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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 19:58
Dis Han, tu es sûr que c'est le moment de faire une Macarena au lieu de s'occuper de Rey ?

Dis Han, tu es sûr que c'est le moment de faire une Macarena au lieu de s'occuper de Rey ?

Synopsis :

La jeune Rey fait équipe avec Finn, un Storm Trooper déserteur pour aller remettre à la Résistance une carte indiquant où se trouve Luke Skywalker. Mais le terrible Premier Ordre et Kylo Ren comptent bien mettre la main sur le précieux indice...

Mon avis :

Il est évident que le phénomène Star Wars nous dépasse, et donc que toute tentative d'approche critique amateur est vouée à l'échec. Chacun de nous a un rapport différent à la franchise, et ce n'est pas la même chose de découvrir Star Wars au cinéma avec La Guerre des Étoiles en 1977, de le découvrir au cinéma avec La Menace Fantôme en 1999, ou encore de le découvrir en streaming sur son PC. Pour ma part, j'ai vu très tôt les cassettes de la trilogie originale, et mon premier Star Wars au cinéma était La Menace Fantôme, à l'âge de... 8 ans. Ce qui veut dire que j'ai pu un temps m'identifier à Jake Lloyd en Anakin gamin, que je considère que le plus grand des Jedis est Qui-Gon Jinn et non pas Obi-Wan, et que oui, Jar Jar Binks m'a fait rire...

Pour continuer dans cette logique de présentation du profil de fan que j'ai, le seul épisode que j'ai détesté à ce jour, et qu'aujourd'hui encore j'ai du mal à apprécier est L'Attaque des Clones. Trop mièvre. Enfant, mon épisode préféré était sans conteste Le Retour du Jedi, adolescent La Revanche des Siths. Je pense que ce dernier est encore à ce jour mon préféré, étant celui qui m'a le plus fait vibrer à sa découverte. Le frisson que j'ai pu ressentir face à cet Épisode III créé obligatoirement un lien particulier au film. Ceci dit, cela fait longtemps que je n'ai pas revu les films, mon classement changerait peut-être...

Pour conclure, je ne suis pas un fan hardcore abreuvé d'histoires additionnelles (pour moi les films se sont toujours suffi à eux même), je ne pourrais jamais être un fan old school (ce serait mentir sur mon rapport à Star Wars par pur snobisme), mais j'adore ces films qui sont constitutifs de ma cinéphilie. Ce court résumé de mon histoire personnelle avec Star Wars n'a pas vocation à défendre ma vision de la saga, plutôt à définir ce que celle-ci représentait pour moi avant d'aller voir cet Épisode VII.

Star Wars est une saga qui m'a accompagné de l'enfance à l'adolescence. Tous les épisodes ont compté pour moi, d'une manière ou d'une autre. Si je devais définir ce que représente Star Wars pour moi, je ne répondrai pas en termes de schéma narratif mais plutôt en invoquant la présence de figures archétypales. Si la saga évoque souvent parmi ses contempteurs une forme de condescendance, c'est par son illustration quasi à la lettre de la lutte du Bien contre le Mal. Si l'on est à la recherche d'histoires de dilemmes moraux, il est évident qu'il vaut mieux passer son chemin. La tentation du côté obscur est très schématique (peur -> colère -> côté obscur, agrémenté de la promesse du pouvoir), et chaque camps est très clairement défini, jusque dans la couleur de leurs armes (bleu lumineux, rouge sang, vert espoir, avec certes des variantes dans la prélogie, mais objectivement moins marquantes). 

En revanche, là où Star Wars fait mouche, c'est par la présence dans chaque camps de personnages références, les fameux archétypes. Dans le camp du Bien, ce personnage est généralement le sage, celui qui par sa maîtrise de la Force dégage une immense sérénité et une droiture à toute épreuve. Obi-Wan, Yoda, Qui-Gon Jinn sont autant de personnages qui montrent à quoi aspire toute personne qui s'engage dans le côté lumineux de la Force. En face d'eux, on trouve des personnages qui suintent la puissance brute, avec généralement un côté Rock'n'Roll dans le look. Évidemment Dath Vador, qui par sa seul présence dans l'Épisode IV a redéfini tout le devenir de la saga. Mais aussi, Darth Maul et son apparence punk de l'Enfer, ou encore dans une moindre mesure le compte Dooku qui bien que mal exploité bénéficie de l'aura de Christopher Lee. Au milieu de ces figures, il est assez facile de plonger dans cet univers, chacun trouvant son champion et désirant s'en rapprocher. Il est aussi facile de comprendre et de s'identifier aux parcours des personnages plus juvéniles tels Luke ou Anakin, qui oscillent entre les deux. L'affrontement de ces deux camps, amène dans les meilleurs épisodes à des séquences purement épiques !

Encore une fois, je ne livre pas ici une analyse de la saga, même personnelle, mais cherche à mettre en avant ce que j'ai toujours cherché et trouvé dans un Star Wars. Jusqu'à cet Épisode VII, qui sans tomber aussi bas que l'Épisode II, suscite son lot de déceptions. Car Star Wars VII ne suscite jamais la moindre excitation, ni pire encore, la moindre fascination. Et cette déception se manifeste chez moi par cette absence de figures archétypales fortes. Dans les deux camps !

Dans le camps du Bien, la grande erreur à mon sens est d'avoir remplacé les grands maîtres Jedis que sont Qui-Gon Jinn et Obi-Wan, chargés de guider les jeunes padawans dans leurs parcours héroïque, par... Han Solo ! Eh oui, Luke Skywalker jouera peut-être ce rôle dans les épisodes à venir, mais pour le grand retour de Star Wars sur les écrans il est réduit à un simple MacGuffin. Je n'ai rien contre Han Solo bien au contraire, mais il ne maîtrise pas la Force, ne sait pas ce qu'elle est, et donc ne peut rien en dire d'autre que "Ça existe". Il est donc incapable de former la jeune Rey qui est le nouveau personnage du film sensible à la Force. Celle-ci en est réduite à utiliser des facilités de scénario pour se former plus vite que Néo n'apprend le Ju-Jitsu dans Matrix...

Mais admettons cette tentative de renouvellement, et passons même sur les incohérences mentionnées. Ce que le film promet, c'est que Han Solo doit devenir un père de substitution pour Rey, ce qui est clairement indiqué par leur affinité au pilotage du Faucon Millenium. Or à aucun moment Solo n'assume ce rôle ! On ne le voit jamais discuter avec Rey, ni même prendre le temps de s'intéresser à elle ! Il semble plus obsédé par ses punchlines et autres blagues à deux balles sur la coupe de cheveux de Leia (que j'apprécie, ne nous y méprenons pas) que par sa potentielle fille spirituelle (et sur ce point, la fin du film ne nous trompe pas). On le voit donc, Han Solo échoue à assumer le rôle de figure archétypale du Bien, la faute à un scénario qui privilégie les rebondissements au développement du thème de la quête de soi des jeunes personnages sous la tutelle d'un maître ou d'un père spirituel.

Continuons par une courte parenthèse sur Rey, personnage très intéressant, bien interprété, et au look plutôt cool ! Elle est symptomatique d'un autre défaut du film, à savoir son écriture télévisuelle. Une série se déroule sur un temps long de plusieurs semaines, et permet donc de dévoiler le passé d'un personnage au fur et à mesure des épisodes. Un flash back mystérieux dans le premier épisode de la saison trouve son explication dans l'épisode 5, etc.. Rey est traitée exactement de cette façon : elle n'a aucun background, tout juste sait-on qu'elle attend que quelqu'un (qui ?) vienne la chercher sur sa planète, et la seule mention faite à son passé est un flashback indigent, qui semble vouloir nous intriguer jusqu'au prochain épisode. Le problème, c'est que le prochain épisode ne sort pas la semaine prochaine, mais dans un an et demi ! Ce qui fait que dans l'espoir affiché de maintenir le mystère autour de Rey, le scénario lui confère sans le vouloir une personnalité assez creuse... Espérons que l'Épisode VIII saura lui donner l'importance qu'elle mérite !

Cependant, le camps du Mal ne s'en sort guère mieux. Passons sur Snoke, successeur de l'Empereur qui semble lorgner sur le Thanos des Avengers en termes de présentation. Passons également sur le commandant blond qui dirige la nouvelle étoile de la mort, et qui est pratiquement plus caricatural que le Hitler d'Inglorious Basterds (le second degré en moins). Évidemment la nouvelle figure du Mal qu'on nous promet est Kylo Ren ! Et au début du film on y croit ! Froid, impitoyable, il arrête un tir de blaster par la Force et n'hésite pas à massacrer tout un village d'innocents. Quant à son costume, je le trouve très réussi, imposant une figure monacale sombre. J'avais des réserves au sujet de son sabre à poignée cruciforme, comme s'il était tiré des cahiers d'un fanboy de 12 ans, mais dans la logique d'un personnage qui serait tel un templier du Mal, un croisé du côté obscur de la Force, je l'approuve totalement ! 

Et puis patatra ! Le masque tombe dans les deux sens du terme. Ou du moins, c'est ce que le film cherche à nous faire croire. Lorsque Kylo révèle son visage, il comdamne par là toute terreur que son apparence pouvait susciter. L'idée du film est alors de nous dire que sous son apparence sombre, se cache un pauvre adolescent qui n'a pas réussi à tuer le père. Et voilà notre grande figure du Mal réduit à pleurnicher sur son sort, et à se faire prendre une raclée par une Jedi auto-formée (ce que je peux accepter) et par un ex-Storm Trooper qui clame haut et fort ne maîtriser que son blaster (chute de crédibilité). Et là pour le coup je m'inquiète pour la suite, car contrairement au camp du Bien qui finit par retrouver Luke Skywalker à la fin, le camps du Mal en est réduit à Kylo Ren, car on voit mal Snoke sortir de son rôle d'Empereur. Sera-t-on réduit à ne craindre que ce pauvre adolescent mal dégrossi dans l'Épisode VIII ?

Comme nous l'avons fait pour Han Solo, admettons que le successeur de Darth Vador soit en fait un jeune homme faible. Le film cherche à nous faire croire que sous ses allures terrifiantes, Kylo Ren cherche à cacher ses propres peurs, notamment celle de ne pas être à la hauteur de Darth Vador. Aveu d'impuissance méta des scénaristes que je trouve pour ma part inintéressant voire faible dans un film de l'envergure de Star Wars. Néanmoins admettons. Le gros souci c'est que ce n'est jamais amené. On passe d'un coup du méchant surpuissant au fragile adolescent. Et quand ce fragile adolescent apparaît, il ne retrouve jamais plus la puissance du méchant : il se fait battre par tout le monde, de Rey à Chewbacca ! 

Malheureusement en plus de décevoir mes attentes de gamin qui a grandi avec Luke, Leia, Obi-Wan et Anakin, le film me déçoit en tant que spectateur de l'autoproclamé plus grand film de l'année. Aucun souffle épique, aucune envolée lyrique et aucune inventivité.

Voilà pourquoi ce Star Wars me déçoit. Après, il reste la mise en scène impeccable de J.J. Abrams (malheureusement plombée par ce qu'elle a à raconter), des acteurs plus que convaincants (plombés par des personnages mal écrits), et des scènes d'action impressionantes (plombées par leur manque de souffle). Néanmoins, ce n'est que l'avis de quelqu'un qui a découvert Star Wars en cassette, et a vu son premier épisode au cinéma à 8 ans en 1999. J'espère sincèrement que les gamins qui découvriront Star Wars cette année avec Le réveil de la Force s'approprieront à leur manière cette saga intemporelle, et reviendront dans 15 ans nous expliquer pourquoi l'épisode X les aura déçus !

Ma scène culte :

Plus qu'une scène, c'est en fait une courte séquence qui voit Rey prendre son déjeuner adossée à une épave de X-Wings. Elle met alors un vieux casque de rebelle comme une enfant en train de jouer. J.J. Abrams nous offre alors un plan large qui montre au loin un vaisseau décoller vers l'espace. Tout y est : le retour à l'enfance, l'appel au voyage et au rêve... J'ai vraiment cru à ce moment que le film partait sur de bons rails. Dommage qu'il ait choisi une autre direction...

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