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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 19:01

 

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Allez, on s'installe, la remise des prix va commencer. Non Eddie Murphy tu n'es nommé dans aucune catégorie cette année... C'est ça tire toi.

 

2011 touche à sa fin, et ce n'est pas peu dire que cette année fut riche en matière de Cinéma! Quelle meilleure année pour faire mon premier classement depuis la création de ce blog.

 

En soi, trouver 10 films qui se détachent clairement du lot n'a pas été trop difficile. En revanche, pour ce qui est de les ranger dans le bon ordre, ça a été une autre paire de manche. Si ça se trouve, la semaine prochaine j'aurais envie de changer cet ordre... Tant pis. En gros il faut considérer le classement en deux parties : les 5 premiers ont la palme d'or et les 5 autres ont le grand prix du jury. Mais qui connaît la différence entre ces deux prix?

 

Comment ça on s'en fout? Bon d'accord, c'est parti!

 

Les champions!

 

10

Sucker Punch

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J'aime beaucoup le cinéma de Zach Snyder, et Sucker Punch ne m'a pas déçu. Certes, le côté geek peut effrayer, mais si on accepte de se laisser porter, on découvre une histoire onirique, sublimée par des images parfaites! Et les actrices sont magnifiques, dans tous les sens du terme!

 

9

X-men : First Class

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Il fallait bien un film de super-héros dans ce classement. Et si cette année il n'y a pas eu de Dark Knight (l'année prochaine?), il y en aura tout de même eu un pour se détacher du lot. Porté par deux acteurs en pleine possession de leurs capacités, le film revisite avec classe et humour le mythe des X-men, dans une atmosphère 60's délicieuse. Le meilleur film de la saga, et de loin.

 

8

True Grit

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Les frères Coen frappent encore. Et en profitent pour dépoussiérer le western. Alliant la beauté formelle de No Country for Old Men (le fond en moins toutefois), à l'humour d'un Burn After Reading, True Grit fait mouche. Ajoutez un Jeff Bridges hors norme et une révélation en la jeune personne de Hailee Steinfeld, et tout est là pour votre bonheur!

 

7

Polisse

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Polisse réussit l'exploit de parler du sujet le plus horrible qui soit en sachant prendre la distance nécessaire. Maiwenn a trouvé le ton juste. Entre les accusations graves, les affaires chocantes, et les crises des policiers, elle a su inclure des fous rires salvateurs, des bouffées de bonheur qui soulagent. Avec une constante: les enfants, tous excellants, et touchants.

 

6

Fighter

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Les films de boxe sont bien souvent les meilleurs films de sport qui se font. Tout simplement parce que ce sont les seuls à oser sortir du ring pour parler du monde. Fighter le démontre à nouveau, avec cette histoire entre deux frères qui s'aiment sans savoir comment le montrer. La misère et la drogue sont évoqués avec beaucoup de justesse. Et Christian Bale n'a pas volé son Oscar! Un grand film.

 

5

Le discours d'un roi

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Oscar du meilleur film, Le discours d'un roi est un film classique dans sa forme, ce que beaucoup de critiques lui ont reproché. Mais c'est justement ce qui fait la force de ce film qui réussit à transcender son classicisme pour devenir universel. L'émotion surgit simplement, mais avec une telle force qu'elle nous emporte. Alors si je suis d'accord pour dire que Tom Hopper ne méritait pas l'oscar du meilleur réalisateur face à David Fincher, le film lui est à la hauteur de son prix.

 

4

The Artist

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Que n'a-t-on pas dit sur le miracle The Artist. Et que ne dira-t-on pas dans les années à venir! A l'heure des effets spéciaux réalistes et de la 3D, ce saut dans le temps rappelle que le cinema, c'est avant tout une affaire d'émotion. Le film dépasse son simple statut d'hommage, pour nous raconter une grande histoire d'amour émouvante et touchante. Le noir et blanc nous va si bien!

 

3

Shame

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Shame s'est hissé petit à petit sur ce podium. Sorti de la salle, bouleversé par la dernière partie du film, j'étais loin de me douter qu'il continuerait de me hanter de la sorte. A la fois cru et subtile, Shame est choquant et touchant à la fois. La relation entre les personnages interprétés par les sublimes Fassbender et Mulligan fait partie des plus belles jamais décrites au cinéma. LE film de la fin d'année.

 

2

Black Swan

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Un film cathartique comme on en voit rarement au cinéma! L'aspect fantastique totalement assumé du film lui permet de nous immerger au plus profond de la folie de son héroïne, interprétée par une Natalie Portman fiévreuse, impliquée corps et âme dans le personnage. La violence du film, sa noirceur, la sexualité qui en émane sont autant d'éléments qui rendent sa beauté éclatante!

 

1

Drive

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J'avoue que j'ai un peu menti au début de cet article. Il y a bien un film dont je connais clairement la position dans ce classement. Aucun film ne m'a transporté comme Drive cette année. La violence et l'amour n'ont jamais été mêlés de façon aussi admirable au cinéma. Pour vous en convaincre, il suffit de revoir la scène de l'ascenseur, monument de mise en scène. Film à la beauté irréelle et qui prend aux tripes, Drive est appelé à rester dans l'histoire du 7ème art!

 

Bon, je sais qu'un classement est par essence incomplet, il n'y a qu'à voir les minuscules critiques que j'ai pu faire pour chacun. A ce sujet, j'espère pouvoir un jour chroniquer chacun de ces films, car je me rends compte que je ne l'ai fait que pour Drive et Sucker Punch!

Plus sérieusement, il y a des films que je n'ai pas vus, notamment le phénomène Intouchables, mais là je pense que ça ne sera pas trop dur de se rattrapper, vu qu'il est parti pour rester un moment en salle. Mon plus grand regret est surtout d'avoir manqué La guerre est déclarée, mais j'ai cru voir qu'il allait ressortir en salle bientôt, alors...

 

Mais une année digne de ce nom comporte bien quelques ratés. Petite liste.

 

Les déceptions

Source Code

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J'attendais beaucoup plus de ce film qu'une banale course contre la montre. On ne ressent à aucun moment l'importance des enjeux pour le héros, et l'idée du retour dans le temps est tellement sous-exploitée qu'on se demande si elle avait un réel intérêt. Un film à voir le dimanche soir sur TF1.

 

The tree of life

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Ambitieux, Tree of life l'est assurément. Réussi, beaucoup moins. Et cela ne vient pas de son discours mystique sur la création du monde. Cette aspect du film nous vaut au contraire ces plus beaux instants. Non, ce qui est raté à mon sens, c'est malheureusement la partie la plus importante, celle qui traite de la relation entre Brad Pitt et ses fils. Franchement, les scènes s'enchaînent sans logique, ce qui fait que l'on n'est à aucun moment impliqué, et qu'on ne s'attache jamais aux personnages. Ainsi, on passe d'un coup du Papa tyran, au Papa qui veut se faire aimer, en passant par le Papa qui se fait crier dessus. On va me dire que c'est pour montrer l'ambivalence de sa relation avec ses enfants. Sur le papier je suis d'accord. A l'écran ça ne passe pas. Dans le genre relation père-fils ambivalente, mieux vaut revoir There will be blood.

 

Mais ce ne sont là que des déceptions, je comprends que certains aient adoré, et je vois bien que ces films ont des qualités (surtout Tree of life). Le vrai nanar vient maintenant!

 

Le nanar de l'année

Priest

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Je vous rassure, je ne l'ai pas vu au cinéma (payer le supplément 3D pour ça, et puis quoi encore!). Un pur nanar comme on les aime, avec personnages inconsistants, dialogues débiles, histoire qui tient sur un demi timbre poste. Je crois qu'on tient là la comédie de l'année!

 

Et voilà pour l'année 2011! Bonnes fêtes à tous, et à l'année prochaine!

 

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 13:20

 

Bienvenue sur mon blog, consacré au cinéma.

Je fais vite et simple: ici vous trouverez des articles sur des films que j'ai vu et que j'ai plus ou moins apprécié.

Le système de notation pourra sembler étrange par moment: comment mettre trois étoiles à Fast 5, et la même note à Rain Man, par exemple? Je sais bien que l'un des deux va rester dans l'Histoire du cinéma, tandis que l'autre finira sûrement dans l'oubli, mais je juge par rapport au plaisir éprouvé en voyant le film, et aussi en fonction du genre cinématographique considéré. Sur ce point, il est clair que je ne peux noter de la même façon un film d'action et un drame familial!

N'hésitez pas à me donner vos avis sur ces films, à travers vos commentaires. Comme on dit "plus on est de fous (de cinéma), plus on rit".

Bonne lecture et surtout bons films.

Image tirée de toiletzone: www.toiletzone.net



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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 21:08

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-Je me demande si j'ai bien fait d'accepter ce boulot finalement...

 

Synopsis:

Le cardinal Melville vient d'être désigné pape, au terme d'une longue période d'indécision. Cependant, au moment de se présenter à la foule, il panique, et refuse d'accepter la charge qui lui est confiée. Commence pour lui une réflexion personnelle où les craintes ne vont pas tarder à faire revenir à la surface d'anciens rêves, jamais accomplis.

Mon avis:

Je n'attendais pas particulièrement cet Habemus papam, n'étant pas un expert en Nanni Morretti. D'ailleurs, disons le franchement, c'est le premier film du réalisateur italien que je découvre. De ce fait, j'avais peu de chance d'être déçu comme ont pu l'être de nombreux critiques au dernier festival de Cannes. Je préfère le dire tout de suite, il va m'être impossible de faire cette critique sans dévoiler le dénouement (sera pape ou sera pas ?), tant la fin du film joue sur mon avis. Maintenant que vous êtes prévenus, je vous laisse me suivre (ou pas) à l'intérieur du Vatican selon Moretti.

La première surprise, qui n'en était pas vraiment une pour moi, étant donné le nombre d'articles que j'avais pu lire au sujet de ce film, est que l'on est loin du portrait au vitriol des institutions chrétiennes auquel on pouvait s'attendre. Ici les cardinaux sont présentés comme des êtres touchants, un peu déconnectés de la réalité. Tous portent quelque chose d'enfantin en eux, comme le révèlent les scènes de nuit au sein de la basilique saint Pierre: jeux de cartes, danses improvisées, petites disputes et grand cœur. Ils sont surtout déboussolés sans leur guide spirituel, et l'attendent à la manière de ces enfant qui cherchent leurs parents du regard dès qu'ils se retrouvent isolés. Chaque fois qu'ils croient apercevoir leur pape dans ses appartements, ils sont dans un état fébrile, heureux: Moretti les filme en train d'appeler leurs camarades et de faire des petits coucous à leur éminence.

Si on les voit de cette manière, c'est parce qu'on adopte le point de vue du psychologue, dépêché sur place en urgence pour tenter d'aider le nouveau pape. Le personnage du psychologue constitue la deuxième surprise du film, ni bonne, ni mauvaise mais vraie surprise cette fois. Si comme moi avant de voir le film, vous vous attendez à des face à face d'anthologie entre le spirituel et le rationnel, oubliez les tout de suite. Il y a bien un parallèle entre un passage de la bible et la dépression, mais mis à part cela, on se demande bien pourquoi avoir fait venir un psychologue pour constituer le point de vue externe. A mon avis, Moretti cherche à montrer à travers ce personnage cynique, que le but est le même pour tous, papes comme psys: trouver sa place, et de ce fait, être un peu rassuré. On pense notamment à la façon dont il prend à cœur l'organisation du match de volley (qui donne lieu à de très belles scènes). Et c'est parce qu'il ne se sent pas à sa place dans le rôle du pape, que le cardinal Melville se lance dans sa quête intime.

Les questionnements intérieurs du pape constituent la troisième surprise du film. En effet, le cardinal Melville finit par s'échapper du Vatican, et entamme alors un périple dans les rues de Rome, d'une grande beauté. Tant dans la forme que dans le fond. Dans la forme, à travers le jeu d'acteur riche en émotion contenue de Michel Piccoli, qui prouve une fois de plus l'immensité de son talent. On s'attache immédiatement à ce personnage perdu, et qui se cherche, malgré son grand âge. Cette escapade dans la ville donne lieu à des scènes très subtiles, comme celle qui le voit préparer un discours pour expliquer son attitude à ses fidèles, alors qu'il est assis, seul, dans un métro. Dans le fond, parce que la question qui surgit est la suivante: et si à 80 ans on se rendait compte que l'on était passé à côté de sa vie? Car cet homme rêvait d'être acteur, et non cardinal. Faire rêver un poignée de spectateurs, et non guider un milliard de croyants. L'idée est belle, de rappeler qu'un homme d'Eglise même pape, reste un homme, avec ses propres désillusions. Le film m'a d'ailleurs rappelé Le discours d'un roi qui évoque un peu le même sujet.

Puis vint la fin... Les 5 dernières minutes voient Melville ramené de force au Vatican, être préparé pour se présenter à la foule des fidèles, faire un discours dans lequel il explique aux chrétiens du monde entier qu'il n'est pas fait pour être guide, refuser la charge qui lui est confiée. Désespoir des cardinals, fondu au noir et générique de fin. Bon, d'abord sur la question de savoir si Nanni Moretti a bien fait de choisir une fin religieusement incorrecte, je ne suis pas gêné outre mesure. Certes dans mon interprétation du film, le périple de Melville aurait dû être une sorte d'adieu final à ses rêves de jeunesse, qui se serait conclu par sa consécration en tant que pape (fin amère qui aurait largement collé à l'ambiance du film). Mais je comprends le choix de Moretti. Ce que je ne comprends pas c'est la façon de le filmer. En effet, on a le sentiment que cette fin est tellement expédiée, que le film aurait finalement pu être fini en 15 minutes au lieu des 1h45 qu'il dure. Aucune forme de bilan de son expérience dans les rues de Rome, de ses rencontres, de ses envies. Il se contente de nous dire qu'il n'est pas fait pour être guide. D'accord, il a bien appris ça de son escapade, mais finalement, nous autres spectateurs le soupçonnions depuis le début... Pourquoi ne pas avoir profiter de la fin pour nous offrir le face à face tant espéré entre le pape et le psy? Ce dernier se retrouve d'ailleurs bien inutile à ce moment. Ce finale laisse les intentions du réalisateur un peu floues. Enfin, dernier point qui me fâche, le désespoir des cardinaux, pris au dépourvu par le discours du pape, est filmé avec une telle emphase (les visages dans les mains, ralentis, musique ô combien dramatique...) que la scène sonne faux par rapport à la subtilité du film.

Que retenir finalement? Que sur 1h45 de film, on a 1h40 de grand Cinéma. Que les 5 dernières minutes gâchent le plaisir, et empêchent au film d'entrer dans la compétition pour le titre de meilleur film de l'année (je parle de mon classement personnel, et je sais, c'est dur, mais je suis très sensible à la fin des films). Que j'ai une grande envie de découvrir l'oeuvre de Nanni Moretti!

Ma scène culte:

Au moment du premier vote pour élire le pape, la camera s'attarde sur plusieurs cardinaux. On peut alors entendre leurs pensées, et on découvre alors qu'aucun d'entre eux ne veut devenir pape, terrorisé par la charge. A un moment donné, toutes les pensées commencent à se faire entendre en même temps, laissant place à un vacarme de "s'il vous plaît, pas moi". La scène illustre le caractère enfantin des cardinaux qui semblent perdus face à l'inconnu.

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 13:15

 

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-C'est sûr, c'est plus simple de viser quand on n'a pas de bandeau de pirate!

 

Synopsis:

Au début des années 90, L.A. est sous tension extrême: le verdict du procès des quatre flics qui ont aggressé l'afro-américaoin Rodney King va bientôt être rendu. Au même moment, Eldon Perry, flic pourri, mène l'enquête sur un braquage à mains armés dans une épicerie, qui s'est terminé par plusieurs meurtres. Il est secondé par le jeune Bobby Keough, qu'il veut former à ses méthodes. Tous deux vont découvrir à quel point la police de L.A. est corrompue jusqu'à la moelle...

Mon avis:

Les thrillers de James Ellroy ont toujours quelque chose de sale, de poisseux. On y trouve la lie de l'humanité, des êtres sans illusions, broyés par le destin. Dark Blue ne déroge pas à la règle, nous offrant un personnage des plus torturés en la personne d'Eldon Perry.

C'est bien ce dernier qui est au centre du film. On le découvre roublard et arrogant dans les premières scènes. Sans pitié, il n'hésite pas à tuer les suspects qui se trouvent sur la route, si ça peut expédier l'affaire, ou prouver qu'il est un homme, un vrai. De toutes façons, ils le méritent bien: qui dans les bas-fonds de L.A. peut se targuer d'être un honnête homme?

Ne vous fiez d'ailleurs pas aux apparences, car cette dernière phrase est une réalité dans le film. Ainsi, deux gars s'offusquant du fait que la justice ne soit pas rendue envers Rodney King, se retrouvent la scène d'après à tuer avec un tel naturel les clients d'une épicerie, que l'on est d'abord surpris de voir la première balle sortir. De même, un émmigré chinois, qui déplore la mort de sa femme, déplore en fait la perte de plusieurs centaines de milliers de dollars issues de son business de proxénétisme.

Pour en revenir à Eldon Perry, il cache au fond de lui de profondes failles. Sa façon d'être, il ne l'a pas choisie, on la lui a imposée. Et au fil des années, il a préféré se voiler la face, continuant de vénérer des veaux d'or, qu'il imagine honnêtes, comme son chef, interprété par un Brendan Gleeson d'une froideur effrayante, qui cache sa cruauté sous un air jovial. Même lorsque la vérité lui explose  à la figure, il lui tourne le dos, choisissant la seule issue qu'il connaisse: la violence et la corruption de ses idéaux. Il n'y a pas vraiment d'issue, Eldon Perry s'est finalement exclu de l'humanité. Il s'en rendra compte trop tard, comme en atteste une de ses dernières répliques, dans laquelle il demande à être envoyé dans une prison pas trop violente. Désespoir...

Il fallait un acteur de grand talent pour interpréter les multiples facettes de ce personnage. Kurt Russel s'est avéré être un choix de maître. Quelle intensité dans le jeu! Son regard surtout, est tellement expressif. Tour à tour arrogant et soucieux, triste et hilare, il pioche dans une vaste palette d'émotions. Il faut le voir exprimer la désillusion qui domine peu à peu son personnage.

Le film entier est traversé par ce pessimisme sombre. La violence est filmée avec naturel, sans exagération ni effet de style, ce qui renforce la froideur des personnages, qu'ils soient rôles principaux, second rôles, ou même figurants (le finale durant l'émeute notamment). Même ceux qui affichent leurs idéaux se montrent souvent peu de sensibilités. Arthur Holland, directeur adjoint de la police, veut faire arrêter Perry et ses idéaux? Oui, mais au même moment il refuse que sa femme le quitte, car il a besoin d'elle s'il veut devenir le premier chef de la police noir de L.A., même si elle souffre du souvenir de la liaison qu'il a eu avec son assistante. Cette dernière d'ailleurs, préfère une relation distante avec le jeune Bobby Keough, se contentant de coucher avec lui de temps à autres, et refusant de connaître son nom. Ce dernier est d'ailleurs le seul à avoir des idéaux bercés de belles illusions. Nul besoin de dire qu'il sera broyé par le destin.

La musique jazz reflète bien ce pessimisme, cette sensation de voyager sans nul autre but que d'avancer, et sans voir où l'on se dirige. D'ailleurs, durant la scène de l'emeute, à la fin du film, cet errement est traduit par les fumigènes qui obligent Perry à rouler au pas, pendant qui diverses silouhettes passent près de sa voiture. Une bel mise en scène.

On peut regretter le côté réconciliation des 5 dernières minutes, juste après le très beau discours de Perry, dit de façon poignante par Kurt Russel. Sa femme qui semble tout lui pardonner, le grand méchant qui va en prison... Heureusement le dernier plan sur une L.A. en feu, nous ramène à la dure réalité de l'histoire.

Je ne saurais que trop conseiller la vision de ce film, ne serait-ce qe pour la performance magistrale de Kurt Russel.

Ma scène culte:

Perry a réussi à élucider l'affaire des meurtres de l'épicerie. Ce qu'il ne sait pas, mais que le spectateur sait, c'est que son chef, qu'il vénère, est derrière tout ça. Il le découvre de façon brutale, lorsque ce dernier lui dit froidement, les yeux dans les yeux, qu'il s'est trompé de coupables. Il faut voir la peine dans les yeux de Kurt Russel. Il évoque un petit garçon, perdu, à qui l'on vient de révéler quelque chose à laquelle il refuse de croire. Car c'est bien ce qu'est son personnage: un homme à qui l'on a volé l'enfance.

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 11:40

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Eh ben quoi? T'es jamais allé en boîte avec un marteau?

 

Synopsis:

Il est cascadeur le jour, chauffeur la nuit. Oui mais un chauffeur d'un genre particulier: il roule pour le compte de divers braqueurs et autres gangsters. Pas besoin d'en savoir plus sur lui. Et surtout pas de se mettre en tête de vouloir s'attaquer à sa voisine de palier. Car s'il y a bien une seule personne qui lui rappelle son humanité, c'est bien elle. Alors quand on se met en tête de la faire souffrir... 

Mon avis:

Drive vous prend aux tripes des les premières minutes. Un braquage, une course-poursuite, un héros mutique. Oui, mais aussi une atmosphère feutrée, à la fois oppressante et apaisante, des cadrages parfaits et un timing de la précision d'une montre suisse. Fondu au noir et générique d'introduction. 

Changement d'ambiance. Toujours la nuit, mais plus de crissements de pneus, ni de grondements de moteurs. A la place, un générique sur fond de plans nocturnes de L.A., le nom des divers participants de la production écrits en rose bonbon, et musique pop style année 80. Film romantique?

Choc, double choc et contre-choc. Ne cherchez pas de philosophie, de discours social, ou du simple divertissement, on est ici face à de l'art pur. Ne serait la présence d'un scénario, par ailleurs efficace, que j'aurais osé le terme abstrait. Tout est fait pour démultiplier l'expérience sensorielle. Coeur et esprit unis pour voir, que dis-je, vivre un film d'une puissance inédite. Utilisé à tort et à travers, un mot prend ici tout son sens: transcendance.

Parce que Drive, est bel et bien transcendant: plus qu'un film d'action, plus qu'une histoire d'amour, plus qu'une révélation cannoise, un véritable classique instantané. Unique en son genre, il exacerbe à la fois les plulsions de vie et de mort, dans un style brillant.

Le film fait surgir la vie au détour de certains plans parfaits, qui révèlent un sens de la composition génial. L'amour apparaît sous les traits de la magnifique Carey Mulligan, visage digne, qui en a trop vu, et qui n'en peut plus de courir après une paix qui semble la fuir. Il est également présent dans l'attitude de l'excellent Ryan Gosling, qui s'autorise alors un rare sourire, qui vous illumine une scène. Des face-à-face muets, mais expressifs. Des non-dits qui veulent tout dire. Un amour qui engendre la mort.

Cette dernière est une évidence. Un tel bonheur ne peut être possible, c'est la vie ici, pas le paradis. Et dès lors que cet amour est menacé, les tréfonds de l'âme humaine surgissent, à travers une violence crue, brutale, chocante. Ames sensibles s'abstenir: on préfère les poings et l'arme blanche aux armes à feu. Jamais gratuite, elle choque car elle révèle une vérité sur nous même: nous la voulons! Il faut bien voir qu'ici, ceux sur qui se déverse le torrent de haine des personnages sont des médiocres, des êtres répugnants, que nous même voulons voir souffrir. Comme s'il lisait au fond de nos pensées, le réalisateur répond à nos attentes, et nous restons là, à la fois réjouits et horrifiés. Au contraire, le sort de personnages attachants, s'il peut se révéler tragique, est plus doux, voire digne. Une adéquation parfaite entre le ressenti et le vécu.

Alors quand amour et mort se rejoignent lors de plusieurs scène, la détonation est trop forte. L'explosion émotionnelle souffle tout sur son passage, ne laissant personne indemne. C'est lorsqu'un mentor raté mais attachant, nous quitte pour avoir été présent au mauvais endroit, au mauvais moment. C'est lorsqu'on retrouve un enfant aux pieds de son père qui vient de se faire brutaliser. C'est surtout lorsque l'on menace l'amour de notre héros dans un ascenseur. Ahurissant, on en ressort soufflé.

Finalement, toutes nos émotions sont exacérbés, par ce film qui ne fait aucune concession, qui refuse de ménager ses spectateurs, pour les emmener au plus profond d'un voyage intérieur d'une rare puissance. Immanquable.

Ma scène culte:

La scène de l'ascenseur, qui est déjà un classique. Le héros et sa voisine entrent dans l'ascenseur, où un troisième homme les attend. Il porte une arme, que notre cacadeur repère immédiatement. On a alors un ralenti magnifique, durant lequel il attire la femme qu'il aime dans le coin de l'ascenseur, et l'embrasse pour la première fois. La séquence est hors du temps. Les deux amants ne vivent plus que l'un pour l'autre, l'espace de quelques instants. L'impression est renforcée par le jeu de lumière fascinant. Et soudain tout s'arrête, retour à la réalité, la dure réalité, le héros se retourne et se lance dans une aggression d'une violence inouïe envers le tueur lancé à ses trousses. La scène résume à elle seule tout le film. Et quelle puissance!

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 21:52

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L'obsession de Harry va le mener à la destruction de couple qu'il forme avec Mary, qui ne demande qu'à l'aider... 

Synopsis:

Harry Fabian, est un petit escroc qui n'a qu'une seule obsession: se faire un nom. Il enchaîne pour cela les combines douteuses, et ratées, tentant au passage de voler un peu d'argent à Mary, avec qui il vit, et qui désespère de le voir un jour reprendre raison. Un jour, Harry revient avec une nouvelle idée en tête: dominer le business de la lutte à Londres...

Mon avis:

Le film s'ouvre sur un homme en train de fuir. On apprendra peu de temps après qu'il cherchait à éviter un homme à qui il devait 5£. 5£ qu'il trouvera auprès de sa compagne. Qu'il avait d'ailleurs abandonnée pendant trois jour pour monter l'affaire du siècle. Ce n'est que la scène d'exposition, et pourtant c'est tout le film qui est révélé dans ces quelques scènes: Harry Fabian est un fugitif, qui fuit certes les gens qu'il escroque, mais surtout, la réalité, poursuivant des chimères aux visages changeant.

Il suffit de voir la terrible résignation sur le visage de la sublime Gene Tierney, qui incarne Mary, pour comprendre qu'il n'y a aucun espoir pour Harry. Pourtant, les yeux de l'actrice veulent encore croire qu'un bonheur est toujours possible. Non, vraiment, on ne peut pas admettre que cet homme soit fini.

Les feux qui brillent dans le regard de Richard Widmark, remarquable Harry, ne peuvent pas être vains, ne doivent pas être vains, n'ont pas le droit d'être vains. S'il y croit, alors croyons avec lui. Après tout, Harry n'est pas un raté: intelligent et charismatique, il a ce qu'il faut pour s'en sortir. D'ailleurs, Nosseros, pour qui il travaille le lui dit: "Tu avais tout...". Avnt d'ajouter, l'air grave: "...mais tu es un homme mort".

Le film n'a rien d'un mélodrame, on est ici dans le registre du tragique: c'est un film noir. Tout n'est donc qu'un lent cheminement vers la chute. Le fol espoir qu'on peut entrapercevoir n'est que cruelle ironie d'une histoire qui ne ménage aucun de ses personnages. Tous autant qu'ils sont, seront entrainés dans la chute de Harry.

On pense avant tout à Mary, qui le dit si bien lorsqu'elle le voit lui voler son argent, sans hésiter à la bousculer: "tu me tues en faisant cela". Ce sont en effet tout ses rêves de bonheur qui s'envolent, ceux qu'elle avait formés dans sa jeunesse. Adieu innocence, au revoir paix de mon âme, sans vous je ne suis plus... Gene Tierney, dont le destin ne fut pas si éloignée de celui là, était l'actrice parfaite pour le rôle.

Mais, il n'y a pas que Mary. Nosseros et son épouse forment une autre facette du tragique de cette histoire. Elle ne cherche qu'à le fuir, quand lui ne demande qu'à être aimé en retour. D'ailleurs, bon nombre de plans montrent Nosseros à différents moments du film, avec en arrière plan le portrait de sa femme, illustrant ainsi l'impossibilité de toute communication entre les deux.

Enfin, il y a Kristo, un gangster qui règne déjà sur le milieu des combats à Londres, et qui peine à trouver le respect d'un père, Grégorius, qu'il admire profondément. Une scène particulièrement émouvante voit Grégorius dire "mon fils m'a manqué", laissant son fils à sa douleur.

Autour d'eux, gravitent divers personnages malsains, dont une vieille alcolique qui symbolise clairement la mort, de part son regard pervers, et son rire vicieux. L'atmosphère sombre du film en est renforcée. A cela s'ajoutent les effets classiques du film noir, à savoir image en noir et blanc, et scènes de nuits dans des décors qui écrasent les personnages.

Harry n'a plus qu'à tenter de fuir. La course n'en sera que plus difficile, ce que l'on peut voir au regard fou de terreur de Richard Widmark, qui fait en même temps ressortir à merveille le fait que le héros prend peu à peu conscience de l'impasse où il se trouve.

Le film ne laisse pas indemne. On en ressort avec le sentiment d'avoir observé à la loupe tout le tragique d'une existence humaine absurde. Magnifique.

Ma scène culte:

Il y a un plan magnifique qui représente Nosseros au premier plan et Mary au deuxième. Ils sont séparés par un mur. Lui, tourne le dos à la caméra. Elle, lui fait face. Il se demande où se trouve sa femme, et elle, attend son mari. La scène illustre à merveille la solitude de ceux qui ressentent cet amour à sens unique, et qui sont délaissés par un être aimé, parti à la poursuite de ses propres chimères.

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 14:47
A bientôt pour de nouvelles aventures Cinéma!

IMPORTANT: NOUVELLE ADRESSE

http://studio-m91.over-blog.com/



Eh oui, Allocine Blogs, c'est bientôt fini!
Pendant des années, on aura pu partagé notre passion sur cette plateforme animée, échangeant sur les films qui nous ont marqués, déçus, ou intrigués! Mais bon, il semble que les derniers commentaires laissés sur divers articles étaient plus soucieux de nous vendre des chaussures, que de discuter des films. Ainsi, le gong a sonné, la récré est terminé.

Certes, comme le phoenix (de Dumbledore), on renaîtra de nos cendre sur la plateforme Overblog. N'empêche, quelqu'un a dit un jour au détour d'une scène : "There's no place like Home". C'est un peu comme ça que je risque de me sentir: nostalgique.

Judy Garland et Ray Bolger. Collection Christophe L.
-Attend je vais te ramener à la maison!
-Ah non! Pas chez ces bouseux du Kansas!


L'occasion était on ne peut mieux choisie pour faire un petit bilan sur l'évolution de ce blog au cours des années. Commencé alors que j'entrais en seconde, et malgré deux nombreux passages à vide, le voici arrivé avec moi à ce stade, alors que je m'apprête à rentrer en école d'ingénieur. Il est assez drôle de voir comment la taille des articles a grossi au fur et à mesure que je prenais de l'âge! "As time goes by" n'est-ce pas?  De "super bien joué, super bien écrit, super bien filmé", on est passé à "voici une scène bouleversante", pour finir par des articles plus développés, et dans lesquels je me suis enfin efforcé, du mieux que je pouvais, de faire comprendre ce que j'avais ressenti en voyant le film. Je me doute bien que ce n'était pas toujours clair, et il me semble que certains articles peuvent passer pour à côté de la plaque, mais j'ai essayé d'être le plus sincère possible. Et original également, histoire de ne pas répéter les erreurs de mes premiers articles (que j'ai conservé tels quels).

Je pense que tous les blogueurs seront d'accord avec moi pour dire que le plus dur c'est de commencer un article. J'ai souvent été terrassé par la paresse, ou le sentiment que j'étais incapable d'écrire sur un film que je jugeais trop grand pour moi. A ce sujet, je voulais écrire sur Inception dès sa sortie en salle, et il m'a bien fallu un an pour trouver les mots justes pour expliquer ce qu'il représentait pour moi.  Enfin, tout ça pour dire, que je n'ai pas été très prolifiques au cours des années, et que parfois, il fallait se forcer pour me mettre devant mon clavier et commencer à taper.


-C'était dur mais il a quand même réussi à nous les pondre ces articles!
-Euh oui, mais là on se tient sur les tirages des Cahiers du Cinéma...


J'ai pas mal de regrets concernant ce blog. L'adresse qui découle d'un jeu de mot ridicule en fait partie, de même que ce titre franchement prétentieux, mine de rien (La totale sur le ciné, non mais sérieusement je me prenais pour qui ce jour là!). Je regrette surtout de ne pas avoir plus flâner sur les autres blogs, car à chaque fois où je l'ai fait, je suis tombé sur quelques pépites! Je pense notamment au blog de Goodfeles que je visite toujours régulièrement.

Heureusement, c'est plutôt avec émotion que je repense au travail accompli, et, je l'avoue, un peu de fierté. Je ne pensais pas que je continuerais à écrire sur ce blog aussi longtemps. Je pense d'ailleurs avoir fait quelques progrès dans mon écriture (mais ça c'est plutôt aux autres d'en juger). Et ça fait plaisir de se dire que l'on fait partie d'une communauté cinéphile, dans la mesure où je ne travaillerai pas dans le milieu du cinéma plus tard!

Olivia de Havilland et Errol Flynn. Swashbuckler Films
-Tu es sûre que tu ne veux pas que je te lise un passage de son blog?
-Non je sens qu'il radote!


Enfin bref, j'écris, j'écris, et je m'oublie. Je vais finir par radoter, alors autant en finir là avec cet article, et puis, ce n'est qu'un au revoir. Je laisse le mot de la fin à cette chère Vivien Leigh:

"Tomorrow is another day."

MK2 Diffusion
-Finalement l'aventure en valait la peine!
-D'accord, mais ne parle pas la bouche pleine.



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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 11:42
Metropolitan FilmExport
-Putain, on s'est perdu! Je t'avais dit que ton raccourci valait rien!
-Ta gueule, et marche!


Synopsis:
Injustement enfermé dans un goulag au début de années quarante, Janusz n'a qu'une idée en tête: s'évader! A l'aide d'autres prisonniers, il parvient à sortir du goulag, et se met en route pour le Sud, avec pour objectif d'atteindre la frontière mongole. Cependant, leur pire ennemi dans cette quête sera la Nature.

Mon avis:
Il est vrai que j'attendais beaucoup des Chemins de la liberté. L'histoire pouvait donner lieu à un grand film lyrique, à mi-chemin entre Les évadés et Into the wild. Sans aller jusqu'à dire que j'ai été déçu, je l'ai trouvé honnête, mais sans ce petit truc en plus qui l'aurait élevé au rang de classique.

C'est en partie dû à un début confus. Les scènes dans le goulag, où l'on est censé découvrir les membres du groupe, s'enchaînent trop vite pour que l'on ait le temps de bien s'attacher à eux. Le personnage de Janusz se détache tout de suite, en effet, mais c'est parce qu'en tant que héros, il a eu droit à une scène introductive (un interrogatoire violent). Mister Smith, incarné par un Ed Harris poignant au détour de plusieurs scènes, sort également du lot grâce à la prestance de son interprète, de même que Valka, le brigand que joue Colin Farrel, qui, décidément, s'impose de plus en plus comme un acteur avec qui il faudra compter. En revanche, les quatre autres sortent un peu de nul part, et ce n'est qu'au cours du voyage que le spectateur apprendra à les connaître. Je ne parle pas ici de connaître leurs secrets, mais bel et bien de connaître leurs noms, leurs caractéristiques, et même leur tête finalement! C'est toujours gênant dans un tel film, de sentir que l'on à un train de retard sur les personnages, alors qu'il faudrait au contraire que l'on se sente au plus proche d'eux, comme si on faisait partie du groupe.

Pour en finir avec le début du film, l'évasion à proprement parler, n'est pas très bien filmée. Même si elle n'est pas au centre du film, et que je pense que le réalisateur a surtout cherché à aller plus vite aux scènes en pleine nature, elle est bien trop rapide pour être crédible. A croire qu'il suffit d'une petite ouverture dans les barbelés pour pouvoir se la jouer Steve McQueen dans La grande évasion.

Vient ensuite le centre du film. Les paysages sont franchement beaux, et certains plans valent le détour: les silhouettes qui avancent dans le désert, l'immensité du paysage qui écrase les évadés, ou encore les vertes steppes de Mongolie. C'est bien, et même trop bien. Bizarrement, on a juste le sentiment du travail bien fait, mais aucune magie ne s'en échappe, à la différence des plans d'Into the wild. A mon avis, cela vient du fait que l'on ne s'est pas suffisamment attaché aux personnages, et que, du coup, on n'avance plus à leur côté: on reste simple spectateur, au sens le plus neutre du terme.

Comme je l'ai dit, certains se dégagent. Au fur et à mesure que le film avance, seul Ed Harris continue de nous émouvoir. Peut-être est-ce dû au fait qu'en tant qu'acteur connu (et très bon, il faut le rappeler), il n'a besoin d'aucune scène d'exposition pour qu'on se sente proche de lui, à la différence des autres acteurs, qui ne m'étaient pas familiers. Ils sont justes, mais là encore, on a juste la sensation du travail bien fait. Ainsi, la mort de certains membres de la compagnie ne m'a pas plus ému que ça.

Une scène tout de même, parvient à transcender l'ensemble. Il s'agit de la toute dernière scène, qui voit Janusz retourner chez lui, en Pologne, après la chute du communisme. Le sentiment du temps qui s'est écoulé est très bien rendu par Peter Weir, et provoque de vraies émotions. Dommage que le reste du film ne vibre pas de la même façon.

Ainsi, il reste un film honorable, mais qui ne parvient jamais, sauf à la toute fin, à nous transporter au delà de notre écran. C'est aussi ça le Cinéma: dès fois, l'alchimie ne veut pas se produire, malgré tous les efforts du monde.

Ma scène culte:
La dernière scène, lorsque Janusz retrouve sa femme après plus de quarante année de séparation, à la seule fin de lui pardonner de l'avoir dénoncé sous la torture. Lorsqu'il ouvre la porte, ce n'est pas un vieux monsieur qui entre, mais le jeune homme amoureux qu'il était, de même que sa femme redevient une jeune fille pleine de vie, sans fantômes pour la hanter. Bouleversant je dois le dire.


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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 18:12
United International Pictures (UIP)
Élégance visuelle, valeur symbolique, et puissance des combats. Un film d'arts martiaux qui ne laissera personne indifférent.

Synopsis:
Autrefois, la Chine était divisée en 7 royaumes qui s'affrontaient pour la suprématie du territoire. Le seigneur du royaume de Qin était le plus puissant, et menaçait de remporter la victoire, aussi était-il la cible de nombreux assassins, dont les plus dangereux étaient Ciel étoilé, Flocon de neige, et Lame brisée. Jusqu'au jour où un mystérieux guerrier sans nom parvint à les tuer et à obtenir une audience du roi. Son récit commence alors...

Mon avis:
Le Wu Xian Pian est un genre unique et totalement inimitable. Fondés sur des combats oniriques, qui voient les personnages s'envoler dans les airs ou marcher sur les murs, ces films conjuguent poésie et violence dans de somptueux ballets aériens. Hero constitue un véritable chef d'œuvre dans le genre.

On est d'abord frappé par la majesté visuelle qui se dégage de l'ensemble. Chaque plan bénéficie d'un soin particulier, que ce soit dans l'utilisation des couleurs, les déplacements des personnages ou encore l'éclairage. Les compositions sont parfaites. On assiste ainsi au déploiement d'une armée immense, à des combats dans une forêts aux couleurs de l'automne ou sur un lac d'un bleu apaisant, à des adieux dans un désert aride. Le choix des couleurs permet de renforcer la portée symbolique du film. L'histoire de Sans Nom est racontée de trois façons différentes, et à chaque fois, vêtements et décors changent de teinte. Rouge lorsque le récit parle du déchaînement des passions, bleu pour le sacrifice noble, blanc lorsque la fin n'est pas encore écrite.

Cette élégance se retrouve dans des combats aux chorégraphies renversantes. Les plans larges et serrés s'alternent avec précision, et permettent d'avoir une vision globale de l'affrontement, tout en restant au plus près des personnages. Le ralentis sont utilisés avec précision, sans abus, d'où un effet à la fois poétique et fluide. Ces combats sont l'occasion de faire un parallèle entre les arts martiaux ces autres arts que sont la musique et la calligraphie. Ainsi lors de la rencontre avec Ciel étoilé, la bataille est psychologique tant que l'aveugle joue de sa mandoline, la musique permettant d'atteindre d'autres univers mentaux. De même, Lame brisée peint comme il se bat, pour trouver la paix.

Ce qui m'amène à ce qui fait la force du film, à savoir sa portée symbolique, son sens. Bien plus qu'un film d'action, c'est à une véritable leçon de philosophie que nous invite le film. Je ne veux pas en révéler les ressorts, mais le fond réside dans cette question: comment atteindre l'unité, l'union, que ce soit du point de vue des arts, du couple, ou de la nation? Les thèmes développés sont porteurs de sens, et, conjugués à la beauté formelle, font du film un pur poème épique.

Entre beauté visuelle, et profondeur du message, reste-t-il de la place pour l'émotion? L'idée de mettre le couple formé par Flocon de Neige et Lame Brisée au centre de l'histoire donne lieu à de grandes scènes entre les deux personnages, qui relèvent du tragique. Ils sont interprétés avec force par Maggie Cheung et Tony Leung, au sommet de leur art. Leurs ultimes adieux sont à ce titre particulièrement bouleversants. Le seul mot qui me vienne à l'esprit est "beau".

C'est en fait le mot qui s'impose à la vision du film. Un film à l'image du mot "épée" calligraphié par Lame Brisée: puissant mais apaisant.

Ma scène culte:
L'affrontement entre Sans Nom et Ciel Etoilé. Le combat est d'une beauté à couper le souffle. L'utilisation de la musique jouée par le vieil aveugle est magique, au même titre que les ralentis sur l'eau qui coule des toits.


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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 22:25
Leonardo DiCaprio et Ellen Page. Warner Bros. France
-Tu vois chérie, il y a deux sortes de personnes, ceux qui rêvent qu'ils ont un gros fusil sniper...
-Et ceux qui rêvent qu'ils creusent?
-Euh, non j'allais dire ceux qui pensent avoir trouvé le fin mot de l'histoire d'Inception. Mais la tienne est pas mal non plus.

Synopsis:
Dominic Cobb est un spécialiste dans un domaine particulier: à l'aide de son équipe, il pénètre les rêves pour en extraire des informations sur le rêveur. Cependant, c'est une  toute autre proposition qui lui est faite: entrer dans les rêves de l'héritier d'une puissante multinationale pour y implanter une idée, ce qui est autrement plus dangereux.

Mon avis:
On s'endort, on se réveille, et entre deux, que s'est-il passé? Un rêve. Peut-être même plusieurs. Aucun souvenir précis cependant, juste des bribes, des fragments qui ressurgissent par moment à la surface de notre esprit. Pourtant, quelques instants auparavant, tout cela semblait si réel... Si réel qu'on ne s'est même pas rendu compte que l'on pouvait saisir l'opportunité d'y réaliser ce que l'on voulait, pour s'évader et vivre plus fort, plus librement. Ce n'est d'ailleurs pas cet aspect là du rêve qui est abordée dans Inception, les douces ballades oniriques étant plus l'apanage d'un Michel Gondry que d'un Christopher Nolan.

Ce qui s'est passé, c'est que des éléments de notre vie nous sont apparus, sous un autre jour. Tout semble confus à la lumière du jour, mais dans la nuit du sommeil, tout était parfaitement clair. Les personnes qui nous ont marquées dans la journée, dans la vie, on pris part à un théâtre dont notre subconscient s'est fait metteur en scène. Le rêve comme expression de nos désirs cachés, de nos espoirs perdus, de nos aspirations irrationnelles... C'est de ce côté là qu'il faut suivre Christopher Nolan pour tenter de pénétrer Inception.

Dans un rêve, la personne peut cacher ses secrets les plus mystérieux, parfois ignorés d'elle même. Les coffre-forts psychique, voilà ce que Cobb et son équipe cherchent à forcer. Coffre-forts métaphorique certes, mais qui revêtent l'allure de véritable coffres blindés. Parce que dans Inception, le décor d'un rêve n'est jamais onirique, mais réaliste, et même confondant de réalisme... Après tout, le rêveur croit toujours dur comme fer aux mondes qu'il explore à travers son esprit, quand bien même ils n'existeraient pas. Et le plus grand rêveur du film n'est-il pas tout simplement le spectateur, qui plus de deux heures durant, parcourt l'univers d'un réalisateur d'exception pour mieux se l'approprier par la suite, et finalement, y verser ses propres secrets?

Les secrets d'ailleurs sont le socle d'un subconscient qui nous échappe toujours. Inception regorge de secrets, de mystères. Un scénario complexe, aux multiples méandres, des personnages qui trompent les autres, se mentent à eux même, pour un dédale d'interprétation. A priori, l'histoire semble simple, le héros part du point A, affronte les dangers, et arrive au point B, avec éventuellement, une récompense à la fin. Première interprétation qui semble s'imposer à la première vision. Comme au réveil, on sort du film en en ayant compris la forme, l'ensemble de l'histoire. Un rêve aussi s'impose de la même même manière, simplement, lorsqu'on tente de s'en rappeler une première fois. Pourtant, c'est en tentant d'en révéler les secrets que sa richesse s'impose à nous. Soudain, une réplique nous revient, et elle sonne bizarrement. Les regards n'ont plus la même signification. Le héros n'est peut-être plus celui qu'on pense. Qui tire les ficelles, qui est le vrai maître du jeu? Le doute s'installe dans l'esprit du spectateur, comme il s'installe dans l'esprit de Mal, le personnage interprété par Marion Cotillard, et finalement surgit la question fatale: qui subit l'inception? Sans aucun doute le spectateur, en qui l'idée s'est doucement implanté que le film l'a surement mené en bateau, ou en avion, ou sur un nuage lointain, dans un pays où l'onirisme ne jaillit pas du décor, mais bel et bien de l'esprit.

C'est ainsi que le temps et l'espace s'étirent, et perdent toute signification avec Inception. Voyager sur plusieurs niveaux de rêves permet de renouveler le plaisir à chaque instant, d'éviter à l'ennui de s'installer. Ce serait tellement horrible s'ennuyer pendant un  rêve... Pas à la manière d'un cauchemar, d'autant, que le film lorgne parfois vers ce registre, notamment lors de certaines scènes dans le subconscient torturé de Cobb. Mais plutôt à la manière d'un long désespoir...

Le temps passe à la fois vite, et lentement, distorsion ultime de la réalité. Christopher Nolan utilise l'écoulement du temps dans les rêves de manière subtile pour faire monter le suspense. Au bout du compte, la durée du film elle même semble s'affranchir des lois de la physique, et ce sont 2h30 qu'on ne voit pas filer, prolongement logique de la comparaison entre le film et l'univers des rêves.

A la manière des rêves les plus forts, le film laisse derrière lui ce sentiment étrange, où se mêlent fascination, crainte, joie, tristesse, et une pointe de nostalgie. Un rêve dans lequel je n'hésiterai pas à me replonger.

Ma scène culte:
La séquence se déroulant dans le deuxième niveau de rêve de Fisher, dans laquelle Cobb tente le coup de Mr. Charles dans un suspense intense, dans laquelle on peut voir  un combat en apesanteur crédible à en être dérangeant, dans laquelle viennent nous hanter le spectre des enfants de Cobb... Magnifique.


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