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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 22:58
Jesse Eisenberg. Sony Pictures Releasing France
Au pire, il ne lui reste plus qu'à poker les avocats de la partie adverse.
 
Synopsis:

Jeune étudiant à Harvard, Mark Zuckerberg se fait remarquer un soir en faisant planter tout le réseau du campus. C'est alors qu'il est approché pour créer un site de rencontres pour les étudiants de Harvard. Mais il a un autre projet en tête...
Quelques années, et quelques milliards de dollars plus tard, le créateur de Facebook est engagé dans deux procès. Un face aux jumeaux Winkelvoss qui l'accusent de leur avoir volé l'idée, l'autre avec son ami Eduardo Saverin, qu'il a évincé de l'entreprise.

Mon avis:

Aurait-on été trompé sur la marchandise ? Porte-t-il mal son titre ? S'il s'appelle "Réseau social", il s'agit d'un véritable drame intimiste. Aussi Facebook n'est-il pas au centre du film : c'est bien d'un portrait de son créateur, l'atypique Mark Zuckerberg qu'il s'agit.

Le ton est donné dès la première scène. Un Zuckerberg au débit de mitraillette évoque son ambition de rejoindre une des prestigieuses confréries d'étudiants de Harvard, auprès d'une petite amie qui a du mal à le suivre, tout comme le spectateur. L'interprétation de Jesse Eisenberg est particulièrement intéressante. Déconnecté de la réalité, proche de l'autisme, arrogant, on comprend toute l'antipathie que son Zuckerberg peut dégager auprès des autres protagonistes.

Oui mais voilà, le spectateur n'est pas un personnage de fiction, et dès lors, il ne peut s'empêcher d'éprouver de la sympathie pour cet inadapté social, qui finira par relier toute la planète par l'internet. On a le sentiment que le pauvre ne pense pas à mal. À ce titre, une jeune stagiaire en droit lui dit très justement: "vous n'êtes pas un connard, vous faites juste tout pour en avoir l'air".

La clé de ce Zuckerberg réside dans sa volonté de se faire remarquer. Le sujet des confréries revient souvent, et l'on peut voir ce qu'il envie chez les jumeaux Winkelvoss.  Ce qui reste cependant le plus significatif de cette volonté, c'est sa fascination pour Sean Parker, créateur excentrique du site de téléchargement Napster. La scène de la rencontre avec ce dernier, qualifié de "show" par Saverin, co-fondateur de Facebook, surprend moins par la quantité de cocktails qui défilent, que par la lumière qui brille dans les yeux de Zuckerberg. C'est à ce moment que l'histoire s'emballe pour lui.

S'il ne pense pas à mal, il ne le commet pas moins. Passons sur le côté "il a volé l'idée aux jumeaux", qui n'est pas au centre du film, dans la mesure où les jumeaux n'avaient pas non plus une idée révolutionnaire. Ceci donne tout de même lieu à des scènes très drôles qui viennent détendre un peu l'atmosphère, comme la rencontre, pour le moins infructueuse avec le directeur de Harvard.

Non, le véritable mal c'est envers son ami Eduardo Saverin qu'il le commet. Associé au projet dès le début, il va petit à petit être dépassé par les évènements, et surtout par son ami, de plus en plus incontrôlable, notamment à partir de la rencontre avec Sean "Napster" Parker. Il finira presque renvoyé comme un moins que rien. Alors que le pauvre s'était démené comme un diable pour lancer l'entreprise. Il fait pitié à voir lorsqu'il fait le bilan désastreux de l'aventure pour lui. On a le cœœur serré lorsqu'au tribunal, il murmure "J'étais ton seul ami". Et Zuckerberg de se retrouver véritablement seul.

Dernière scène du film : Zuckerberg, seul devant son ordinateur, actualise inlassablement une page particulière de Facebook (on ne dira pas laquelle, même si ce n'est pas une surprise), rappelant que s'il cherche à se faire remarquer, c'est aussi pour se sentir moins seul. Finalement, toute l'ironie du titre réside là : le plus grand réseau social au monde, sur lequel toute sa vie peut défiler, mais aucun proche pour comprendre, et aimer cette vie.

Ma scène culte:

Les deux premières scènes sont excellentes, car elles vont à une vitesse affolantes, et permettent de se plonger directement dans l'esprit du personnage. La mise en scène de la création de Facemash, avec les commentaires en voix-off de Zuckerberg, est brillante. Fincher est un grand.

 

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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 20:01

Emile Hirsch. Paramount Vantage

Into the wild ou la quête de soi même.

Synopsis:

Christopher McCandless, est une jeune homme brillant issu d'un milieu aisé, admirateur des grands philosophes. Alors qu'il vient de recevoir son diplôme de l'université, et qu'il peut entrer à Harvard, il décide de tout quitter. Ecœuré par la société dans laquelle il vit, il se met en route pour passer quelque temps en Alaska, seul en pleine nature.

Mon avis:

On est en Alaska. Chris escalade une montagne. Arrivé au sommêt, il contemple la nature. The Wild... Magnifique paysage enneigé traversé par un cours d'eau, coloré de quelques arbres, éclairé par un Soleil à son zénith. La caméra se lance alors dans un travelling autour du jeune héros, puis une musique totalement épurée démarre, puissante. Et on peut lire dans ses yeux ce sentiment d'accomplissement, de bonheur, de liberté. Et le spectateur, cloué au siège, de ressentir ce florilège de sensations puissantes. Telle est l'une des multiples scènes magistrales de ce film.

La nature, composante principale de ce film, est toujours filmée avec une telle subtilité, que sa beauté transparaît à l'écran dans toute sa splendeur. Que ce soit le paysage le plus vaste, ou l'animal le plus petit, la caméra n'hésite jamais à se détacher de l'histoire quelques instants pour nous faire partager certains moments de grâce.

Et au milieu de la Nature, se trouve ce héros insolite, avançant vers son but, sur une bande-son extraordinaire. Sa quête (se débarrasser de tous les affres d'une société qui ne cherche qu'à posséder plus, et à cacher la vérité), qui pourrait apparaître, si ce n'est absurde, au moins comme un caprice de gosse de riche mal dans sa peau, trouve ici tout son sens. Car le spectateur n'est jamais considéré comme un simple témoin, mais comme un complice dans cette escapade. L'histoire, divisée en chapitres (autant d'étapes dans sa quête) nous montre Chris à nu. La voix de sa soeur se charge de nous le présenter au départ (avant d'exposer son point de vue sur l'histoire, comme tous les protagonistes rencontrés), tandis que lui nous livre ses réflexions personnelles sur la société, la famille, le bonheur, bref, d'importants thèmes humains, mais sans jamais tomber dans le martèlement philsophique. On vit avec lui pendant 2h 30 pour nous, 2 ans et demi pour lui. Alors bien entendu, sa quête finit par devenir la notre. Son sentiment de liberté nous est transmis rapidement, pour ne plus nous lâcher durant tout le film.

On suit également son évolution au fil des rencontres. Tantôt tristes, tantôt réconfortantes, voire amusantes, on est à chaque fois boulversé. D'autant plus que ces rencontres permettent d'aborder d'autres regards, toujours pleins de lucidité, sur le parcours du héros. Mais c'est réellement la nature qui fait grandir notre personnage, notamment durant son séjour en Alaska. Into the Wild. Alors bien sûr, les malheurs sont là, atteignent Chris, le blessent, et nous avec. On ne peut s'empêcher de voir la fin du voyage avec un sentiment d'impuissance et de tristesse. Mais on aura vécu ce voyage jusqu'au bout, avec Chris. Et ce sentiment de liberté n'est pas près de nous quitter.

Merci Emile Hirsh d'avoir su être cet homme attachant. Merci Sean Penn pour ce film.

Ma scène culte:

Pas cette fois.

 

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22 septembre 2006 5 22 /09 /septembre /2006 19:32

Eminem. United International Pictures (UIP)

En train de réfléchir à sa vie, mais aussi à son rap.

Synopsis:

Jimmy "Rabbit" Smith ne mène pas une vie de rêve. Logé chez une mère qui délaisse ses enfants, à Détroit près de 8 mile road, il souhaite s'en sortir. Mais son travail rapporte trois fois rien et on lui refuse les heures sup. Et côté sentimental, ça ne va pas bien mieux. Son seul moyen d'expression : le rap. Cependant, lorsque son ami Future le pousse à participer à une rap battle, tout s'écroule pour le jeune Rabbit. Terrassé par le trac, il est contraint d'abandonner. Cet éprouvant moment va le pousser à reconsidérer sa vie. Entre promesses mensongères, trahisons, et bonheur passager il fera tout pour s'en sortir.

Mon avis:

J'avoue que dans le fond le film n'est pas très original. Mais a-t-on réellement besoin qu'il le soit ?  Non car, le réalisateur Curtis Hanson a réussi à donner à 8 mile une personnalité bien à lui.

Tout d'abord parce que là où on l'attendait le moins, Eminem surprend par sa prestation humble et prenante. On y croit quand on le voit jouer.

De plus l'histoire très bien écrite, décrit la vie du rappeur de manière très juste. Certes, c'est romancé, mais ce n'est pas exagéré.

Et puis que dire de la bande-son. Si on n'est pas allergique au rap, elle est en tout point exceptionnelle.

Alors film purement commercial ? Si tout ce qui ne servait qu'à vendre était aussi beau, alors il n'y aurait plus de problèmes commerciaux.

Ma scène culte:

La dernière rap battle, lorsque les mots de Rabbit deviennent aussi dangereux que des armes pour son adversaire ! Eminem en impose et le texte est impressionnant de justesse.

 

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