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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 17:04
Hahaha, très drôle George ! En revanche les blagues de caca, on n'est pas sûr que ça colle à l'esprit du film...

Hahaha, très drôle George ! En revanche les blagues de caca, on n'est pas sûr que ça colle à l'esprit du film...

Chaque fois que je veux parler de Star Wars avec quelqu'un, je sais pertinemment qu'il va y avoir un moment gênant où je vais dire une chose que je ne pense pas vraiment, ou bien que je n'ai jamais pris le temps de vérifier. Quelque chose du style "Ça c'est dans Joseph Campbell" (alors que je n'ai jamais lu Joseph Campbell), "la prélogie est quand même moins bien" (alors que je n'ai pas revu les films depuis leur sortie), ou encore "Jar Jar signe la mort de Star Wars" (reniant par là même que ma plus grosse déception en découvrant l'épisode II au cinéma était la disparition de ce même Jar Jar). Mais pourquoi tant de mauvaise foi ?

Il y a sans aucun doute un peu de ce plaisir coupable qu'on appelle snobisme, et qui bien qu'il m'exaspère chez les autres, parvient de temps à autres à faire un percée depuis mon subconscient pour mieux frapper mon interlocuteur. J'ai beau le déplorer, je dois bien reconnaître qu'étaler sa science ou prêter allégeance à la caste des puristes contient son lot de satisfactions, certes médiocres, mais tellement agréables. C'est regrettable, mais s'il y a là un sujet de discussion intéressant pour mon psy, il n'y a aucunement matière à faire un post de blog.

Réfléchissant à la question après avoir revu le dernier opus (qui pour le coup m'a sincèrement déçu), je me suis rendu compte que pendant des années il s'était construit autour des films de la saga Star Wars, une saga sur les films Star Wars. En effet, si la plupart des critiques, analyses, et autres rétrospectives pointaient du doigt les défauts de la prélogies et les raisons du succès du mythe, elles dévoilaient également les coulisses des tournages. Ainsi on apprenait comment George Lucas passionné de mythologie souhaitait appliquer les concepts du mono-mythe de Campbell (ceci n'est pas du snobisme) à sa saga, son désir de s'arracher du système des majors, avant d'en devenir une lui même, ou encore son désir mégalo de contrôler les moindres détails de ses films allant jusqu'à renvoyer ses collaborateurs historiques. Et très vite le parcours de George Lucas devenait au moins aussi fascinant que celui de ses personnages.

Malheureusement, ce parcours étant loin de susciter la sympathie pour le bonhomme (un artiste frustré ayant toujours refusé de collaborer et supportant mal la critique), associé aux défauts indiscutables des films de la prélogie (les plus récents dans la mémoire collective) rend tout discours un tant soi peu objectif sur les films impossibles pour quiconque a conscience de l'histoire derrière le mythe. De la même manière, il est impossible de revoir les films vierges de tous préjugés.

Et pourtant, suite à la vision du septième volet, j'ai eu envie de les revoir. Avec tous les préjugés accumulés depuis tant d'années, avec tout le snobisme dont je peux faire preuve, mais également avec tous les souvenirs de mes premières visions, et tout l'enthousiasme que l'on peut avoir quand on vous promet des combats au sabre laser, des batailles spatiales, des extra-terrestres tous plus farfelus les uns que les autres, et des méchants qui cassent des culs.

Aussi, je me suis mis tête de rédiger un article sur chacun des films de la saga. Dans l'ordre dans lequel je les ai revus. Bien qu'étant plutôt partisan d'une vision dans l'ordre chronologique (IV-V-VI puis I-II-III), je dois reconnaître que cette fois-ci je me suis laissé tenter par l'ordre des épisodes (I-II-III puis IV-V-VI), surtout parce que j'avais envie de comparer au plus vite la prélogie avec l'épisode VII. Et finalement cet ordre me plaît assez bien, car les épisodes qui ont le plus mal vieilli ne sont pas forcément ceux que l'on pense, et car certaines caractéristiques de la prélogie éclairent d'une nouvelle lumière la trilogie originale.

Mais avant tout cela, puisque il m'est impossible de voir les films sans préjugés sur leur créateur, j'avais envie de commencer par un article sur ma perception de George Lucas. Une perception qui influence ma compréhension de certains choix de mise en scène, et qu'il vaut mieux coucher à l'écrit une bonne fois pour toute.

Bonne lecture, et que la force soit avec vous !

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 19:58
Dis Han, tu es sûr que c'est le moment de faire une Macarena au lieu de s'occuper de Rey ?

Dis Han, tu es sûr que c'est le moment de faire une Macarena au lieu de s'occuper de Rey ?

Synopsis :

La jeune Rey fait équipe avec Finn, un Storm Trooper déserteur pour aller remettre à la Résistance une carte indiquant où se trouve Luke Skywalker. Mais le terrible Premier Ordre et Kylo Ren comptent bien mettre la main sur le précieux indice...

Mon avis :

Il est évident que le phénomène Star Wars nous dépasse, et donc que toute tentative d'approche critique amateur est vouée à l'échec. Chacun de nous a un rapport différent à la franchise, et ce n'est pas la même chose de découvrir Star Wars au cinéma avec La Guerre des Étoiles en 1977, de le découvrir au cinéma avec La Menace Fantôme en 1999, ou encore de le découvrir en streaming sur son PC. Pour ma part, j'ai vu très tôt les cassettes de la trilogie originale, et mon premier Star Wars au cinéma était La Menace Fantôme, à l'âge de... 8 ans. Ce qui veut dire que j'ai pu un temps m'identifier à Jake Lloyd en Anakin gamin, que je considère que le plus grand des Jedis est Qui-Gon Jinn et non pas Obi-Wan, et que oui, Jar Jar Binks m'a fait rire...

Pour continuer dans cette logique de présentation du profil de fan que j'ai, le seul épisode que j'ai détesté à ce jour, et qu'aujourd'hui encore j'ai du mal à apprécier est L'Attaque des Clones. Trop mièvre. Enfant, mon épisode préféré était sans conteste Le Retour du Jedi, adolescent La Revanche des Siths. Je pense que ce dernier est encore à ce jour mon préféré, étant celui qui m'a le plus fait vibrer à sa découverte. Le frisson que j'ai pu ressentir face à cet Épisode III créé obligatoirement un lien particulier au film. Ceci dit, cela fait longtemps que je n'ai pas revu les films, mon classement changerait peut-être...

Pour conclure, je ne suis pas un fan hardcore abreuvé d'histoires additionnelles (pour moi les films se sont toujours suffi à eux même), je ne pourrais jamais être un fan old school (ce serait mentir sur mon rapport à Star Wars par pur snobisme), mais j'adore ces films qui sont constitutifs de ma cinéphilie. Ce court résumé de mon histoire personnelle avec Star Wars n'a pas vocation à défendre ma vision de la saga, plutôt à définir ce que celle-ci représentait pour moi avant d'aller voir cet Épisode VII.

Star Wars est une saga qui m'a accompagné de l'enfance à l'adolescence. Tous les épisodes ont compté pour moi, d'une manière ou d'une autre. Si je devais définir ce que représente Star Wars pour moi, je ne répondrai pas en termes de schéma narratif mais plutôt en invoquant la présence de figures archétypales. Si la saga évoque souvent parmi ses contempteurs une forme de condescendance, c'est par son illustration quasi à la lettre de la lutte du Bien contre le Mal. Si l'on est à la recherche d'histoires de dilemmes moraux, il est évident qu'il vaut mieux passer son chemin. La tentation du côté obscur est très schématique (peur -> colère -> côté obscur, agrémenté de la promesse du pouvoir), et chaque camps est très clairement défini, jusque dans la couleur de leurs armes (bleu lumineux, rouge sang, vert espoir, avec certes des variantes dans la prélogie, mais objectivement moins marquantes). 

En revanche, là où Star Wars fait mouche, c'est par la présence dans chaque camps de personnages références, les fameux archétypes. Dans le camp du Bien, ce personnage est généralement le sage, celui qui par sa maîtrise de la Force dégage une immense sérénité et une droiture à toute épreuve. Obi-Wan, Yoda, Qui-Gon Jinn sont autant de personnages qui montrent à quoi aspire toute personne qui s'engage dans le côté lumineux de la Force. En face d'eux, on trouve des personnages qui suintent la puissance brute, avec généralement un côté Rock'n'Roll dans le look. Évidemment Dath Vador, qui par sa seul présence dans l'Épisode IV a redéfini tout le devenir de la saga. Mais aussi, Darth Maul et son apparence punk de l'Enfer, ou encore dans une moindre mesure le compte Dooku qui bien que mal exploité bénéficie de l'aura de Christopher Lee. Au milieu de ces figures, il est assez facile de plonger dans cet univers, chacun trouvant son champion et désirant s'en rapprocher. Il est aussi facile de comprendre et de s'identifier aux parcours des personnages plus juvéniles tels Luke ou Anakin, qui oscillent entre les deux. L'affrontement de ces deux camps, amène dans les meilleurs épisodes à des séquences purement épiques !

Encore une fois, je ne livre pas ici une analyse de la saga, même personnelle, mais cherche à mettre en avant ce que j'ai toujours cherché et trouvé dans un Star Wars. Jusqu'à cet Épisode VII, qui sans tomber aussi bas que l'Épisode II, suscite son lot de déceptions. Car Star Wars VII ne suscite jamais la moindre excitation, ni pire encore, la moindre fascination. Et cette déception se manifeste chez moi par cette absence de figures archétypales fortes. Dans les deux camps !

Dans le camps du Bien, la grande erreur à mon sens est d'avoir remplacé les grands maîtres Jedis que sont Qui-Gon Jinn et Obi-Wan, chargés de guider les jeunes padawans dans leurs parcours héroïque, par... Han Solo ! Eh oui, Luke Skywalker jouera peut-être ce rôle dans les épisodes à venir, mais pour le grand retour de Star Wars sur les écrans il est réduit à un simple MacGuffin. Je n'ai rien contre Han Solo bien au contraire, mais il ne maîtrise pas la Force, ne sait pas ce qu'elle est, et donc ne peut rien en dire d'autre que "Ça existe". Il est donc incapable de former la jeune Rey qui est le nouveau personnage du film sensible à la Force. Celle-ci en est réduite à utiliser des facilités de scénario pour se former plus vite que Néo n'apprend le Ju-Jitsu dans Matrix...

Mais admettons cette tentative de renouvellement, et passons même sur les incohérences mentionnées. Ce que le film promet, c'est que Han Solo doit devenir un père de substitution pour Rey, ce qui est clairement indiqué par leur affinité au pilotage du Faucon Millenium. Or à aucun moment Solo n'assume ce rôle ! On ne le voit jamais discuter avec Rey, ni même prendre le temps de s'intéresser à elle ! Il semble plus obsédé par ses punchlines et autres blagues à deux balles sur la coupe de cheveux de Leia (que j'apprécie, ne nous y méprenons pas) que par sa potentielle fille spirituelle (et sur ce point, la fin du film ne nous trompe pas). On le voit donc, Han Solo échoue à assumer le rôle de figure archétypale du Bien, la faute à un scénario qui privilégie les rebondissements au développement du thème de la quête de soi des jeunes personnages sous la tutelle d'un maître ou d'un père spirituel.

Continuons par une courte parenthèse sur Rey, personnage très intéressant, bien interprété, et au look plutôt cool ! Elle est symptomatique d'un autre défaut du film, à savoir son écriture télévisuelle. Une série se déroule sur un temps long de plusieurs semaines, et permet donc de dévoiler le passé d'un personnage au fur et à mesure des épisodes. Un flash back mystérieux dans le premier épisode de la saison trouve son explication dans l'épisode 5, etc.. Rey est traitée exactement de cette façon : elle n'a aucun background, tout juste sait-on qu'elle attend que quelqu'un (qui ?) vienne la chercher sur sa planète, et la seule mention faite à son passé est un flashback indigent, qui semble vouloir nous intriguer jusqu'au prochain épisode. Le problème, c'est que le prochain épisode ne sort pas la semaine prochaine, mais dans un an et demi ! Ce qui fait que dans l'espoir affiché de maintenir le mystère autour de Rey, le scénario lui confère sans le vouloir une personnalité assez creuse... Espérons que l'Épisode VIII saura lui donner l'importance qu'elle mérite !

Cependant, le camps du Mal ne s'en sort guère mieux. Passons sur Snoke, successeur de l'Empereur qui semble lorgner sur le Thanos des Avengers en termes de présentation. Passons également sur le commandant blond qui dirige la nouvelle étoile de la mort, et qui est pratiquement plus caricatural que le Hitler d'Inglorious Basterds (le second degré en moins). Évidemment la nouvelle figure du Mal qu'on nous promet est Kylo Ren ! Et au début du film on y croit ! Froid, impitoyable, il arrête un tir de blaster par la Force et n'hésite pas à massacrer tout un village d'innocents. Quant à son costume, je le trouve très réussi, imposant une figure monacale sombre. J'avais des réserves au sujet de son sabre à poignée cruciforme, comme s'il était tiré des cahiers d'un fanboy de 12 ans, mais dans la logique d'un personnage qui serait tel un templier du Mal, un croisé du côté obscur de la Force, je l'approuve totalement ! 

Et puis patatra ! Le masque tombe dans les deux sens du terme. Ou du moins, c'est ce que le film cherche à nous faire croire. Lorsque Kylo révèle son visage, il comdamne par là toute terreur que son apparence pouvait susciter. L'idée du film est alors de nous dire que sous son apparence sombre, se cache un pauvre adolescent qui n'a pas réussi à tuer le père. Et voilà notre grande figure du Mal réduit à pleurnicher sur son sort, et à se faire prendre une raclée par une Jedi auto-formée (ce que je peux accepter) et par un ex-Storm Trooper qui clame haut et fort ne maîtriser que son blaster (chute de crédibilité). Et là pour le coup je m'inquiète pour la suite, car contrairement au camp du Bien qui finit par retrouver Luke Skywalker à la fin, le camps du Mal en est réduit à Kylo Ren, car on voit mal Snoke sortir de son rôle d'Empereur. Sera-t-on réduit à ne craindre que ce pauvre adolescent mal dégrossi dans l'Épisode VIII ?

Comme nous l'avons fait pour Han Solo, admettons que le successeur de Darth Vador soit en fait un jeune homme faible. Le film cherche à nous faire croire que sous ses allures terrifiantes, Kylo Ren cherche à cacher ses propres peurs, notamment celle de ne pas être à la hauteur de Darth Vador. Aveu d'impuissance méta des scénaristes que je trouve pour ma part inintéressant voire faible dans un film de l'envergure de Star Wars. Néanmoins admettons. Le gros souci c'est que ce n'est jamais amené. On passe d'un coup du méchant surpuissant au fragile adolescent. Et quand ce fragile adolescent apparaît, il ne retrouve jamais plus la puissance du méchant : il se fait battre par tout le monde, de Rey à Chewbacca ! 

Malheureusement en plus de décevoir mes attentes de gamin qui a grandi avec Luke, Leia, Obi-Wan et Anakin, le film me déçoit en tant que spectateur de l'autoproclamé plus grand film de l'année. Aucun souffle épique, aucune envolée lyrique et aucune inventivité.

Voilà pourquoi ce Star Wars me déçoit. Après, il reste la mise en scène impeccable de J.J. Abrams (malheureusement plombée par ce qu'elle a à raconter), des acteurs plus que convaincants (plombés par des personnages mal écrits), et des scènes d'action impressionantes (plombées par leur manque de souffle). Néanmoins, ce n'est que l'avis de quelqu'un qui a découvert Star Wars en cassette, et a vu son premier épisode au cinéma à 8 ans en 1999. J'espère sincèrement que les gamins qui découvriront Star Wars cette année avec Le réveil de la Force s'approprieront à leur manière cette saga intemporelle, et reviendront dans 15 ans nous expliquer pourquoi l'épisode X les aura déçus !

Ma scène culte :

Plus qu'une scène, c'est en fait une courte séquence qui voit Rey prendre son déjeuner adossée à une épave de X-Wings. Elle met alors un vieux casque de rebelle comme une enfant en train de jouer. J.J. Abrams nous offre alors un plan large qui montre au loin un vaisseau décoller vers l'espace. Tout y est : le retour à l'enfance, l'appel au voyage et au rêve... J'ai vraiment cru à ce moment que le film partait sur de bons rails. Dommage qu'il ait choisi une autre direction...

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 08:46

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I was made for loving you Satan !

Synopsis:

Heidi est animatrice vedette d'une radio locale de la ville de Salem. Un jour elle reçoit un vinyle d'un groupe inconnu, qui se fait appelé Lords. C'est le début d'une longue descente aux enfers...

Mon avis:

Il y a une expression qui revient souvent lorsqu'on se met en tête de critiquer certains films : "Ça ne ressemble à rien !". Souvent, c'est plutôt dans le sens "Mon Dieu que c'est laid, ça ne ressemble à rien !". À vrai dire, il y a un peu de ça dans Lords of Salem. Enfin presque. Parce qu'il faut dire que le film est constamment sur le fil entre cette première définition, et l'autre : "Je ne sais pas quoi en penser, je n'ai jamais rien vu de tel !". 

Lords of Salem est un film de sorcellerie. Attention, on parle ici de vrai sorcellerie, celle qui tâche, et qui suinte le blasphème par tous ses pores. Tous les ingrédients sont là d'ailleurs : bestiaire quasi mythologique, sorcières à poil, invocations démoniaques, bûchers et autres instruments de tortures... Je ne serais d'ailleurs pas étonné que le réalisateur Rob Zombie ait ouvert un bouquin de sorcellerie pour mieux agrémenter son film de détails sordides.

Extrêmement codifié tout cela, n'est-ce pas ? Étonnemment pas tant que ça. Au lieu d'utiliser ces éléments pour créer une structure scénaristique qui servirait de fil rouge et de garde-fous, le film choisit de s'en servir comme autant d'ingrédients pour sa propre folie. Autant vous dire que le résultat entre directement dans la catégorie "ça passe ou ça casse". Dans tous les cas, c'est indéniablement destabilisant.

Un exemple sans trop dévoiler le film. N'importe quel film d'horreur partant sur un postulat similaire à celui-ci, à savoir un personnage qui se retrouve soudainement aux prises avec des forces surnaturelles hostiles, a en général le choix entre deux options. Il peut tout d'abord choisir de dévoiler petit à petit le mystère autour des raisons qui font que notre héros est ainsi frappé par le malheur. C'est le cas du prochain Mama, ou encore de Paranormal Activity. On peut aussi citer The ring dans lequel l'héroïne est carrément journaliste et enquête pour comprendre ce qui lui arrive. L'autre option, consiste à mettre cet aspect au second plan et à se concentrer sur la survie des personnages principaux. C'est souvent le choix des films gores, comme le nouvel Evil Dead, ou encore The descent. Lords of Salem ne s'embarasse pas de choisir. Il y aura bien une enquête, mais tellement secondaire qu'on en vient à penser qu'elle n'est là que pour apporter un peu de respiration dans ce film à l'atmosphère étouffante. En revanche, notre héroïne ne fera pas grand chose pour tenter de survivre. Le film se retrouve donc totalement libre de faire ce qu'il veut.

Une fois n'est pas coutume, analysons l'image choisie pour illuster l'article. Voici donc une jeune fille maquillée comme le Joker, portant un pull rayé de prisonnier, complètement troué. Une belle imagerie de film d'horreur bien sordide. Pourtant, le décor est complètement en désaccord avec cette impression. Somptueux, chaudement éclairé, il est tout droit sorti d'un film de Sissi la princesse. La scène en devient quasiment schizophrène. Et encore, je ne vous raconte pas ce qu'il y a en contre-champs, tant cela renforce la folie qui se dégage de cette scène. Décidément, ce film se veut libre.

Cette liberté, il en profite. Certains diront peut-être qu'il en abuse. Ou qu'il ne va pas assez loin. Encore une fois, on est dans une position délicate pour juger. En effet, le montage est très particulier, coupant des scènes à des moments inattendus, ou en enchaînant d'autres qui a priori n'ont rien à voir. Et c'est sans parler des scènes d'hallucinations, véritablement hallucinatoires. Donc oui, le film est très libre. Pourtant il croule sous les références, la plus évidente étant Rosemary's baby. Une des actrices du film va même jusqu'à s'exprimer comme Ruth Gordon, qui jouait la fameuse voisine de palier de Mia Farrow. Mais ce n'est pas la seule référence. On pense beaucoup à Shining, notamment dans sa façon de placer des intertitres très utiles (Lundi, Mardi...) à n'importe quel moment. Il y a même des références aux jeux de la saga Silent Hill, avec un plan particulier de Heidi, effondrée sur un fauteuil roulant. Et on est loin d'avoir fait le tour. Donc non, le film n'est pas si libre que ça.
Personnellement, je préfère voir ces références de la même manière que les éléments des histoires de sorcellerie évoqués plus haut : des ingrédients dont le film se sert à sa guise pour mieux entretenir sa propre folie.

Néanmoins, il ne faut pas oublier que Rob Zombie s'est attaqué à un film d'horreur, au sens large du terme. La question est donc : Lords of Salem fait-il peur, oui ou non ? Incontestablement, il entretient une atmosphère malsaine à travers son éclairage vraiment remarquable, et son ambiance sonore dérangeante. On est plongé dans un autre monde. Quant au bestiaire, il est en grande partie constitué de sorcières brûlées, ou d'espèces de fantômes particulièrement gênants, dans le sens où ils mettent mal à l'aise. Le personnage de la chef des sorcières est franchement réussi et ses seules apparitions furtives dans l'appartement de Heidi suffisent à nous faire frémir. D'ailleurs Rob Zombie parvient la plupart du temps à résister à cette facilité qui consiste à lancer une musique stridente à chaque fois qu'un monstre surgit pour mieux nous faire susauter. Cet effet est certes très efficace, mais il est un peu à la peur ce que le pathos est à l'émotion : d'accord, ça fonctionne, mais c'est vraiment balourd. En résumé, je dois dire que Lords of Salem m'a fait peur...

Mais... Car il y a  un mais, en effet, et j'imagine qu'ayant lu la critique depuis le début vous vous y attendiez. Mais voilà, Rob Zombie ne peut pas se contenter de ça. Juste faire peur, c'est rentrer dans un schéma classique, et ça c'est hors de question. Donc il choisit de pousser cela jusqu'au grotesque. L'immersion du grotesque dans le monde de l'horreur renforce le malaise ambiant... tout comme il peut renforcer le ridicule. Pour ma part, je me suis senti assez mal à l'aise, tout en étant conscient du ridicule de la situation. Il faut dire aussi que j'ai vu le film seul dans un cinéma quasiment vide. Avec des amis, nul doute que certaines de ces situations auraient vite viré à la blague potache. Je pense notamment à la représentation du diable, qui ici ressemble à un membre de Slipknot qui aurait un bon ventre à bières. Et je ne vous raconte pas quand la version miniature arrive... car oui, il y a une version miniature, au sens propre du terme. 

Pourtant on reste accroché, grâce à des personnages attachants. Heidi est très réussie, et en quelques scènes au début du film, elle devient une de nos amies. Elle garantit un minimum de cohérence dans le film

J'en viens parfois à me dire que Rob Zombie avait envie d'un film de sorcières drolatique. Ce qu'il a plutôt réussi je pense. Et même si l'aspect radical de sa démarche lui vaut quelques faux pas, on ne peut qu'apprécier cet effort pour produire un film original, dans un genre qui peine parfois à dépasser la frontière de ses propres codes.

Ma scène culte:

Disons plusieurs séquences du film qui retiennent mon attention. En effet, comme l'essentiel du film se passe entre l'appartement de Heidi, et celui très étrange situé au bout du même couloir, il fallait trouver un couloir angoissant. Je n'aurais jamais cru écrire une chose pareille un jour, mais Rob Zombie filme extrêmement bien les couloirs. L'éclairage surréaliste situe le lieu hors de tout espace connu. Traverser ce couloir pour aller à la porte qui se situe au bout, c'est déjà mettre un pied en enfer. Terrifiant.

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 18:48

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A good day to die HARD... Comment ça ce n'est pas une image représentative du film ?

 

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A good day to DIE hard ! Mieux ?

Synopsis :

L'heure est grave chez les McClane : John Jr s'est fait arrêter à Moscou pour tentative de meurtre. John Sr décide de prendre un congé afin de se rendre en Russie revoir son fils, avec qui il n'a plus le moindre semblant de relations depuis quelques années. Malheureusement pour notre brave flic new-yorkais, ce n'était peut-être pas le bon endroit pour passer ses vacances. Ou en tous cas, pas le bon moment.

Mon avis :

Est-il réellement besoin de présenter John McClane ? Depuis les années 80, ce super flic new-yorkais sévit sur les écrans, tentant de nous faire croire entre deux fusillades qu'il n'est qu'un homme ordinaire, exhibant fièrement son débardeur sale et ses profondes entailles en guise de preuve. Sauf que nous autres spectateurs, on l'a bien cerné le McClane : c'est un super-héros moderne, post-collants moulants et masques SM, un surhomme qui s'approprie la philosophie de Nietzche, qui veut que la mitraillette qui ne le tue pas, le rende plus fort face à un hélicoptère équipé de lance-roquettes. 

La grande force de la série Die Hard n'est bien évidemment pas de nous présenter un héros ordinaire perdu dans des situations qui le dépassent, mais bien de placer cet homme indestructible au mauvais endroit, au mauvais moment. D'où un décalage excellent entre la situation qui se joue, et le héros, qui se retrouve comme un cheveu dans la soupe des supers terroristes (oui, tout le monde est super dans son rôle avec cette saga). Le film gagne alors un second degré innattendu qui rend le personnage de McClane très attachant.

Du coup, que demande-t-on à un Die Hard réussi ?
- Un héros qui trouve toujours le bon mot pour se moquer de la situation (normal, il ne la comprend pas)
- Un méchant bien travaillé (normal, pour que le décalage fonctionne, il faut que l'on s'intéresse à la fois au héros, et aux plans du terroriste)
- Un héros à la vie familiale instable (normal, ce type est même en décalage par rapport à sa vie privée, mais attention, McClane n'est pas du genre à tromper sa femme, d'ailleurs il n'est du genre à penser aux femmes tout court, donc s'il divorce, c'est qu'il y a peut-être une bonne raison...)
- De bonnes scènes d'action (normal, c'est une des meilleurs saga d'action qui soit)
- La réplique "Yeepeekayeah, motherfucker !" (normal, c'est un Die Hard)

Les quatre précédents Die Hard avaient réussi à capter l'essence de la saga, décrite plus haut. Mais alors dites nous John, qu'en est-il du cinquième volet de vos aventures ?

On pourrait résumer ce film en disant que de bonnes intentions ne font pas toujours un bon scénario, et que de bonnes scènes ne font pas toujours un bon film. Les idées sont là, mais malheureusement, aucune n'est exploitée. Le film veut être un bon Die Hard, mais n'ose pas sortir de son schéma de film d'action classique. Première indice, qui devrait mettre la puce à l'oreille : aucun Die Hard jusqu'à présent ne durait moins de 2h. Celui-ci fait moins d'une heure quarante... Alors, est-ce que les auteurs ont eu peur d'ennuyer ? Ceci expliquerait les principaux défauts du film.

En effet, tout va trop vite ! Beaucoup trop vite ! McClane est à peine arrivé à Moscou, que le voilà embarqué dans la plus grosse course-poursuite du film. On n'a même pas le temps d'apprécier nos retrouvailles avec le héros, ce qui n'était pas le cas dans le quatrième volet par exemple, où l'on commençait par présenter un McClane complètement à côté de la plaque face à la jeune génération, avant de lui faire sentir la poudre (ce qui permettait par ailleurs de rappeler que ce type là vit décidément dans une autre sphère). C'est d'autant plus regrettable que la course-poursuite est jubilatoire, défiant les lois de la logique et de la physique dans la plus pure tradition des Die Hard. Rapide, explosive, terriblement fun, c'est un véritable plaisir coupable.

Changeons de registre et prenons un autre exemple. Sans avoir jamais été très subtile sur la relation dysfonctionnelle de McClane avec sa famille (à part peut-être le troisième Die Hard, avec cette bonne idée qui était de toujours en parler, sans jamais la montrer), il y avait toujours quelques scènes où McClane se permettait de regretter ses erreurs, et d'espérer une forme de rédemption. Ces scènes constituaient des pauses bienvenues, montraient une autre facette du flic, et contribuaient d'une certaine manière à le rendre attachant. Die Hard 5 ne rompt pas avec la tradition... Mais comme il a décidé qu'il n'avait pas de temps à perdre, et qu'il fallait vite aller à l'essentiel (ce dont ce type de scènes ne doit pas faire partie, apparemment), nous avons ici droit à un McClane Jr qui surprend son père en train de regretter de ne pas avoir passé plus de temps auprès de son fils... 5 minutes seulement après leur premier véritable face à face ! Alors oui, on avait bien compris que la relation père-fils entre ces deux était plutôt tendue, cependant le tout au Cinéma n'est pas seulement de comprendre, mais aussi de ressentir... Ici, on ne voit pas comment on peut se sentir touché, ou ne serait-ce que compatissant pour cet homme qui aimerait être plus proche de son fils, lorsque les seules choses qu'ils ont partagées sous nos yeux sont une course-poursuite et une fusillade ! Ils ne se sont même pas vraiment disputés depuis le début !

Enfin, le film a tellement peur d'ennuyer, qu'il ne prend même pas le temps de développer une histoire ! On ne demande pas un scénario particulièrement fouillé, juste un méchant avec un plan ubuesque et des motivations un tant soit peu crédibles. Ici, aucune figure de méchant n'est travaillée. On tente de nous refaire le coup du sbire féroce comme dans le premier Die Hard, mais pour que celui-ci ait l'air effectivement féroce, il faudrait peut-être lui laisser quelques scènes avant de le fusiller comme un simple figurant. Quant au terroriste en chef, comment dire... Chaque Die Hard présentait un leader charismatique, qui marquait les mémoires (en particulier les frères Gruber, mais les deux autres méchants étaient également très intéressants à suivre). Ici, on se garde bien de développer qui que ce soit, ça risquerait de gâcher le gros twist de la fin. Le résultat est évident : on n'a aucun adversaire bien défini, tous les ennemis se résumant finalement à des pions sur lesquels tirer, et le twist est au mieux totalement inintéressant et attendu, au pire éventé dès le début.

C'est d'autant plus dommage qu'il y avait des idées à exploiter. À commencer par cette base complètement régressive qui consiste à envoyer McClane taper sur du Russe. On ne pouvait pas rêver décalage plus total avec ce qui se fait en terme de cinéma d'action aujourd'hui, ce qui entrait bien en résonance avec la caractéristique principale de notre héros. Honnêtement le film aurait aussi bien pu se passer à Washington ou à Tambouctou, ça n'aurait rien changé. Autre bonne piste, toujours en exploration du décalage de John McClane, le fait d'avoir fait de son fils un agent de la CIA. D'accord, cela fait penser au point faible d'Indiana Jones 4. Mais ce qui était intéressant, ce n'était pas tant l'idée du fils, que l'idée de l'associer à un agent de la CIA. Dans le 4ème épisode, McClane faisait équipe avec un geek, ce qui donnait lieu à d'excellentes scènes, où on le voyait perdu au mauvais endroit, au mauvais moment, mais aussi à la mauvaise époque ! Pourquoi ne pas avoir profité de l'opportunité d'un fiston qui lorgne du côté de Jason Bourne pour opposer avec forces les deux visions du boulot de justicier ? Certes, le film a envie de le faire, on le sent... Mais allez savoir pourquoi, il ne le fait pas. Le fiston se retrouve très vite, pour ne pas dire tout de suite, sans ressources. Du coup la seule option qu'il lui reste, c'est de faire comme Papa...

Le plus triste dans tout ça, c'est que le metteur en scène, John Moore, fait preuve d'un vrai talent pour construire des séquences épiques, et vraiment bluffantes. Je pense notamment à la fin, où l'on voit un hélicoptère s'écraser contre un bâtiment. Le souffle de l'explosion passe carrément à travers l'écran ! Un peu comme avec son précédent film, Max Payne, qui était une réussite au niveau de la mise en scène, mais un ratage scénaristique. Le pauvre risque d'être catalogué tâcheron, alors qu'il y a un vrai potentiel à exploiter.

Ainsi, Die Hard 5 ne fait pas honneur à la saga, mais a au moins le mérite de nous faire passer un bon moment, pour peu qu'on accepte sa (trop) grande simplicité.

Ma scène culte :

Le crash de l'hélicoptère contre le bâtiment abandonné de Tchernobyl (oui, le scénario nous emmène jusqu'à Tchernobyl). Tournée au ralenti, elle témoigne d'une parfaite maitrise des effets numériques. On a l'impression de sentir le feu sortir de l'écran. Une scène qui nous souffle littéralement.

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 15:33

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Un président face à son destin, un mythe en construction

Synopsis :

Alors que la guerre de Sécession fait rage depuis près de 4 ans, le président Lincoln, fraîchement réélu, décide de soumettre au sénat le treizième amendement qui abolit l'esclavage. C'est le début d'une féroce bataille politique.

Mon avis :

Il arrive que dans l'Histoire d'un peuple, la confiance de ce dernier en ses dirigeants faiblissent. Lorsque ceci est l'oeuvre du souffle salvateur d'une révolution porteuse de justice, nous ne pouvons que nous laisser porter, et embrasser cette cause. Malheureusement, la démocratie a accouché d'un parent pauvre, que d'aucun nomme démagogie, et qui attaque directement la foi du peuple en son avenir. Un coeur qui se refuse à prendre partie, qui nivelle tout par le bas, et refuse ses responsabilités souffre de cynisme.

Aujourd'hui, je baisse les yeux, et je ne vois partout qu'un cynisme savamment entretenu. À l'heure où notre monde traverse sa plus grande crise, rares sont ceux qui osent espérer des lendemains qui chantent. Or, il a été prouvé, maintes et maintes fois, que seul l'espoir peut guider les grands changements. L'Histoire l'a prouvé.

Alors, maintenant que nous nous trouvons face aux décisions les plus importantes que nous avons à prendre pour notre avenir, je vous demanderai de prendre un instant de recul, et de regarder vers le passé. Il s'agit de redonner ses grandes lettres d'espoirs à la lutte pour ses idéaux.

J'ai eu la vision d'une silouhette portant le poids d'une telle lutte, mais dont on devine la fière stature au milieu d'une chambre sombre, découpée par l'unique raie de lumière traversant le lieu. J'ai eu la vision d'un visage marqué par l'âge, les soucis et le chagrin, qui continuait de sourire à l'adversité. J'ai eu la vision d'un président qui traversait les camps militaires ravagés par la mort, et qui conservait une foi inébranlable en la puissance des mots.

Prenons du recul, regardons le passé et imprégnons nous des discours d'un homme qui ne se laissait pas entravé par les défauts d'un système évidemment imparfait. Le président dont je veux vous parler a les traits d'un humain, porte en lui les souffrances d'un humain, mais offre à l'Histoire la figure d'un mythe. Sa force, il la tire de son caractère tranquille. Sa cause est son idéal, et le langage est son arme. La grande force des mots, vient de ce qu'ils peuvent faire surgir les idéaux les plus nobles d'un homme, en toute situtation. Ils portent en eux une flamme divine qui permettent d'élever qui sait les apprivoiser au dessus de sa condition.

La démocratie demande des compromis. Les mots n'en acceptent aucun mais permettent de franchir toute opposition. La démocratie demande du courage. Les mots en sont le plus beau carosse. La démocratie demande d'agir. Les mots, une fois leur pouvoir respecté, ne sont que pure action.

Cet homme dont je vous parle était un modèle en son temps. Capable de retenue et de réflexion, aussi bien que de fermeté, il a mené les combats les plus difficiles de son époque. Et si je vous parle de cet homme, c'est qu'aujourd'hui il est un modèle. Si l'on veut bien écouter son histoire, on y trouvera l'inspiration nécessaire pour lutter contre le cynisme qui nous ronge.

En ces temps où le ne sait plus vers quel partie se trouner, il nous reste beaucoup à apprendre de notre Histoire. Et lorsqu'une figure du passé daigne ressurgir avec un tel éclat, nous nous devons de l'acceuillir. Et de dire merci.

Ma scène culte :

Daniel Day Lewis est prodigieux en Lincoln, aussi rebattu que cela puisse paraître. Néanmoins je dois citer une scène où il n'apparaît pas, et où le personnage de Tommy Lee Jones, défenseur invétéré de l'égalité entre blancs et noirs se retrouve face à un dilemme : pour faire passer l'amendement, on lui demande un compromis qui va contre ses idéaux. La prouesse est formidable, un véritable exemple de rhétorique, où le langage change de sphère en une seconde, et fait basculer la donne! Fabuleux !

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 19:27

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C'est parti les gars !

 

Et comme chaque année, la nouvelle année arrive ! Avec un peu de retard pour moi, je le reconnais... Il faut dire que je ne me suis pas remis du fait que la fin du monde ne soit qu'une mauvaise blague, et je n'avais pas prévu d'écrire d'articles en 2013. Mais enfin, puisqu'il le faut, ne rechignons pas à la tâche et allons y !

 

Bon, je dois tout d'abord avouer que j'ai trouvé cette année en deça de l'année dernière. Certes, j'ai bien trouvé mes dix films, mais ils étaient moins nombreux à s'imposer comme tels. Pas d'équivalent pour Drive cette année, ni pour Shame... Les surprises sont quand même au rendez-vous, je vous rassure ! Allez, assez tergiversé, un classement est assez rébarbatif comme ça pour en rajouter.

 

And the winners are...

10

Avengers

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On l'attendait, il est venu ! Avengers est le grand divertissement qu'il ambitionnait d'être ! Avec sa mise en scène légère et dynamique, le film ne laisse aucun super-héros en plan, pour notre plus grand bonheur. Le tout, sans jamais se prendre au sérieux. Bravo l'artiste !

 

9
Ted

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Sans contestes la comédie la plus hilarantes que j'ai pu voir cette année. Politiquement très incorrect, Ted est un véritable régal en matière d'humour absurde et trash ! La réussite est totale !

 

8

Cogan, la mort en douce

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Cela peut sembler étrange de retrouver Cogan au sommêt de ce classement, mais il faut reconnaître que ce film a été pour moi une véritable petite surprise. Avec son cynisme mordant, et ses face à face d'anthologie entre Brad Pitt et Richard Jenkins, il s'agit d'un polar qui ne laisse pas indifférent. À découvrir.

 

7

Amour

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Palme d'or méritée pour Michael Haneke, qui réalise avec Amour un film glaçant et touchant à la fois. On retiendra la grâce de ses deux acteurs principaux, émouvants et toujours justes. Bouleversant.

 

6

Killer Joe

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Comédie noire déjantée, Killer Joe raconte l'histoire d'une famille de loosers qui doit faire face à un flic véreux mais surtout à sa propre médiocrité, dans laquelle elle n'a de cesse de s'enfoncer. Thriller qui n'en est pas un, Killer Joe cacher sous airs morbides, un film fascinant.

 

5

Skyfall

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Bond is back ! Et ça fait plaisir ! On sent que l'équipe du film s'est éclatée à jouer avec les codes de la saga pour mieux les appliquer à son personnage principale. Voici la somme de 50 ans de carrière, un extraordinaire film d'espionnage qui alterne brillamment humour et action.

 

4

Looper

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Encore une surprises dans mon classement de cette année 2012, après Cogan etKiller Joe. Film de SF à petit budget, Looper s'impose dès les premières scènes comme l'un des films les plus réussis jamais réalisé sur le voyage dans le temps. Le scénario trouve le juste équilibre entre théorie paradoxale, et thriller, tout en faisant exister ses personnages. Bravo !

 

3

The Dark Knight Rises

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Que The Dark Knight Rises n'arrive que troisième du classement, c'est en soi une déception. Quelques incohérences, une erreur de casting (pauvre Marion Cotillard, je suis persuadé que l'échec de son personnage n'est pas de son ressort, elle n'était juste pas faite pour le rôle)... Et un grand film ! Le finale épique, émouvant, puissant rachète tout ce qui nous faisait tiquer, et hisse le film en troisième position du classement !

 

2

Les bêtes du Sud Sauvage

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Et une surprise de plus, une ! Les Bêtes du Sud sauvage n'est ni plus ni moins que le film  le plus riche en émotion de 2012. Du rire aux larmes, c'est une énergie folle qui se dégage de ce film, réalisé selon le point de vue d'une gamine de 6 ans. Coup d'essai, coup de maître pour son metteur en scène !

 

1

Twixt

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Comment ?!? Un film mineur de Coppola en tête du classement ?!? Oui, mais voilà, Twixt est un chef d'oeuvre. Réflexion intelligente, subtile, et non dénuée d'humour sur la condition d'artiste, Twixt bénéficie d'une mise en scène soignée, et d'images fabuleuses. Un petit classique du maître !

 

Et sinon ?

Et sinon, pour le reste de l'année, quoi de marquant ? Je n'ai pas eu l'occasion de voir un bon nanar, dommage, mais bon, au moins je n'aurai pas perdu de temps. J'aimerais saluer, même s'il n'apparaît pas dans mon classement, un petit film d'horreur qui pour le coup, détourne complètement les codes du genre qu'il aborde pour livrer une comédie horrifique hilarante :

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C'est difficile de dynamiter avec une telle efficacité, les codes d'un genre archi-rebattu au cinéma (en l'occurence le film de zombies). Mais si c'est réussi, cela donne un plaisir coupable à consommer sans modération !

 

Et sinon, une petite déception ? Il y en a bien une qui n'en est pas vraiment une :

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Je suis un grand fan du premier film, qui livre une belle histoire de fanatisme religieux, tout en respectant bien l'univers du jeu vidéo. Bon, avouons le, je me doutais que sa suite serait décevante, ne serait-ce que parce que Christophe Gans, maître d'oeuvre du premier n'était plus au commande. Du coup, voilà, le film est devenu une honnête série B, réussie par moment (l'introduction au lycée, les infirmières...) ou franchement ratée (Malcom Mac Dowell ?!? Au secours !!!). Pas de quoi s'énerver non plus. 

 

 

Voilà, voilà. En espérant que 2013 réussira à nous faire vibrer au moins autant que les belles surprises de 2012 (c'est dailleurs bien parti avec Django et Lincoln). Bonne année Cinéma à tous !

 

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 00:57

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Qui a dit que la fin du monde serait malheureuse ?

 

Synopsis :

Un astéroïde s'apprête à s'écraser sur Terre. L'humanité n'a plus que trois semaines à vivre. Penny et Lodge, voisins, chacun seul pour vivre leurs derniers instants, décident de s'entraider : elle souhaite retourner auprès de sa famille, tandis que lui veut retrouver son premier amour de jeunesse...

 

Mon avis :

Le postulat est quand même très riche : que fairiez-vous s'il ne vous restait plus que trois semaines à vivre. Dès les premièresminutes du film, la question affleure. Certains se suicident, d'autres préfèrent faire la fête et tenter toute sortes d'expériences inédites. D'autres encore continuent leur vie comme si de rien n'était. Une chose est sûre pour tous : personne ne veut finir seul.

Si le thème de la peur face à la solitude est clairement mis en avant comme sujet, ce qui l'est moins c'est le traitement que souhaite en faire la réalisatrice. Au début du moins... Des scènes de fêtes vulgaires, des morts violentes, des gens qui s'aiment, des gens qui se quittent... Est-on dans une comédie ? dans une satire sociale ? dans un drame ? Le personnage de Lodge incarné par un Steve Carrel très sobre, erre au milieu de ce mélange de scènes aux tons différents, leur conférant une aura désabusée qui, si elle permet de maintenir une unité dans ce commencement, ne suffit pas à faire rentrer le spectateur dans le film. Même lorsqu'il rencontre Penny, excentrique Keira Knightley, on a du mal à accrocher à ce tandem, tant on a du mal à savoir ce qu'il est réellement censé raconter. On devine une histoire d'amour, certes, mais de quoi veut-elle parler ? Cette fin du monde finalement, n'est-elle qu'un prétexte, un arrière-plan arrangeant pour une comédie romantique ? Ou bien cache-t-elle une réflexion plus intéressante ?

Toujours est-il que nos deux héros finissent par quitter la ville. Le film prend alors la forme d'un road movie avec ses inévitables rencontres étranges, et points d'étape représentant une évolution dans le parcours des personnages. C'est plaisant à regarder. Malheureusement, le spectateur a un peu le sentiment de rester sur le bord de la route.

Et puis soudain, à mi-chemin, quelque chose se produit. Un miracle ?

Penny pleure au téléphone, en parlant à ses parents. Le coeur se serre, et on comprend une chose : on a quitté le bas-côté pour rejoindre le voyage. On ne se contentera plus d'observer les évènements, on les vivra. Leurs joies se feront notre. Et nos larmes se mêleront aux leurs. On comprend autre chose : il ne fallait pas se perdre dans les divers détours stylistiques et scénaristiques empruntés par la réalisatrice. Le film ne désire que parler de la peur de la solitude face à la mort. Ainsi qu'on l'avait pressenti.

Pourquoi vivre à deux ? La réponse vient du ciel : un astéroïde risque à tout temps de s'écraser sur Terre. Il est alors terrifiant de penser que l'on va mourir dans l'indifférence général. Alors, on veut partager sa vie avec quelqu'un, pour être plus fort face à la mort. Mais cette force ne peut venir que de l'union. Pas seulement de l'union physique, mais de celle des coeurs. On peut passer sa vie à chercher son âme soeur. On peut même se tromper. Il suffit néanmoins qu'elle surgisse à la dernière minute, et rien n'aura été vain.

Tel est le propos de Jusqu'à ce que la mort nous sépare. Une histoire d'amour qui nous parle de l'Amour. Si on peut regretter le début cahotique, qui aligne finalement les passages apocalyptiques obligés d'un film de fin du monde rendant flou son propos, on ne peut qu'être séduit par la réfléxion qui se dégage. Un film maladroit, mais tellement touchant. Que son dernier plan, tout juste magnifique, fait basculer dans le beau.

 

Ma scène culte :

La scène où Penny téléphone à ses parents. La scène démarre pourtant maladroitement. On découvre des personnages bizarres qui croient qu'ils survivront dans un abri anti-atomique avant de constituer l'humanité du futur. Filmé de façon abrupte, on apprend que Penny peut téléphoner. Keira Knightley saisit le combiné, et à l'autre bout du fil, sa mère répond. La scène peut alors s'envoler. Tout le long, on ne sait pas ce qu'elle entend, mais on peut voir le visage de l'actrice saisie d'une émotion forte qu'elle tente de contenir tant bien que mal. Elle veut rire et pleurer à la fois. Elle est heureuse de savoir sa famille saine, et triste de la savoir loin. Un grand moment d'émotion. Il faut d'ailleurs rendre honneur à Keira Knightley, qui est sans aucun doute la meilleure actrice du film (hommes et femmes confondus). Elle est d'une justesse constante; ses sourires vous illumine un plan mieux qu'un rayon de soleil; ses larmes vous serrent le coeur plus fort qu'un éteau. 

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 19:10

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To my dearest friend...

 

 

Synopsis :

Alors que Chihiro et ses parents s’apprêtent à emménager dans leur nouvelle maison, ils se trompent de route. Sous l’impulsion du père, ils empruntent un tunnel sombre qui les conduit dans un village abandonné. Là, un somptueux banquet les attend, que les parents n’hésitent pas à dévorer. Punis pour avoir osé goûter aux plats que la terrible sorcière Youbaba réservait à ses invités, ils se retrouvent changés en porcs, sous le regard terrifié de leur petite fille. Si elle veut espérer sauver ses parents, Chihiro n’a d’autre choix que d’entrer au service de la sorcière.

 Mon avis :

 Certains titres sont d’une telle simplicité qu’ils nous semblent banals. Que peut bien avoir à offrir un titre banal ? Une histoire banale, n’est-ce pas ? Il arrive cependant que nous nous retrouvions face à l’un de ces titres, et que celui-ci renferme des trésors d’une grandeur qui dépasse ce qu’il donne à voir. Leur apparente modestie joue les trompes l’œil, et c’est en toute innocence qu’ils nous invitent à découvrir l’histoire qu’ils gardent. Et naïvement, sans nous douter de rien, nous acceptons de les suivre.

Le voyage de Chihiro… Voilà qui promet de jolies aventures, dans de jolis décors, avec de jolis personnages. Un bon dessin-animé d’aventure, comme on en a vu tant auparavant. Un bon moment que nous oublierons peut-être plus tard. Aucun bouleversement annoncé.

L’invitation à ce Voyage nous interpelle, et nous voilà donc en train de suivre une petite fille dans ses aventures pour sauver ses parents des griffes d’une terrible sorcière. « Léger » pensons-nous, mais il y a bien longtemps que la petite Chihiro a emporté avec elle notre esprit, et nous nous apercevons alors que ce mot n’a plus rien de condescendant. « Aérien » répond notre cœur, et cette réponse est presqu’un murmure, tant nous craignons de troubler la féérie qui s’installe.

Le monde de Chihiro est un poème de tous les instants. Nous y entrons par un tunnel fait de pierres ternes et d’ombres. Pourtant, à la sortie, ce sont de chatoyantes couleurs qui viennent nous accueillir dans un paysage merveilleux, fait de verts et de bleus qui déclenchent ce besoin de courir et de nager, de cabanes éclatantes de rouges et roses pour rire et s’amuser. Malheureusement, l’atmosphère n’est pas à la joie. L’écho des pas d’une famille errant dans les rues, pour seule bruit de course effrénée. Le silence pour tout rire. C’est finalement dans l’obscurité d’une nuit peinte de fantômes noirs et de mystères bleus marines, parsemée de lampions orangés, que Chihiro va se perdre.

Des bains éclairés d’une lumière jaune éblouissante constituent l’antichambre de couloirs plongés dans une pénombre traversés d’éclairs pourpre. La traversée d’un océan turquoise sous le ciel azuré mène à un train s’enfonçant dans les ténèbres mortuaires. Un univers à la beauté double qui traverse le film de part en part, et en imprègne la moindre scène. 

Cette univers s’anime sous nos yeux, prend soudain vie. Une population bariolée s’active dans la maison des bains d’une vieille sorcière à tête gigantesque, accueillant grenouilles parlantes,  tas de boues en mouvement, vieillards aux bras multiples, bébés géants, spectres sans visage, esprit des rivières et autres créatures qui oscillent en permanence entre inquiétantes et fascinantes. Le moindre personnage peut à tout moment passer d’ami à ennemi, ou bien l’inverse, sans crier garde, parce qu’excentricité n’exclut pas humanité. Le manichéisme n’a plus droit de citer dans parmi ces individus, pourtant dessinés de façon si simple. Si le for intérieur est d’une importance cruciale, les actes de chacun revêtent leur importance.

Au milieu de ce bestiaire improbable, Chihiro promène sa peine. A priori, sa quête est évidente, sauver ses parents, mais il paraît bien vain désormais de penser que l’histoire en reste à son niveau le plus élémentaire.

Chihiro n’entame pas un voyage. La supercherie du titre est dévoilée au grand jour, car ce qui s’annonce pour la petite fille, ce n’est ni plus ni moins qu’une odyssée. Un chemin parcouru d’un souffle, qui la verra grandir, et faire grandir les autres. Entrer dans l’âge adulte en gardant l’innocence de son enfance. Sans jamais oublier qui elle est.

Les rencontres seront nombreuses, les embûches seront légions. Il y aura des frayeurs, du découragement, des larmes. Mais aussi  du soulagement, des sourires, des rires. Dois-je me méfier d’autrui comme on me le conseille ? Aider l’autre au péril de mes objectifs ? Des questions qui se posent mais qu’elle ne se pose pas. Les difficultés n’épargnent personne, pourquoi devrait-elle le négliger avec de telles questions ? C’est là la beauté de l’innocence d’un enfant.

Au bout du chemin, il y a l’amour. Evidemment l’amour. Comment ça l’amour ? Jamais simple, il apparaît simplement. Sincère et désintéressé, pur, il justifie que Chihiro sacrifie tout pour lui, et permet d’avancer dans la lumière, même lorsque la nuit tombe. C’est là la puissance de l’amour adulte.

Ainsi, nous voici perdus corps et âme dans une histoire qui n’annonçait rien, et nous surprend à parler de tout. Et nous suivons avec passion la petite fille qui nous emmène à travers le film comme dans un rêve. Une odyssée est éternelle. Une partie de nous même en ressort à jamais changée. Et continue de flotter sur une vaste étendue bleue perdue entre ciel et mer.

 

 

Ma scène culte : Un voyage en train, qui commence par un moment d'attente sur un quai de gare entouré d'eau à perte de vue. Qui révèle les amitiés qui se créent. Qui se fait dans la pénombre au milieu d'âmes solitaires. Et qui pourtant rayonne pourtant de la lumière du cœur. Poétique de bout en bout...
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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 13:21

 

 

 

Synopsis :

Rencontrez Vincent Malloy, garçon bien élevé dont le rêve est d'être Vincent Price.

 

Mon avis :

Vincent est l'un des premiers court-métrage de Tim Burton, réalisé en hommage à Vincent Price, grand acteur, connu pour ses rôles dans des films d'horreur dans les année 50.

Dès le début, on reconnaît la patte du réalisateur : l'utilisation des marionnettes filmées en stop-motion, l'esthétique des personnages aux traits exagérés, on encore l'utilisation des ombres pour mieux faire surgir les créatures les plus étranges. Mais c'est surtout le thème qui est très burtonien, puisque le court traite d'un petit garçon qui peine à se retrouver dans la vie conventionnelle des enfants de son âge que sa mère espère le voir mener. Vincent préfère s'enfermer dans son imagination sombre et torturée plutôt qu'aller jouer dehors.

Ce qui frappe dans ce court-métrage, c'est cette poésie qui en émane. Une poésie noire et fascinante. La voix-off de Vincent Price qui narre les délires de Vincent y est pour beaucoup, tant sa diction parfaite mêlée à son timbre grave et profond sont envoûtants. Il fait ressortir, et même resplendir toute la beauté du texte de Tim Burton, qui y a injectée toutes sortes de visions terribles. La citation de "The raven" d'Edgar Alan Poe à la fin est tout simplement magnifique, et magnifiée par cette voix.

Cet envoûtement dans lequel plonge Vincent est également entretenu par sa musique. Le clavier qui accompagne les fantasmes de Vincent fait froid dans le dos, tandis que la flûte qui ouvre et conclut le court est d'une grande mélancolie.

C'est un court-métrage particulièrement noir et triste que nous livre Tim Burton. Sa poésie est loin de mettre à l'aise, mais réserve des trésors à côté desquels il serait fou de passer.

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 11:23

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-Wouahou...

- Je n'aurais pas dit mieux...

Synopsis :

Swann Valley est un trou paumé des États-Unis, qui comme beaucoup d'autres, a sa propre histoire. Une histoire faite de massacres et de beffroi qui ne donne pas l'heure. Le cadre parfait pour commencer un nouveau roman de sorcellerie. C'est ce que se dit Hall Baltimore, rendu là pour une séance de dédicace et qui se voit proposer par le shériff du coin d'écrire sur le meurtre d'une jeune fille qui vient d'être retrouvée, un pieu enfoncé dans le coeur. Mais attention à ne pas perdre de vue la frontière entre fantaisie et réalité...

 

Mon avis :

Avec Twixt, Francis Ford Coppola a réalisé un film fantastique. Et plus que cela... Il a aussi réalisé un drame à teneur autobiographique. Et plus que cela... Enfin, il a réalisé une réflexion sur la création artistique. Et plus que cela...

Twixt démarre simplement, modestement. La voix-off rauque et glauque à souhait de Tom Waits nous raconte les légendes qui entourent la ville de Swann Valley, tandis que la caméra s'attarde sur les rues désertes, un vieil hôtel abandonné, ou un groupe de jeunes gothiques solitaires. Classique. Trop classique ? 

Des meurtres étranges. Des forêts sombres. Des jeunes filles aux allures fantomatiques. Ambiance mystérieuse garantie. Facile. Trop facile ?

Et soudain on se réveille, en même temps que Hall, héros du film et massif Val Kilmer. Non Coppola n'a pas perdu la main, et non, il n'est pas parti en roue libre, grisé par son autonomie durement acquise. Depuis le début le sujet est maîtrisé, et ce que l'on prenait pour une mise en scène légère, voire simpliste n'était que poudre aux yeux. À partir de ce moment là, tout est clair : Twixt va osciller entre rêve et réalité pour mieux nous plonger dans son atmosphère fantastique.

Vous avez dit atmosphère ? Une attention d'orfèvre a été portée à l'esthétique du film afin de lui conférer une véritable ambiance, balançant au gré des évènements entre mystère et onirisme. Prenez ces scènes nocturnes, recouvertes d'un filtre bleuâtre, d'où éclatent seulement la lueur jaune d'une lanterne, la peau blanche d'une jeune fille, et les rouges, ces rouges toujours sanglants, qui parsèment les lieux, ici et là. Est-on vraiment réveillé ? Allez savoir. Le cinéaste n'a pas peur d'emprunter la structure décousue des rêves pour renforcer l'étrangeté de ces scènes. Impossible de se repérer dans l'espace. Clignez seulement des yeux, et vous avez l'impression que les personnages ont changé de place. Impossible de se repérer dans le temps également. Au centre de cette ville il y a un beffroi à 7 horloges qui donnent toutes une heure différente.

Vous avez dit fantastique ? Ce mot prend ici tout son sens : à aucun moment on ne sait dire si les évènements auxquels on assiste ont une réalité quelconque. Croit-on voire une jeune vampire, que l'on se rend compte qu'elle n'était qu'une apparition furtive au détour d'un songe. Pense-t-on dialoguer avec un esprit, que l'on se prend à se demander si quelqu'un truque le jeu. Et ces jeunes qui traînent au bord du lac, à réciter du Baudelaire en écoutant du métal : gothiques rebelles, ou vampires conformistes ?

Twixt, quintessence du gothique et de l'horrifique ? Coppola le refuse, veut emmener son film plus loin. Le genre qu'il a choisi est un écrin qui lui permet de développer des thèmes plus personnels et plus profonds. Magnifique, certes, mais écrin quand même. Son détachement vis-à-vis du fantastique transparaît à travers l'humour distillé tout le long du film.

Au centre de Twixt, il y a l'histoire d'un homme qui cherche à exorciser son passé. Un homme qui a perdu un enfant dans un accident tragique, et qui continue de se le reprocher. C'est homme, c'est le  héros, Hall. Mais c'est aussi le cinéaste. Quelqu'un qui passe derrière la caméra, pour mieux dévoiler le tourment qui le déchire de l'intérieur. Et de ce tourment naît un film, qui se vit comme une oeuvre d'art.

Comment l'œuvre d'un artiste fait-elle écho à son expérience personnelle ? Comment peut-il se servir de son vécu pour créer ? C'est la question qui surgit finalement, portée par le personnage d'Edgar Alan Poe, poète de la mort qui a également connu la perte d'un être cher. Il devient le compagnon des escapades nocturnes de Hall, son guide et son confident. Leur relation devient le moteur de la réflexion du cinéaste.

Twixt surprend, bouleverse et fait réfléchir. Twixt est certainement l'un des meilleurs films de 2012.

 

Ma scène culte :

Le dialogue entre Hall et Edgar Poe, dans lequel ce dernier explique le processus qui l'a amené à écrire son poème "The raven". La scène se passe dans un rêve, et se déroule comme dans un rêve. Quelques touches de rouge, la lueur de la lanterne. Les personnages qui changent de place sans que l'on s'en rende compte. Un régal.

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