel. Il évoque un petit garçon, perdu, à qui l'on vient de révéler quelque chose à laquelle il refuse de croire. Car c'est bien ce qu'est son personnage: un homme à qui l'on a volé l'enfance.

Par Studio M 91 - Publié dans : Thriller - Communauté : FILMS EN VRAC
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Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 11:40

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Eh ben quoi? T'es jamais allé en boîte avec un marteau?

 

Synopsis:

Il est cascadeur le jour, chauffeur la nuit. Oui mais un chauffeur d'un genre particulier: il roule pour le compte de divers braqueurs et autres gangsters. Pas besoin d'en savoir plus sur lui. Et surtout pas de se mettre en tête de vouloir s'attaquer à sa voisine de palier. Car s'il y a bien une seule personne qui lui rappelle son humanité, c'est bien elle. Alors quand on se met en tête de la faire souffrir... 

Mon avis:

Drive vous prend aux tripes des les premières minutes. Un braquage, une course-poursuite, un héros mutique. Oui, mais aussi une atmosphère feutrée, à la fois oppressante et apaisante, des cadrages parfaits et un timing de la précision d'une montre suisse. Fondu au noir et générique d'introduction. 

Changement d'ambiance. Toujours la nuit, mais plus de crissements de pneus, ni de grondements de moteurs. A la place, un générique sur fond de plans nocturnes de L.A., le nom des divers participants de la production écrits en rose bonbon, et musique pop style année 80. Film romantique?

Choc, double choc et contre-choc. Ne cherchez pas de philosophie, de discours social, ou du simple divertissement, on est ici face à de l'art pur. Ne serait la présence d'un scénario, par ailleurs efficace, que j'aurais osé le terme abstrait. Tout est fait pour démultiplier l'expérience sensorielle. Coeur et esprit unis pour voir, que dis-je, vivre un film d'une puissance inédite. Utilisé à tort et à travers, un mot prend ici tout son sens: transcendance.

Parce que Drive, est bel et bien transcendant: plus qu'un film d'action, plus qu'une histoire d'amour, plus qu'une révélation cannoise, un véritable classique instantané. Unique en son genre, il exacerbe à la fois les plulsions de vie et de mort, dans un style brillant.

Le film fait surgir la vie au détour de certains plans parfaits, qui révèlent un sens de la composition génial. L'amour apparaît sous les traits de la magnifique Carey Mulligan, visage digne, qui en a trop vu, et qui n'en peut plus de courir après une paix qui semble la fuir. Il est également présent dans l'attitude de l'excellent Ryan Gosling, qui s'autorise alors un rare sourire, qui vous illumine une scène. Des face-à-face muets, mais expressifs. Des non-dits qui veulent tout dire. Un amour qui engendre la mort.

Cette dernière est une évidence. Un tel bonheur ne peut être possible, c'est la vie ici, pas le paradis. Et dès lors que cet amour est menacé, les tréfonds de l'âme humaine surgissent, à travers une violence crue, brutale, chocante. Ames sensibles s'abstenir: on préfère les poings et l'arme blanche aux armes à feu. Jamais gratuite, elle choque car elle révèle une vérité sur nous même: nous la voulons! Il faut bien voir qu'ici, ceux sur qui se déverse le torrent de haine des personnages sont des médiocres, des êtres répugnants, que nous même voulons voir souffrir. Comme s'il lisait au fond de nos pensées, le réalisateur répond à nos attentes, et nous restons là, à la fois réjouits et horrifiés. Au contraire, le sort de personnages attachants, s'il peut se révéler tragique, est plus doux, voire digne. Une adéquation parfaite entre le ressenti et le vécu.

Alors quand amour et mort se rejoignent lors de plusieurs scène, la détonation est trop forte. L'explosion émotionnelle souffle tout sur son passage, ne laissant personne indemne. C'est lorsqu'un mentor raté mais attachant, nous quitte pour avoir été présent au mauvais endroit, au mauvais moment. C'est lorsqu'on retrouve un enfant aux pieds de son père qui vient de se faire brutaliser. C'est surtout lorsque l'on menace l'amour de notre héros dans un ascenseur. Ahurissant, on en ressort soufflé.

Finalement, toutes nos émotions sont exacérbés, par ce film qui ne fait aucune concession, qui refuse de ménager ses spectateurs, pour les emmener au plus profond d'un voyage intérieur d'une rare puissance. Immanquable.

Ma scène culte:

La scène de l'ascenseur, qui est déjà un classique. Le héros et sa voisine entrent dans l'ascenseur, où un troisième homme les attend. Il porte une arme, que notre cacadeur repère immédiatement. On a alors un ralenti magnifique, durant lequel il attire la femme qu'il aime dans le coin de l'ascenseur, et l'embrasse pour la première fois. La séquence est hors du temps. Les deux amants ne vivent plus que l'un pour l'autre, l'espace de quelques instants. L'impression est renforcée par le jeu de lumière fascinant. Et soudain tout s'arrête, retour à la réalité, la dure réalité, le héros se retourne et se lance dans une aggression d'une violence inouïe envers le tueur lancé à ses trousses. La scène résume à elle seule tout le film. Et quelle puissance!

Par Studio M 91 - Publié dans : Action - Communauté : FILMS EN VRAC
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