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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 18:27
Michelle Monaghan & Jake Gyllenhaal. SND
-Donc si j'ai bien compris, une série de calculs paraboliques utilisant des notions de mécaniques quantiques dans un espace préhilbertien, passant par l'utilisation d'homéomorphismes injectifs appliqués aux équations de Maxwell dans le cadre de la théorie des cordes à algorithmes récursifs permet de me renvoyer dans une situation du passé !
-C'est beau la science à Hollywood...

 
Synopsis:
Un train explose près de Chicago, faisant plusieurs centaines de morts. Le gouvernement craint qu'une bombe plus puissante encore ne se trouve en plein centre- ville. Pour tenter de découvrir l'identité du terroriste, le capitaine Colter Stevens est envoyé dans la peau de l'un des passagers du train au moyen d'un système du nom de Code Source. Il doit alors revivre les 8 dernières minutes de cette personne, autant de fois que nécessaire pour trouver le poseur de bombe.

Mon avis:
Je suis bien embêté avec ce Source Code, car je ne parviens pas à me décider sur la note à lui donner. Il ne me reste plus qu'une solution, retourner dans le passé pour analyser le  film: "Allez, Marty démarre la Delorean !" (oui, je préfère les batteries nucléaires aux pseudo calculs de mécanique quantique).

Avant d'aller voir le film, il est clair que j'en espérais beaucoup. Cela n'a rien à voir avec le réalisateur, dont je n'ai pas vu le précédent film, ni avec les acteurs, bien que je les apprécie, mais plutôt avec l'histoire du film, cette idée de faire revivre indéfiniment les mêmes évènements au héros afin qu'il trouve le méchant. Cependant, comme on ne juge jamais un film sur ses préjugés, je me rends compte que l'on est remonté un peu trop loin. "4ème vitesse Marty !"

Première scène : il faut bien commencer par le commencement ! Où l'on découvre notre héros et celle qui fera craquer son cœœur. Le sourire de Michelle Monaghan nous séduit directement, il faut être honnête sur ce point, mais Jake Gyllenhall n'a pas encore grand chose à jouer puisque son personnage découvre le train et ne comprend pas ce qu'il lui arrive. Il faut le comprendre, il n'est pas lui. La bonne idée du réalisateur pour nous faire ressentir ce trouble, c'est de constamment donner au héros l'apparence du militaire. En revanche dès qu'il passe devant des miroirs, son reflet est celui du passager du train. Ainsi, on s'identifie au héros, et non pas à l'une des victimes du wagon. Soudain BOOM plus de train. "Marty démarre en direction d'une autre scène de train !"

Effectivement entre deux recherches d'Unabomber, il y a des scènes dans la base militaire sur lesquelles on reviendra. Les scènes dans le train restent tout de même au centre. L'intérêt, c'est que chacune se déroule à sa façon, et de ce point de vue je dois dire que le résultat est réussi, aucune scène ne semblant répétitive. On regrette un peu qu'elles n'aillent pas plus loin dans le délirant. Après tout le héros sait bien que rien n'est vrai, pourquoi donc ne pas en profiter pour se lâcher un peu plus. Par exemple, lorsqu'il trouve un pistolet, qu'est-ce qui l'empêche de tirer sur les gardes qui sont sur son chemin, ou même sur le terroriste. On me dira que c'est pour souligner à quel point le héros croit à ce monde, aussi virtuel soit-il quantiquement parlant (ce mot n'existe pas, je vous rassure). Enfin toujours est-il que Jake Gylenhall s'en sort à merveille. Son jeu ratisse un large palette d'émotion, et j'ai été surpris d'être moi-même ému par moments. Et le sourire de Michelle Monaghan est toujours aussi craquant ! "Retour à la base Marty !"

Jusqu'ici, rien de bien polémique, voyons ce qu'il en est avec les scènes militaires. A mon sens, elles traînent : pourquoi les chefs mettent-ils autant de temps à expliquer au pauvre soldat à quel jeu il joue ? Le spectateur, lui, a depuis longtemps compris le principe du film, et ces scènes d'altercations sur fond de
"Où suis-je ?
- Ta gueule et bosse !
-Mais bosse comment ?"
sont souvent de trop. Cependant, il faut à nouveau saluer le jeu de Gylenhall, en tout point admirable. Mais cette fois ci, pas de sourire de Michelle Monaghan (on doit se contenter de la mine renfrogné de Jeffrey Wright qui ressemble curieusement à Dieudonné). "Marty, file comme la lumière sur la polémique !"

C'est avec fierté que j'utilise pour la première fois le fameux:
/!\ SPOILER ALERT /!\
Ce n'est pas particulièrement utile, dans la mesure où je pense que tout le monde peut deviner la fin du film avant même d'aller le voir, mais bon, Prudence est mère de Sûreté. Alors voilà, le film dure tout simplement 2 minutes de trop. J'entends déjà les protestations, du style "Oh le pinailleur, retourne voir 2001 l'odyssée de l'espace et tu verras ce que c'est un film trop long !" Le problème, c'est qu'à cause de ces 2 minutes, on passe à côté d'une petite pépite. Je m'explique : une fois le terroriste arrêté, le héros est supposé voir sa mémoire effacé pour être à nouveau utilisé. Lui préfère être renvoyé une dernière fois dans le train avant de se faire débrancher (ah oui, au fait, le héros est mort à la guerre et est maintenu en vie dans une espèce de super caisson). Une fois dans le train il arrête la bombe et le poseur en 30 secondes. Il en profite pour appeler son père une dernière fois, ce qui vaut à Gylenhall sa meilleure scène dans tout le film. Enfin il déclare sa flamme à la belle Michelle Monaghan et à son sourire ravageur, et l'embrasse. Les 8 minutes sont alors passées et il est débranché.
Le mots me manquent pour décrire la poésie qui se dégage alors de l'image que nous offre le réalisateur qui traverse le wagon dans lequel tout le monde est figé dans la position qu'il avait à l'instant du débranchement. De toute beauté, vraiment émouvant, un coup de maître.
Mais voilà que l'image reprend vie. Oh miracle ! alors que tout le monde lui disait que c'était impossible, notre vaillant héros a réussi à remonter le temps et va pouvoir mener la vie de ses rêve auprès du sourire lumineux de Michelle Monaghan. Et la poésie de s'effondrer aussi sec. Eh oui, elle fonctionnait en partie parce qu'on avait le sentiment que c'était une belle fin. Là, du coup, la fin est redevenue banale. "Aller Marty retour vers le présent !"

Alors que j'aurais pu hésiter entre 4 ou 3 étoiles, j'hésite maintenant entre 2 ou 3. Cette presque  dernière image m'a vraiment plu, mais bon sang, pourquoi l'avoir gâchée pour se laisser la possibilité de faire une suite (car c'est bien ce que laisse supposer le dernier message qu'envoie Colter à ses supérieurs) ? Aller, pour une fois soyons sévère, la poésie de cette image ne sauvera pas le film de mon courroux. Rassurez-vous, il reste un divertissement tout à fait agréable. Mais sans plus.

Ma scène culte:
Par pure flemmardise je vous renvoie tout simplement au Spoiler Alert. Quelle belle scène tout de même !
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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 18:56

-Dans mes bras mon grand ! 
-Attends je te rappelle que c'est Fast & Furious 5 ici, pas Top Gun!

 
Synopsis:
Avant de se ranger, Dom et Brian décident de voler tout l'argent d'un baron de la drogue à Rio de Janeiro. Promis c'est la dernière... avant le 6 !

Mon avis:
Ça fait des années que la saga Fast & Furious fait hurler les amateurs de films intelligents aux scenarii bien fouillés. C'est vrai que la saga ne s'est pas fait connaître pour sa grande subtilité, notamment lors des fameuses soirées courses illégales, moteurs vrombissants, belles cylindrées (et si le double sens est  loin d'être extraordinaire c'est voulu). Après, quand on sait à quoi s'attendre, on ne boude pas son plaisir devant des scènes d'action bien filmées, et des courses-poursuites haletantes ! C'est vraiment une bonne série de films d'action.

Cependant, si les scenarii étaient loin d'être brillants, le principal point faible des Fast & Furious était que c'était rarement assumé, comme si les scénaristes essayaient malgré tout de nous convaincre que le film était plus malin que ce qu'il voulait bien laisser paraître. Du coup l'ambiance était souvent alourdie par des intrigues policières loin d'être passionnantes, signe d'une volonté de donner un côté sombre, qui est extrêmement difficile à allier à ce genre de film d'action. Heureusement, avec Fast & Furious 5 il semblerait qu'enfin la saga fait son coming out.

Oui ce n'est pas subtil ! Et oui on aime ça ! La bonne idée c'est bien sûr de tout baser sur un braquage classique, ce qui évite d'en rajouter dans les intrigues secondaires. La part belle est laissée à l'humour, aux vannes lourdes, mais qui font mouche, qui font qu'on s'attache bien mieux aux personnages que toutes les psychologies de cuisine qu'on peut développer !

La deuxième bonne idée du film est d'avoir ajouté Dwayne Johnson au casting. Son surjeu outré, donne au film un second degré jouissif, à la manière de The Expendables. Tout le monde ne sera peut-être pas d'accord avec cette interprétation, mais elle me semble pertinente. En effet, il faut le voir rouler des mécaniques quand il marche: impossible que ce ne soit pas fait dans une optique quasi-parodique. Ça fait regretter que Vin Diesel, par ailleurs bon acteur, ne soit pas un peu plus détendu : le film gagnerait encore à le voir s'éclater plus!

Enfin, la dernière bonne idée est d'avoir misé sur des scènes d'action originales plutôt que de nous refaire pour la 500ème fois le coup de la course de nuit ! Ainsi le braquage du train, pur moment explosif, allie le spectaculaire des cascades, à un timing précis qui ajoute un supplément d'adrénaline indéniable. De même, l'ultime course-poursuite avec deux voitures traînant un coffre-fort blindé est tout à la fois drôle et haletante.

Bref, amateurs de beau châssis (une fois de plus je m'excuse pour le manque de subtilité), de belles mécaniques qui en ont sous le capot (c'est la dernière), ne boudez pas votre plaisir et foncez en 5ème vitesse voir ce Fast 5 décapant!

Ma scène culte:
Le braquage du train. Riche en adrénaline, elle fait monter la sauce au moment où Brian se retrouve suspendu au train, et qu'il fonce à toute allure contre la rampe du pont. On se doute qu'il va s'en sortir, mais ça reste diablement efficace. D'autant que la chute, dans tous les sens du terme, vaut le coup d'œœil.

 

 

 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 18:33
Emily Browning, Abbie Cornish, Jena Malone, Vanessa Hudgens & Jamie Chung. Warner Bros. France
La guerre c'est vraiment moche... Euh, qu'est-ce que je raconte là?
 


Synopsis:
Parce qu'elle et sa sœur sont les seules héritières de leur mère, Babydoll est devenue gênante aux yeux de son beau-père. Parce qu'elle a vu ce dernier assassiner sa sœur, Babydoll doit disparaître. Accusée à tort, elle est envoyée à l'hôpital psychiatrique, où son beau père est prêt à payer le prix fort pour qu'elle se fasse lobotomiser. Condamnée, Babydoll trouve refuge dans son imagination. Elle se crée alors un univers, dans lequel, elle et d'autres patientes doivent trouver cinq objets qui leurs permettront d'accéder à leur liberté.

Mon avis:
D'emblée, le nouveau film de Zack Snyder s'imposait comme une curiosité. L'histoire semblait complètement incohérente, comme un gros délire de geek, qui s'il semblait tenir la route visuellement, avait de quoi inquiéter du point de vue du fond. Alors, qu'en est-il finalement?

La scène introductive confirme tout le bien que l'on pensait de la mise en image de Zack Snyder. Intégralement sans paroles, hormis quelques mots prononcés par une voix-off qui cherche plus à poser l'ambiance du film qu'à en expliquer le déroulement, elle impose tout de suite l'atmosphère que le metteur en scène a décidé de donner au monde réel. La photographie est sombre, les quelques couleurs qui existent sont pâles, les visages livides, pour ne pas dire cadavériques. La musique de fond, une reprise de "Sweet Dreams" par Emily Browning (plus proche de la version de Marilyn Manson que de celle des Eurythmics), ne vient pas égayer l'ambiance. "Some of them want to use you", dit la chanson : c'est exactement ce qui ressort de ce face à face entre Babydoll et la mort incarnée par son beau père. Magnifique.

Cependant, on ne pourrait résumer un film à 5 minutes, aussi belles fussent-elles. Aussi, une fois les portes de l'asile poussée, si c'est le grand saut dans l'inconnu pour Babydoll, ça l'est encore plus pour le spectateur. Et maintenant que va-t-il se passer ? Va-t-on être complètement largué par le délire du réalisateur ? C'était bien sûr sans compter sur le talent de Zach Snyder. Bon vous l'aurez compris, au bout de 10 000 lignes je vous dis enfin que j'aime vraiment le film : il était temps !

On ne reste pas longtemps dans le monde réel. Très vite on rentre dans le premier niveau de l'imaginaire de Babydoll. L'hôpital devient une maison close, la psychiatre une sorte de maquerelle artiste, l'infirmier corrompu un mafieux qui dirige le business, et les patientes les gogo danseuses de luxe du lieu. Bref, la symbolique est évidente, la métaphore de la prostitution et du théâtre soulignant intelligemment l'idée que ces filles ne sont pas maîtresses d'une existence qu'elles ne peuvent que sublimer par leur imagination. Le changement d'univers vient surtout de l'apparition de couleurs et de dialogues. On discute enfin d'autre chose que du prix à payer pour une lobotomie discrète. Babydoll prend la parole, et l'on découvre les autres personnages féminins.

Avant d'évoquer le groupe central justement, il faut évoquer la mécanique du film, qui nous permet de plonger dans un second degré de l'univers mental de Babydoll, dans lequel les filles deviennent des guerrières, aussi redoutables qu'elles sont séduisantes. Il faut un peu s'accrocher au début pour comprendre comment va se dérouler l'histoire. Mais en fin de compte, l'alternance régulière entre les scènes dans la maison close, et celles dans les mondes guerriers fantasmés par Babydoll, offrent au film une structure qui lui évite de sombrer dans le grand n'importe quoi, et ce même si on croise des zombies allemands, des ogres aux groins qui grognent, ou encore des samouraïs mégazords ! Je ne plaisante pas : ces scènes se répondent toujours, et l'histoire devient alors une sorte de grande évasion imaginaire, véritablement excitante !

Bien entendu, cela tient à la qualité des scènes d'action, qui alternent subtilement les ralentis et les accélérations, comme c'est toujours le cas dans les films de Snyder. L'ambiance jeu vidéo est utilisée de façon à obtenir des plans de toute beauté : c'est vraiment le meilleur des cinématiques de ces jeux qui a été assimilé par le réalisateur pour aboutir à un résultat réussi !

Enfin, tout le film est centré comme je l'ai déjà mentionné, sur le groupe de filles. Bien que leurs tenues soient toujours à l'avantage de leur plastique, ils ne sombrent jamais dans la vulgarité, ce qui me permet de penser que le message du film est résolument féministe. Toujours soudées, même pendant les crises, ces filles, qui sont toutes bien interprétées, offrent au film sa touche d'optimisme, qui se confirme dans un finale maîtrisé jusqu'au bout.

Loin d'être le foutoir geek auquel on pouvait s'attendre, Sucker Punch est un film puissant, qui donne la pêche, et nous laisse ressortir un peu plus rêveur.

Ma scène culte:
Allez, ne reculons devant aucune folie, les zombies nazis, ça me fera toujours marrer ! Les fusillades y sont excellentes, et je ne suis pas insensible au charme en cuir de Miss Hudgens.

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 00:29

Robert Pattinson et Emilie de Ravin. SND

Au jeu de l'amour et du hasard, nul doute que ce dernier reste le plus fort...

Synopsis:

Tyler et Ally sont deux âmes perdues que la vie n'a pas épargnées. Chacun porte en lui un drame familial. Un jour, pour se venger du père d'Ally, un policier qui l'a arrêté pour une bagarre à la sortie d'un bar, Tyler décide de séduire Ally. Mais les sentiments reprennent vite le dessus...

Mon avis:

Remember me fait définitivement partie de ces films qu'on ne peut aborder sans préjugés, notamment envers son acteur principal, Robert "Edward Cullen" Pattinson, que son rôle dans Twilight a rendu antipathique à bon nombre de spectateurs. Toujours est-il qu'à la fin, je me suis posé cette question: finalement, qu'est-ce qui fait que j'aime ce film ?

Est-ce pour les personnages forts ? Ils frôlent pourtant la caricature, du papa flic alcoolique, ou papa avocat qui ne s'occupe pas de ses enfants, au fils rebelle mais poète, en passant par le copain rigolo obsédé, mais tellement gentil. On peut dire que les scénaristes n'ont pas lésiné sur tout ce qui pouvait faire pleurer, notamment en chargeant le personnage de la petite soeur de Tyler, dépressive,mal aimée par son père, sans amis...

Dans ce cas, est-ce pour l'intrigue ? Mais tout y est prévisible, souligné à l'excès par une musique assez portée sur l'emphase. On peut deviner à l'avance tout ce qui va se passer, comment les deux héros vont tomber amoureux, comment ils vont se disputer, se réconcilier... Il y a bien la dernière scène, mais elle semble vraiment sortie de nulle part. D'ailleurs pas mal de points sont assez peu crédibles, car si on sait bien que la réalité dépasse souvent la fiction, ça passe toujours mal dans un film de mettre tous les malheurs du monde sur les héros.

Mais alors pourquoi à aucun moment je n'ai eu envie de rire ? Qu'est-ce qui fait que j'ai été séduit ? A mon avis c'est tout simplement la raison pour laquelle j'aime le cinéma. Sans prévenir, une alchimie entre tous les éléments qui constituent le  film se produit, et voilà qu'on se retrouve à ressentir des émotions, devant ce qui sur le papier semblait perdu d'avance.

Et voilà qu'on y croit à cette histoire d'amour que vivent Tyler et Ally. Les deux acteurs rendent ces personnages aussi attachants que s'ils nous étaient proches. Robert Pattinson est d'ailleurs la bonne surprise du film, révélant un jeu tout en subtilité, loin du poseur aux dents longues que l'on connaissait. Cet appartement miteux dans lequel ils vivent devient le nôtre. Allez savoir pourquoi j'avais moins l'impression d'assister à des facilités de scénario au moment où tout le monde s'avoue tout, que de partager des moments d'intimité avec les héros.

Et le film d'emporter nos émotions. La colère de Tyler se fait la nôtre, en particulier lorsqu'il veut protéger sa petite soeur, ce qui semblait impossible vu le personnage lourd qui se dessinait à traver elle. Mais non, voilà qu'elle aussi on l'aime bien. Et c'est un plaisir sincère que de voir les petites pestes qui lui font vivre un enfer se faire sauvagement bousculées. Mais quel déchirement lorsque les personnages se disputent, alors qu'on sait pertinemment qu'ils vont se remettre ensemble. De même c'est la gorge serrée qu'on assiste à un Pierce Brosnan déballant ses sentiments si longtemps enfouis, même si on n'avait aucun doute sur la noblesse de son âme.

J'ai peut-être un élément de réponse, mais je me rends bien compte que ce n'est qu'un idée, finalement assez nulle. Et si tout passait par les regards? A partir du moment où les yeux d'Emilie de Ravin qui incarne Ally s'illuminent lorsqu'elle regarde son partenaire, on est sous le charme. Le regard remplie de tristesse contenue de Robert Pattinson nous émeut, et la petite moue peu sûre d'elle de la jeune Ruby Jerins nous donne envie de la consoler. Ca vaut ce que ça vaut, mais ça confirme que les acteurs sont vraiment bons.

Umberto Ecco donne une autre explication: "deux clichés font rire, cent clichés émeuvent". Quoiqu'il en soit ne laissez pas les préjugés l'emporter et faites vous votre propre idée du film. Personnellement, j'adhère.

Ma scène culte:

Je n'en ai pas, ce film fonctionne vraiment comme un tout. Je dois reconnaître un belle jouissance lorsque Robert Pattinson pète un cable devant les petites filles qui harcèlent sa soeur. Dommage que la morale nous empêche de jeter ces petites pestes par la fenêtre, mais rien que le fait de les bousculer c'est un plaisir.

 

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 08:42
Hugh Jackman et Liev Schreiber. Twentieth Century Fox France
Le film est également un très bon exercice pour nos amis médecins qui pourront s'amuser à reconnaître les muscles sur les bras du père Wolverine, et peut-être même en découvrir de nouveaux !
 
Synopsis:

Depuis plus d'un siècle, James Logan et son frère Victor Creed parcourent le monde, s'engageant dans toutes les guerres, bénéficiant de pouvoirs de régénération particulièrement utiles. Recrutés par un militaire douteux, du nom de William Striker, dans une unité spéciale composée uniquement de mutants, ils partent au Nigéria, pour une mission qui sera leur dernière : éœcœuré par ce qu'on leur demande, Logan quitte l'équipe, après s'être violemment disputé avec son frère. Mais tous ne sont pas prêts à le laisser filer ainsi...

Mon avis:

Les films de super-héros sont très intéressants, dans la mesure où ils permettent des approches extrêmement  différentes, sur des histoires a priori simples. Sombre et réaliste dans The Dark Knight, familiale et 100% fun avec Iron Man, violente et pessimiste pour Watchmen... On nous annonce même du Shakespeare avec le prochain Thor. Wolverine, pour sa part préfère jouer la carte la plus sûre, celle du divertissement efficace. Il est certain que l'on pourra contester cette approche, puisqu'on a affaire à l'un des personnages les plus intéressants des comics : un homme sans passé, bestial, et solitaire. Ici, le côté animal est plus évoqué, que vraiment exposé. Franchement, on aurait des envies de meurtres pour bien moins que ce que le pauvre Wolverine subit. Ainsi, lorsque l'ignoble agent Zero (no comment), tue le gentil couple de personnes âgées qui aide notre héros, là où l'on attendrait une violence quasi-inhumaine de la part de cette bête enragée, on a juste le droit à une scène d'action classique (je vous rassure, le méchant meurt quand même, et non je ne vous ai pas gâché le suspense). Ainsi, on l'aura compris, le scénario ne brille pas par son originalité, que ce soit du point de vue du déroulement de la trame, ou de la psychologie des personnages. Et pourtant...

Et pourtant, ça fonctionne. Si personne ne se décollera une synapse pour comprendre l'histoire, on ne peut nier qu'elle tient la route, et les clichés qu'on peut lui reprocher, comme le fameux couple de septuagénaires, ou l'amour parfait que vit Wolverine au début de film, permettent à l'action d'aller au plus vite à l'essentiel, sans prises de tête totalement hors-sujet (oui Ang Lee, c'est à vous et à Hulk que je pense). D'ailleurs, une place importante a été accordée à l'humour, à base de vannes balancées entre les différents personnages.

A partir du moment où le choix a été fait de mettre l'accent sur le côté divertissement et action, au détriment de la profondeur du scénario, la mise en scène se doit d'être efficace. La réponse est donnée dès les premières minutes, lors du sublime générique, qui nous montre les deux frères traverser toutes les guerres américaines, depuis la guerre de Sécession jusqu'au Vietnam.On peut peut dès lors sentir à quel point le visuel a été soigné, notamment à travers les couleurs et les transitions entre les différentes époques. Le film regorge ainsi de petites trouvailles, aidées par de très bons effets spéciaux. Mention spéciale pour le combat final qui voit Wolverine et son frère s'unir pour affronter le terrible Deadpool : il est rapide, varié (il faut rappeler que le fameux Deadpool possède tous les pouvoirs), et, miracle, bien cadré (on voit tous les mouvements des personnages, ce qui semble ne plus être la priorité de tous les réalisateurs), pour une lutte épique ! Félicitations à Gavin Hood !

On ne peut pas finir sans évoquer les acteurs. Comme dans tout bon film d'action qui se respecte, ceux-ci sont extrêmement charismatiques. A commencer par le fameux Hugh Jackman, et ses muscles à faire passer Jason Statham pour une chochotte. Si le scénario ne laisse pas transparaître tout le côté animal de Wolverine, ainsi qu'on l'a dit plus haut, on ne peut pas en dire autant de Hugh Jackman qui au détour de certaines scènes, notamment celle qui le voit devenir véritablement Wolverine, a l'air d'une véritable bête humaine. De même, Liev Schreiber qui joue Victor Creed dégage cette même aura. Et l'on sent entre les deux ce mélange de complicité et de défiance qui anime les deux frères. Enfin, un petit mot sur Danny Huston qui joue le rôle de Striker : même si l'on se doute que son personnage est une belle fouine, on finit toujours par croire à ses propos, comme un bon homme politique. Chapeau.

Alors non, Wolverine n'est pas le Dark Knight de Marvel, mais il confirme la capacité de la boîte à produire des divertissements de qualité. Ça défoule bien quand même.

Ma scène culte:

Le combat final contre Deadpool : une espèce de zombie pas net qui se téléporte, contre un type aux griffes de métal, et un autre aux ongles acérés. Le soin apporté aux couleurs (un rouge
orangé de coucher de soleil), les plans larges, ou plus serrés, contribuent au caractère épique de la scène.

 

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 22:58
Jesse Eisenberg. Sony Pictures Releasing France
Au pire, il ne lui reste plus qu'à poker les avocats de la partie adverse.
 
Synopsis:

Jeune étudiant à Harvard, Mark Zuckerberg se fait remarquer un soir en faisant planter tout le réseau du campus. C'est alors qu'il est approché pour créer un site de rencontres pour les étudiants de Harvard. Mais il a un autre projet en tête...
Quelques années, et quelques milliards de dollars plus tard, le créateur de Facebook est engagé dans deux procès. Un face aux jumeaux Winkelvoss qui l'accusent de leur avoir volé l'idée, l'autre avec son ami Eduardo Saverin, qu'il a évincé de l'entreprise.

Mon avis:

Aurait-on été trompé sur la marchandise ? Porte-t-il mal son titre ? S'il s'appelle "Réseau social", il s'agit d'un véritable drame intimiste. Aussi Facebook n'est-il pas au centre du film : c'est bien d'un portrait de son créateur, l'atypique Mark Zuckerberg qu'il s'agit.

Le ton est donné dès la première scène. Un Zuckerberg au débit de mitraillette évoque son ambition de rejoindre une des prestigieuses confréries d'étudiants de Harvard, auprès d'une petite amie qui a du mal à le suivre, tout comme le spectateur. L'interprétation de Jesse Eisenberg est particulièrement intéressante. Déconnecté de la réalité, proche de l'autisme, arrogant, on comprend toute l'antipathie que son Zuckerberg peut dégager auprès des autres protagonistes.

Oui mais voilà, le spectateur n'est pas un personnage de fiction, et dès lors, il ne peut s'empêcher d'éprouver de la sympathie pour cet inadapté social, qui finira par relier toute la planète par l'internet. On a le sentiment que le pauvre ne pense pas à mal. À ce titre, une jeune stagiaire en droit lui dit très justement: "vous n'êtes pas un connard, vous faites juste tout pour en avoir l'air".

La clé de ce Zuckerberg réside dans sa volonté de se faire remarquer. Le sujet des confréries revient souvent, et l'on peut voir ce qu'il envie chez les jumeaux Winkelvoss.  Ce qui reste cependant le plus significatif de cette volonté, c'est sa fascination pour Sean Parker, créateur excentrique du site de téléchargement Napster. La scène de la rencontre avec ce dernier, qualifié de "show" par Saverin, co-fondateur de Facebook, surprend moins par la quantité de cocktails qui défilent, que par la lumière qui brille dans les yeux de Zuckerberg. C'est à ce moment que l'histoire s'emballe pour lui.

S'il ne pense pas à mal, il ne le commet pas moins. Passons sur le côté "il a volé l'idée aux jumeaux", qui n'est pas au centre du film, dans la mesure où les jumeaux n'avaient pas non plus une idée révolutionnaire. Ceci donne tout de même lieu à des scènes très drôles qui viennent détendre un peu l'atmosphère, comme la rencontre, pour le moins infructueuse avec le directeur de Harvard.

Non, le véritable mal c'est envers son ami Eduardo Saverin qu'il le commet. Associé au projet dès le début, il va petit à petit être dépassé par les évènements, et surtout par son ami, de plus en plus incontrôlable, notamment à partir de la rencontre avec Sean "Napster" Parker. Il finira presque renvoyé comme un moins que rien. Alors que le pauvre s'était démené comme un diable pour lancer l'entreprise. Il fait pitié à voir lorsqu'il fait le bilan désastreux de l'aventure pour lui. On a le cœœur serré lorsqu'au tribunal, il murmure "J'étais ton seul ami". Et Zuckerberg de se retrouver véritablement seul.

Dernière scène du film : Zuckerberg, seul devant son ordinateur, actualise inlassablement une page particulière de Facebook (on ne dira pas laquelle, même si ce n'est pas une surprise), rappelant que s'il cherche à se faire remarquer, c'est aussi pour se sentir moins seul. Finalement, toute l'ironie du titre réside là : le plus grand réseau social au monde, sur lequel toute sa vie peut défiler, mais aucun proche pour comprendre, et aimer cette vie.

Ma scène culte:

Les deux premières scènes sont excellentes, car elles vont à une vitesse affolantes, et permettent de se plonger directement dans l'esprit du personnage. La mise en scène de la création de Facemash, avec les commentaires en voix-off de Zuckerberg, est brillante. Fincher est un grand.

 

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 05:05
Paramount Pictures France
Allo maman ? Fantôme!
 
Synopsis: 
Ray et Christie viennent d'emménager dans une nouvelle maison, avec leur fille adolescente et leur fils, encore bébé. Mais très vite, des phénomènes étranges se déroulent.

Mon avis:

On peut se poser la question de l'intérêt de donner une suite à un film d'horreur à succès. Après tout, une fois la surprise passée, ce sont les mêmes ficelles que l'ont retrouve, et si elles fonctionnent, on ne peut s'empêcher de garder un arrière-goût gênant de déjà-vu. Qui se souvient de Blair Witch 2 ? Rec 2 défoule bien, mais n'effraie pas. Et on n'évoque pas les suites de L'exorciste. Même si les films ont des qualités, ils restent des suites dans notre esprit.

Paranormal activity 2 n'échappe pas à la règle. Alors oui, le film fait peur. Oui on sursaute, voire même on saute carrément. On salue le réalisateur qui a tenté de surprendre le spectateur (du moins sur la fin), en proposant de nouvelles péripéties : un exorcisme filmé à la Rec (joli clin d'oeil), des attaques en plein jour parfois inattendues, et une tentative de donner une histoire à tout ça, faisant le lien avec le premier film. D'ailleurs, la fin du film est sensationnelle car le rythme explose d'un coup. Les attaques du démon sont plus violentes et je pense ne pas me tromper en disant que, pour peu que l'on soit sensible à ce type d'histoire, on est tout aussi éprouvé que la pauvre famille à l'écran.

Si le film remplit son cahier des charges, pourquoi se plaindre ? On voulait se faire peur, et c'est chose faite. Oui mais voilà, on était en droit d'attendre un peu plus de la suite d'un film qui avait tout de même fait sensation, que simplement reprendre les bonnes idées du premier en les dopant à l'adrénaline. Ainsi, la première demi-heure du film est lamentable car elle ne fait que reprendre les scènes de son prédécesseur, l'efficacité en moins. Là où la nuit 1 commençait par un bruit sourd faisant référence aux bon vieux son nocturnes qui nous empêchent parfois de dormir, on doit d'abord se contenter de l'éclairage d'une piscine qui s'éteint. La porte qui bouge sur ses gonds, on connaît. Le summum étant atteint avec le plateau de Ouija : là on se demande si on ne va pas sortir de la salle pour se refaire plutôt le premier. Heureusement le film démarre après. Toujours est-il que chaque scène fait référence au premier film. Et si l'effet fonctionne toujours parfaitement ce n'est pas tant parce que le film propose du neuf, que parce que l'effet fonctionnait déjà dans le premier. On pourra dire que l'on sursaute plus dans ce film. Rappelons tout de même que sursauter, ce n'est pas avoir peur.

Un petit mot sur la toute dernière scène du film. On se souvient que Paranormal Activity premier du nom se concluait sur une note de terreur pure, avec le démon qui sortait du cadre de l'histoire pour s'attaquer de façon marquante au spectateur. Il faut juste signaler que dans celui-ci, si elle est intéressante, elle n'en est pas moins expéditive, et donc moins marquante. Dommage car là on aurait bien aimé un petit clin d'œœil au premier.

Finalement que reste-t-il de ce film ? Assurément le sentiment d'avoir vu un bon film d'horreur, ce qui est déjà quelque chose ! Mais aussi un petit goût de déjà-vu: ce qui marque l'esprit finalement, ce ne sont ni la scène de l'exorcisme, ni la tentative de scénario, mais la porte qui claque, les bruits de pas sur le plancher, le mobilier qui semble prendre vie... Ah bon, c'était déjà dans le 1 ?

Ma scène culte:
Évitons de gâcher la surprise de certaines scènes. On dira alors la scène dans laquelle Christie se fait traîner à la cave par le démon : on la voit disparaître par la porte, et l'on a alors droit à un long plan sur la pièce qui laisse au spectateur la liberté d'envisager le pire.

 

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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 19:03

Un peu de rangement, histoire d'organiser un peu ce joyeux bordel!

Ca fait un petit petit moment que j'écris des articles sur ce blog, et même moi je me rends compte que je ne m'y retrouve absolument pas. Alors, comme le cinéma, c'est aussi une affaire d'organisation, voici un petit sommaire destiné à faciliter la vie. Bon certaines lettres sont vides, on espère qu'elles ne le resteront pas trop longtemps! Bonne lecture.

A

Joe Pesci, Ray Liotta et Robert De Niro. Warner Bros. France

Alone in the dark

B

Christian Bale. Warner Bros. France

Basic instinct



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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 20:09

Anna Kendrick et George Clooney. Paramount Pictures France

"Certes vous êtes virés, mais attention, c'est George Clooney qui le fait !
- What else?"

Synopsis:

Ryan Bingham a choisi un mode de vie bien particulier : il parcourt les Etats-Unis pour virer du personnel pour le compte de patrons qui n'osent pas le faire eux-même. Son foyer ? Les hotels, les aéroports, les avions. Ce style de vie qu'il affectionne tant va pourtant être bouleversé par l'arrivée d'une jeune fille, Natalie Keener, qui se propose de révolutionner l'entreprise en renvoyant les gens par visioconférence, depuis le siège même de la société, sans avoir à se déplacer.

Mon avis:

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, In the air n'est pas un brulôt virulent contre notre société, qui se permet de jeter les employés comme des mouchoires usagés (bien que le débat  reste ouvert en fin de film). Il s'agit avant tout d'un film sur le mal-être de la solitude.

Aussi faut-il plutôt voir le métier qu'exerce Ryan comme une métaphore de ce sentiment : peut-on se sentir plus seul que lorsqu'un inconnu vous annonce que vous allez perdre votre emploi ? D'ailleurs, la plupart des employés demandent ce qu'ils vont faire pour leurs familles, comment ils vont pouvoir s'occuper d'eux (comme lors de cette très belle scène dans laquelle un homme se demande comment ses enfants vont pouvoir le regarder). Cette solitude s'accroît avec l'idée de Natalie, de virer le personnel par visioconférence, sans aucun contact réel avec l'employé, qui se retrouve alors isolé dans une pièce.

Mais le vrai solitaire dans cette histoire reste Ryan. Son style de vie, il l'a choisi pour se couper de tous liens sociaux, sans responsabilités envers d'autres personnes. Il en a même élaboré toute une théorie, celle qu'il nomme "du sac à dos". En gros : faire son sac et n'y mettre que l'essentiel, ce qui n'inclut pas le foyer et les relations sociales. Sa seule "relation" est celle, ponctuelle, et torride, qu'il vit avec Alex, buisnesswoman abonnée aux séjours dans les hôtels de luxe (aux frais de l'entreprise).

Finalement, c'est une façon de vivre qu'il a parfaitement élaborée, adaptée à son travail. Mais la question du film : que lui reste-t-il si on lui retire ce travail ? Que laisse-t-il derrière lui ?

On pourra dire que ce n'est pas l'idée du siècle, et qu'un demi-million de films ont déjà fait le tour de la question, mais In the air aborde avec subtilité l'idée que "seul, la vie ne vaut pas d'être vécu". La relation en dents de scie de Ryan avec ses sœurs, ou encore avec Alex, illustre bien le vide qui se crée peu à peu dans sa vie.

George Clooney était l'acteur parfait pour incarner le personnage. Impossible de ne pas faire le parallèle entre ces deux grands célibataires qui ont choisi un mode de vie qu'ils assument totalement. Son regard de séducteur fatigué rend toute la solitude du personnage palpable.

Comédie douce amer, In the air se regarde avec plaisir, et laisse le souvenir d'un beau voyage, ponctué de quelques magnifiques images (les avions, les hôtels n'ont jamais tant fait envie), de sourires (et même de rire, mention spéciale à l'apparition de Zach Galifianakis), de mélancolie, le tout avec bonheur.

Ma scène culte:

La scène émouvante dans laquelle Ryan et Natalie sont chargés de renvoyer un père de famille qui ne sait plus quoi faire. La façon qu'a Ryan de le remotiver donne envie d'avoir ses talents d'orateur.

 

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 12:11

Micah Sloat et Katie Featherston. Wild Bunch Distribution

"Oh mon Dieu ! Encore un fantôme qui fait claquer les portes ! Ils pourraient innover, non?"

"T'inquiète chérie, dans tous les cas on passera sur Vidéo Gag."

Synopsis:

Depuis qu'elle a 8 ans, les nuits de Katie sont régulièrement pertubées par d'étranges phénomènes. Fantôme, démon? Pour en avoir le coeur net, son ami Micah décide d'installer une camera, afin d'avoir la preuve de ces activités paranormales.

Mon avis:

A l'origine d'un buzz incroyable, qu'on ne présente plus, Paranormal activity, intrigue et gêne tout à la fois. Quelle est donc ce film qui a fait peur à Spielberg en personne (je n'étais d'ailleurs pas au courant qu'il était réputé pour n'avoir peur de rien) ? Mérite-t-il une telle publicité, et des comparaisons pour le moins élogieuses à des références comme L'Exorciste ? Finalement, et comme souvent avec de tels battages médiatiques, la question que tout le monde se pose reste : bombe nucléaire ou pétard mouillé?

Pour entrer dans le vif du sujet, je dirais que le résultat est prometteur, mais inabouti. Les moments purement angoissants laissent malheureusement souvent place à des scènes véritablement inutiles.

Comme un grand nombre de films d'horreur récents, le film repose sur le principe de la vidéo amateur, ce qui permet de donner un côté réaliste au film. Bon moyen pour dynamiser l'action, en particulier dans ce genre de film à petit budget, ce procédé accentue surtout le sentiment de vulnérabilité du spectateur, qui finalement a le sentimement que ce pourrait être lui qui tient la caméra. Encore faut-il que tout ceci soit justifié. Comme dans Rec, où l'héroïne veut faire du journalisme de sensation. Ou dans Cloverfield, dans lequel, à la manière de ceux qui ont filmé les attentats du 11 septembre, le héros cherche à laisser une trace de ce qu'il vit. Si l'on comprend le besoin de Micah de filmer les évènements qui se déroulent la nuit, la pillule passe moins facilement quand il se filme en train de faire du café, de prendre son petit déjeuner, ou encore de s'engueuler avec sa copine...

Loin de créer une atmosphère intimiste, ceci aboutit à des scènes parfaitement inutiles, voire ennuyeuses. Et révèle un des défauts majeurs du film : l'absence de scénario. On y reviendra plus tard, mais pour autant de passages nocturnes réussis, les scènes de jour sont plutôt ratées. En effet, ce qui se passe à la lumière du Soleil va rarement chercher plus loin que quelques questions posées dans le vide. Pourquoi ne pas avoir développé l'histoire de ce démon qui poursuit Katie, plutôt que de se contenter de commentaires creux sur ce qui s'est déroulé durant la nuit ? Le personnage du médium synthétise parfaitement ce goût d'inachevé : largement sous-exploitées, ses interventions se limitent à expliquer que le démon est mauvais (no comment), et que lui ne fait que parler aux fantômes, et donc ne peut rien faire (no comment again), alors qu'il aurait parfaitement pu être celui par qui l'histoire avance. Au final on ne saura pas grand-chose (voire rien du tout quand on y repense). Dommage, car même un semblant d'explication, comme dans les films japonais du style de The Ring, ou The Grudge, aurait suffi. Bref, n'importe quoi plutôt que de voir un type trifouiller sur son logiciel Audacity pour écouter ce qu'on avait déjà écouté.

En revanche, à côté de tout ça, les scènes de nuit réhaussent pleinement le niveau du film. Posée sur un trépied, la caméra permet d'avoir une vision globale de ce qui se passe dans la chambre, et dans le couloir. On sent combien on peut être fragile quand on dort dans son lit. Directement, le stress monte d'un cran, l'insécurité s'installe doucement. Le tout renforcé par des effets d'une simplicité déconcertantes, mais diablement efficaces.

Le plus gros du travail réside surtout dans le son. Chaque fois que le démon se manifeste, un fond sonore sourd se met en place, instaurant une ambiance oppressante. N'importe quel son devient alors la manifestation d'un danger imminant : les clés jetées par terre, les planches qui grincent, sans oublier les bruits de pas. On ne voit rien, on entend tout. On ne sait rien, mais on ressent tout. L'essence même de la peur.

Puis ce sont les phénomènes à proprement parler : portes qui se ferment seules, lumières qui s'allument, ombres mystérieuses ou crises de somnambulisme. Certe, ça peut sembler classique, voire dépassé, mais pour peu qu'on soit un minimum superstitieux, c'est angoissant. En cela, les dernières scènes sont véritablement terrifiantes ! On joue donc sur des peurs très simples, sans être simplistes : peur du noir, peur de ce qu'on ne maîtrise pas... Classique oui, mais efficace !

De là à parler de tournant dans le cinéma d'épouvante, non ! Les idées sont tout de même connues de tous, rien de nouveau de ce côté là.

Au final, que restera-t-il de Paranormal Activity ? Un film avec de très bonnes idées, mais qui souffre de lourds défauts (scénario, rythme, et parfois jeu d'acteurs). Un film à sketches d'horreur, plutôt qu'un film à part entière. Bon, sans être révolutionnaire. À voir.

Ma scène culte:

La scène finale, celle qui fait vraiment peur. Je ne dirai rien car avec ce genre de film, mieux vaut ne pas réveler ce qui se passe, quand bien même ce n'est pas d'une originalité folle.

 

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