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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 11:23

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-Wouahou...

- Je n'aurais pas dit mieux...

Synopsis :

Swann Valley est un trou paumé des États-Unis, qui comme beaucoup d'autres, a sa propre histoire. Une histoire faite de massacres et de beffroi qui ne donne pas l'heure. Le cadre parfait pour commencer un nouveau roman de sorcellerie. C'est ce que se dit Hall Baltimore, rendu là pour une séance de dédicace et qui se voit proposer par le shériff du coin d'écrire sur le meurtre d'une jeune fille qui vient d'être retrouvée, un pieu enfoncé dans le coeur. Mais attention à ne pas perdre de vue la frontière entre fantaisie et réalité...

 

Mon avis :

Avec Twixt, Francis Ford Coppola a réalisé un film fantastique. Et plus que cela... Il a aussi réalisé un drame à teneur autobiographique. Et plus que cela... Enfin, il a réalisé une réflexion sur la création artistique. Et plus que cela...

Twixt démarre simplement, modestement. La voix-off rauque et glauque à souhait de Tom Waits nous raconte les légendes qui entourent la ville de Swann Valley, tandis que la caméra s'attarde sur les rues désertes, un vieil hôtel abandonné, ou un groupe de jeunes gothiques solitaires. Classique. Trop classique ? 

Des meurtres étranges. Des forêts sombres. Des jeunes filles aux allures fantomatiques. Ambiance mystérieuse garantie. Facile. Trop facile ?

Et soudain on se réveille, en même temps que Hall, héros du film et massif Val Kilmer. Non Coppola n'a pas perdu la main, et non, il n'est pas parti en roue libre, grisé par son autonomie durement acquise. Depuis le début le sujet est maîtrisé, et ce que l'on prenait pour une mise en scène légère, voire simpliste n'était que poudre aux yeux. À partir de ce moment là, tout est clair : Twixt va osciller entre rêve et réalité pour mieux nous plonger dans son atmosphère fantastique.

Vous avez dit atmosphère ? Une attention d'orfèvre a été portée à l'esthétique du film afin de lui conférer une véritable ambiance, balançant au gré des évènements entre mystère et onirisme. Prenez ces scènes nocturnes, recouvertes d'un filtre bleuâtre, d'où éclatent seulement la lueur jaune d'une lanterne, la peau blanche d'une jeune fille, et les rouges, ces rouges toujours sanglants, qui parsèment les lieux, ici et là. Est-on vraiment réveillé ? Allez savoir. Le cinéaste n'a pas peur d'emprunter la structure décousue des rêves pour renforcer l'étrangeté de ces scènes. Impossible de se repérer dans l'espace. Clignez seulement des yeux, et vous avez l'impression que les personnages ont changé de place. Impossible de se repérer dans le temps également. Au centre de cette ville il y a un beffroi à 7 horloges qui donnent toutes une heure différente.

Vous avez dit fantastique ? Ce mot prend ici tout son sens : à aucun moment on ne sait dire si les évènements auxquels on assiste ont une réalité quelconque. Croit-on voire une jeune vampire, que l'on se rend compte qu'elle n'était qu'une apparition furtive au détour d'un songe. Pense-t-on dialoguer avec un esprit, que l'on se prend à se demander si quelqu'un truque le jeu. Et ces jeunes qui traînent au bord du lac, à réciter du Baudelaire en écoutant du métal : gothiques rebelles, ou vampires conformistes ?

Twixt, quintessence du gothique et de l'horrifique ? Coppola le refuse, veut emmener son film plus loin. Le genre qu'il a choisi est un écrin qui lui permet de développer des thèmes plus personnels et plus profonds. Magnifique, certes, mais écrin quand même. Son détachement vis-à-vis du fantastique transparaît à travers l'humour distillé tout le long du film.

Au centre de Twixt, il y a l'histoire d'un homme qui cherche à exorciser son passé. Un homme qui a perdu un enfant dans un accident tragique, et qui continue de se le reprocher. C'est homme, c'est le  héros, Hall. Mais c'est aussi le cinéaste. Quelqu'un qui passe derrière la caméra, pour mieux dévoiler le tourment qui le déchire de l'intérieur. Et de ce tourment naît un film, qui se vit comme une oeuvre d'art.

Comment l'œuvre d'un artiste fait-elle écho à son expérience personnelle ? Comment peut-il se servir de son vécu pour créer ? C'est la question qui surgit finalement, portée par le personnage d'Edgar Alan Poe, poète de la mort qui a également connu la perte d'un être cher. Il devient le compagnon des escapades nocturnes de Hall, son guide et son confident. Leur relation devient le moteur de la réflexion du cinéaste.

Twixt surprend, bouleverse et fait réfléchir. Twixt est certainement l'un des meilleurs films de 2012.

 

Ma scène culte :

Le dialogue entre Hall et Edgar Poe, dans lequel ce dernier explique le processus qui l'a amené à écrire son poème "The raven". La scène se passe dans un rêve, et se déroule comme dans un rêve. Quelques touches de rouge, la lueur de la lanterne. Les personnages qui changent de place sans que l'on s'en rende compte. Un régal.

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commentaires

Ionne 08/06/2012 12:00

Vivement que ce film sorte à 10 euros à la FNAC ! Et je regrette infiniment de ne pas avoir pu le voir au ciné !

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