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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 11:42
Metropolitan FilmExport
-Putain, on s'est perdu! Je t'avais dit que ton raccourci valait rien!
-Ta gueule, et marche!


Synopsis:
Injustement enfermé dans un goulag au début de années quarante, Janusz n'a qu'une idée en tête: s'évader! A l'aide d'autres prisonniers, il parvient à sortir du goulag, et se met en route pour le Sud, avec pour objectif d'atteindre la frontière mongole. Cependant, leur pire ennemi dans cette quête sera la Nature.

Mon avis:
Il est vrai que j'attendais beaucoup des Chemins de la liberté. L'histoire pouvait donner lieu à un grand film lyrique, à mi-chemin entre Les évadés et Into the wild. Sans aller jusqu'à dire que j'ai été déçu, je l'ai trouvé honnête, mais sans ce petit truc en plus qui l'aurait élevé au rang de classique.

C'est en partie dû à un début confus. Les scènes dans le goulag, où l'on est censé découvrir les membres du groupe, s'enchaînent trop vite pour que l'on ait le temps de bien s'attacher à eux. Le personnage de Janusz se détache tout de suite, en effet, mais c'est parce qu'en tant que héros, il a eu droit à une scène introductive (un interrogatoire violent). Mister Smith, incarné par un Ed Harris poignant au détour de plusieurs scènes, sort également du lot grâce à la prestance de son interprète, de même que Valka, le brigand que joue Colin Farrel, qui, décidément, s'impose de plus en plus comme un acteur avec qui il faudra compter. En revanche, les quatre autres sortent un peu de nul part, et ce n'est qu'au cours du voyage que le spectateur apprendra à les connaître. Je ne parle pas ici de connaître leurs secrets, mais bel et bien de connaître leurs noms, leurs caractéristiques, et même leur tête finalement! C'est toujours gênant dans un tel film, de sentir que l'on à un train de retard sur les personnages, alors qu'il faudrait au contraire que l'on se sente au plus proche d'eux, comme si on faisait partie du groupe.

Pour en finir avec le début du film, l'évasion à proprement parler, n'est pas très bien filmée. Même si elle n'est pas au centre du film, et que je pense que le réalisateur a surtout cherché à aller plus vite aux scènes en pleine nature, elle est bien trop rapide pour être crédible. A croire qu'il suffit d'une petite ouverture dans les barbelés pour pouvoir se la jouer Steve McQueen dans La grande évasion.

Vient ensuite le centre du film. Les paysages sont franchement beaux, et certains plans valent le détour: les silhouettes qui avancent dans le désert, l'immensité du paysage qui écrase les évadés, ou encore les vertes steppes de Mongolie. C'est bien, et même trop bien. Bizarrement, on a juste le sentiment du travail bien fait, mais aucune magie ne s'en échappe, à la différence des plans d'Into the wild. A mon avis, cela vient du fait que l'on ne s'est pas suffisamment attaché aux personnages, et que, du coup, on n'avance plus à leur côté: on reste simple spectateur, au sens le plus neutre du terme.

Comme je l'ai dit, certains se dégagent. Au fur et à mesure que le film avance, seul Ed Harris continue de nous émouvoir. Peut-être est-ce dû au fait qu'en tant qu'acteur connu (et très bon, il faut le rappeler), il n'a besoin d'aucune scène d'exposition pour qu'on se sente proche de lui, à la différence des autres acteurs, qui ne m'étaient pas familiers. Ils sont justes, mais là encore, on a juste la sensation du travail bien fait. Ainsi, la mort de certains membres de la compagnie ne m'a pas plus ému que ça.

Une scène tout de même, parvient à transcender l'ensemble. Il s'agit de la toute dernière scène, qui voit Janusz retourner chez lui, en Pologne, après la chute du communisme. Le sentiment du temps qui s'est écoulé est très bien rendu par Peter Weir, et provoque de vraies émotions. Dommage que le reste du film ne vibre pas de la même façon.

Ainsi, il reste un film honorable, mais qui ne parvient jamais, sauf à la toute fin, à nous transporter au delà de notre écran. C'est aussi ça le Cinéma: dès fois, l'alchimie ne veut pas se produire, malgré tous les efforts du monde.

Ma scène culte:
La dernière scène, lorsque Janusz retrouve sa femme après plus de quarante année de séparation, à la seule fin de lui pardonner de l'avoir dénoncé sous la torture. Lorsqu'il ouvre la porte, ce n'est pas un vieux monsieur qui entre, mais le jeune homme amoureux qu'il était, de même que sa femme redevient une jeune fille pleine de vie, sans fantômes pour la hanter. Bouleversant je dois le dire.


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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 18:12
United International Pictures (UIP)
Élégance visuelle, valeur symbolique, et puissance des combats. Un film d'arts martiaux qui ne laissera personne indifférent.

Synopsis:
Autrefois, la Chine était divisée en 7 royaumes qui s'affrontaient pour la suprématie du territoire. Le seigneur du royaume de Qin était le plus puissant, et menaçait de remporter la victoire, aussi était-il la cible de nombreux assassins, dont les plus dangereux étaient Ciel étoilé, Flocon de neige, et Lame brisée. Jusqu'au jour où un mystérieux guerrier sans nom parvint à les tuer et à obtenir une audience du roi. Son récit commence alors...

Mon avis:
Le Wu Xian Pian est un genre unique et totalement inimitable. Fondés sur des combats oniriques, qui voient les personnages s'envoler dans les airs ou marcher sur les murs, ces films conjuguent poésie et violence dans de somptueux ballets aériens. Hero constitue un véritable chef d'œuvre dans le genre.

On est d'abord frappé par la majesté visuelle qui se dégage de l'ensemble. Chaque plan bénéficie d'un soin particulier, que ce soit dans l'utilisation des couleurs, les déplacements des personnages ou encore l'éclairage. Les compositions sont parfaites. On assiste ainsi au déploiement d'une armée immense, à des combats dans une forêts aux couleurs de l'automne ou sur un lac d'un bleu apaisant, à des adieux dans un désert aride. Le choix des couleurs permet de renforcer la portée symbolique du film. L'histoire de Sans Nom est racontée de trois façons différentes, et à chaque fois, vêtements et décors changent de teinte. Rouge lorsque le récit parle du déchaînement des passions, bleu pour le sacrifice noble, blanc lorsque la fin n'est pas encore écrite.

Cette élégance se retrouve dans des combats aux chorégraphies renversantes. Les plans larges et serrés s'alternent avec précision, et permettent d'avoir une vision globale de l'affrontement, tout en restant au plus près des personnages. Le ralentis sont utilisés avec précision, sans abus, d'où un effet à la fois poétique et fluide. Ces combats sont l'occasion de faire un parallèle entre les arts martiaux ces autres arts que sont la musique et la calligraphie. Ainsi lors de la rencontre avec Ciel étoilé, la bataille est psychologique tant que l'aveugle joue de sa mandoline, la musique permettant d'atteindre d'autres univers mentaux. De même, Lame brisée peint comme il se bat, pour trouver la paix.

Ce qui m'amène à ce qui fait la force du film, à savoir sa portée symbolique, son sens. Bien plus qu'un film d'action, c'est à une véritable leçon de philosophie que nous invite le film. Je ne veux pas en révéler les ressorts, mais le fond réside dans cette question: comment atteindre l'unité, l'union, que ce soit du point de vue des arts, du couple, ou de la nation? Les thèmes développés sont porteurs de sens, et, conjugués à la beauté formelle, font du film un pur poème épique.

Entre beauté visuelle, et profondeur du message, reste-t-il de la place pour l'émotion? L'idée de mettre le couple formé par Flocon de Neige et Lame Brisée au centre de l'histoire donne lieu à de grandes scènes entre les deux personnages, qui relèvent du tragique. Ils sont interprétés avec force par Maggie Cheung et Tony Leung, au sommet de leur art. Leurs ultimes adieux sont à ce titre particulièrement bouleversants. Le seul mot qui me vienne à l'esprit est "beau".

C'est en fait le mot qui s'impose à la vision du film. Un film à l'image du mot "épée" calligraphié par Lame Brisée: puissant mais apaisant.

Ma scène culte:
L'affrontement entre Sans Nom et Ciel Etoilé. Le combat est d'une beauté à couper le souffle. L'utilisation de la musique jouée par le vieil aveugle est magique, au même titre que les ralentis sur l'eau qui coule des toits.


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