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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 22:25
Leonardo DiCaprio et Ellen Page. Warner Bros. France
-Tu vois chérie, il y a deux sortes de personnes, ceux qui rêvent qu'ils ont un gros fusil sniper...
-Et ceux qui rêvent qu'ils creusent?
-Euh, non j'allais dire ceux qui pensent avoir trouvé le fin mot de l'histoire d'Inception. Mais la tienne est pas mal non plus.

Synopsis:
Dominic Cobb est un spécialiste dans un domaine particulier: à l'aide de son équipe, il pénètre les rêves pour en extraire des informations sur le rêveur. Cependant, c'est une  toute autre proposition qui lui est faite: entrer dans les rêves de l'héritier d'une puissante multinationale pour y implanter une idée, ce qui est autrement plus dangereux.

Mon avis:
On s'endort, on se réveille, et entre deux, que s'est-il passé? Un rêve. Peut-être même plusieurs. Aucun souvenir précis cependant, juste des bribes, des fragments qui ressurgissent par moment à la surface de notre esprit. Pourtant, quelques instants auparavant, tout cela semblait si réel... Si réel qu'on ne s'est même pas rendu compte que l'on pouvait saisir l'opportunité d'y réaliser ce que l'on voulait, pour s'évader et vivre plus fort, plus librement. Ce n'est d'ailleurs pas cet aspect là du rêve qui est abordée dans Inception, les douces ballades oniriques étant plus l'apanage d'un Michel Gondry que d'un Christopher Nolan.

Ce qui s'est passé, c'est que des éléments de notre vie nous sont apparus, sous un autre jour. Tout semble confus à la lumière du jour, mais dans la nuit du sommeil, tout était parfaitement clair. Les personnes qui nous ont marquées dans la journée, dans la vie, on pris part à un théâtre dont notre subconscient s'est fait metteur en scène. Le rêve comme expression de nos désirs cachés, de nos espoirs perdus, de nos aspirations irrationnelles... C'est de ce côté là qu'il faut suivre Christopher Nolan pour tenter de pénétrer Inception.

Dans un rêve, la personne peut cacher ses secrets les plus mystérieux, parfois ignorés d'elle même. Les coffre-forts psychique, voilà ce que Cobb et son équipe cherchent à forcer. Coffre-forts métaphorique certes, mais qui revêtent l'allure de véritable coffres blindés. Parce que dans Inception, le décor d'un rêve n'est jamais onirique, mais réaliste, et même confondant de réalisme... Après tout, le rêveur croit toujours dur comme fer aux mondes qu'il explore à travers son esprit, quand bien même ils n'existeraient pas. Et le plus grand rêveur du film n'est-il pas tout simplement le spectateur, qui plus de deux heures durant, parcourt l'univers d'un réalisateur d'exception pour mieux se l'approprier par la suite, et finalement, y verser ses propres secrets?

Les secrets d'ailleurs sont le socle d'un subconscient qui nous échappe toujours. Inception regorge de secrets, de mystères. Un scénario complexe, aux multiples méandres, des personnages qui trompent les autres, se mentent à eux même, pour un dédale d'interprétation. A priori, l'histoire semble simple, le héros part du point A, affronte les dangers, et arrive au point B, avec éventuellement, une récompense à la fin. Première interprétation qui semble s'imposer à la première vision. Comme au réveil, on sort du film en en ayant compris la forme, l'ensemble de l'histoire. Un rêve aussi s'impose de la même même manière, simplement, lorsqu'on tente de s'en rappeler une première fois. Pourtant, c'est en tentant d'en révéler les secrets que sa richesse s'impose à nous. Soudain, une réplique nous revient, et elle sonne bizarrement. Les regards n'ont plus la même signification. Le héros n'est peut-être plus celui qu'on pense. Qui tire les ficelles, qui est le vrai maître du jeu? Le doute s'installe dans l'esprit du spectateur, comme il s'installe dans l'esprit de Mal, le personnage interprété par Marion Cotillard, et finalement surgit la question fatale: qui subit l'inception? Sans aucun doute le spectateur, en qui l'idée s'est doucement implanté que le film l'a surement mené en bateau, ou en avion, ou sur un nuage lointain, dans un pays où l'onirisme ne jaillit pas du décor, mais bel et bien de l'esprit.

C'est ainsi que le temps et l'espace s'étirent, et perdent toute signification avec Inception. Voyager sur plusieurs niveaux de rêves permet de renouveler le plaisir à chaque instant, d'éviter à l'ennui de s'installer. Ce serait tellement horrible s'ennuyer pendant un  rêve... Pas à la manière d'un cauchemar, d'autant, que le film lorgne parfois vers ce registre, notamment lors de certaines scènes dans le subconscient torturé de Cobb. Mais plutôt à la manière d'un long désespoir...

Le temps passe à la fois vite, et lentement, distorsion ultime de la réalité. Christopher Nolan utilise l'écoulement du temps dans les rêves de manière subtile pour faire monter le suspense. Au bout du compte, la durée du film elle même semble s'affranchir des lois de la physique, et ce sont 2h30 qu'on ne voit pas filer, prolongement logique de la comparaison entre le film et l'univers des rêves.

A la manière des rêves les plus forts, le film laisse derrière lui ce sentiment étrange, où se mêlent fascination, crainte, joie, tristesse, et une pointe de nostalgie. Un rêve dans lequel je n'hésiterai pas à me replonger.

Ma scène culte:
La séquence se déroulant dans le deuxième niveau de rêve de Fisher, dans laquelle Cobb tente le coup de Mr. Charles dans un suspense intense, dans laquelle on peut voir  un combat en apesanteur crédible à en être dérangeant, dans laquelle viennent nous hanter le spectre des enfants de Cobb... Magnifique.


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