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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 23:21

Mark Ruffalo et Julianne Moore. Pathé Distribution

Face au drame qui les touche, mieux vaut se serrer les coudes, mais est-ce si facile ?

Synopsis:

Une personne devient subitement aveugle dans sa voiture. C'est le début d'une terrible épidémie de cécité, baptisée "mal blanc" du fait que les victimes ne voient qu'une sorte de voile blanc. Le gouvernement décide de réagir en mettant en quarantaine les aveugles. Parmi eux, il reste une femme qui, malgré tout, conserve la vue.

Mon avis:

Blindness est tiré d'un roman de José Saramago. En tant qu'adaptation, le film est très fidèle au livre. Ceux qui l'auront lu retrouveront les personnages marquants, ainsi que les passages clés. Et si l'ensemble est moins dense que le livre (mais c'était à prévoir), il reste cohérent, et a peu recours à la voix-off ce qui est tout à son honneur.

Il est difficile, voire paradoxal, de traiter de l'aveuglement au cinéma, où tout est fondé sur l'image. Pourtant de ce point de vu la mise en scène est extrêmement réussie. À chaque fois qu'un personnage devient aveugle, on commence par voir la victime vaquer à diverses occupations, puis d'une façon ou d'une autre, une lumière blanche envahit l'écran, traduisant le caractère soudain de la cécité. A cela s'ajoute la façon de traiter le trouble des aveugles, notamment lorsque le premier d'entre eux retrouve sa femme dans le dortoire.

La mise en scène est donc très belle, sachant recourir comme il faut aux ellipses. L'ambiance est de plus en plus étouffante au fur et à mesure que les aveugles oublient toutes règles sociales. Un grand soin a été fourni à l'éclairage. Lumière terne mais claire le jour, très sombre la nuit, insistant sur le fait que la femme qui voit devient presque aveugle. Une scène sur les personnages féminins, particulièrement sombre et dure (je ne la dévoilerai pas au cas où certains ne connaîtraient pas l'histoire), présente une lumière très glauque, accentuant le sentiment quasi-claustrophobes des femmes. Bref le visuel de ce film sur les aveugles est assurément soigné.

L'histoire est riche en interprétations et en questionnements que le film parvient à retranscrire. Ainsi, comme dans le livre, les personnages n'ont pas de nom, car lorsqu'on ne voit plus à quoi bon avoir un nom (comme si notre identité ne venait que du fait que les autres nous voient). Comment réagirait la société si plus personne ne voyait ? Voyait-on vraiment avant de devenir aveugle ? Verra-t-on mieux après le retour de la vue (si jamais elle revient) ? Les questions métaphysiques sont également de la partie, notamment avec la figure messianique de la femme qui voit, ou encore le fameux passage de l'église. Si le livre développe mieux ces aspects, le film réussit tout de même a poser les questions justes, tout en condensant l'histoire.

Il fallait de bons acteurs pour faire sentir le désarroi de ces personnages. De Marc Ruffalo, impeccable dans le rôle du médecin qui tente de garder la tête froide, à Gael Garcia Bernal, terrible, dans celui du "roi du dortoir 3", tous ceux qui jouent des aveugles sont parfaits. Il faut bien sûr évoquer la saisissante performance de Julianne Moore. Elle est tour à tour forte, ou peu confiante (notamment lorsqu'elle craque car elle a oublié de remonter sa montre).

Une adaptation très réussie, et un film qui fait réfléchir !

Ma scène culte

Lorsque la femme qui voit va chercher de la nourriture au supermarché. La vision des aveugles errants dans les allées est troublante, et la scène se termine comme dans un film de zombies. Une très belle scène.

 

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