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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 21:52

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L'obsession de Harry va le mener à la destruction de couple qu'il forme avec Mary, qui ne demande qu'à l'aider... 

Synopsis:

Harry Fabian, est un petit escroc qui n'a qu'une seule obsession: se faire un nom. Il enchaîne pour cela les combines douteuses, et ratées, tentant au passage de voler un peu d'argent à Mary, avec qui il vit, et qui désespère de le voir un jour reprendre raison. Un jour, Harry revient avec une nouvelle idée en tête: dominer le business de la lutte à Londres...

Mon avis:

Le film s'ouvre sur un homme en train de fuir. On apprendra peu de temps après qu'il cherchait à éviter un homme à qui il devait 5£. 5£ qu'il trouvera auprès de sa compagne. Qu'il avait d'ailleurs abandonnée pendant trois jour pour monter l'affaire du siècle. Ce n'est que la scène d'exposition, et pourtant c'est tout le film qui est révélé dans ces quelques scènes: Harry Fabian est un fugitif, qui fuit certes les gens qu'il escroque, mais surtout, la réalité, poursuivant des chimères aux visages changeant.

Il suffit de voir la terrible résignation sur le visage de la sublime Gene Tierney, qui incarne Mary, pour comprendre qu'il n'y a aucun espoir pour Harry. Pourtant, les yeux de l'actrice veulent encore croire qu'un bonheur est toujours possible. Non, vraiment, on ne peut pas admettre que cet homme soit fini.

Les feux qui brillent dans le regard de Richard Widmark, remarquable Harry, ne peuvent pas être vains, ne doivent pas être vains, n'ont pas le droit d'être vains. S'il y croit, alors croyons avec lui. Après tout, Harry n'est pas un raté: intelligent et charismatique, il a ce qu'il faut pour s'en sortir. D'ailleurs, Nosseros, pour qui il travaille le lui dit: "Tu avais tout...". Avnt d'ajouter, l'air grave: "...mais tu es un homme mort".

Le film n'a rien d'un mélodrame, on est ici dans le registre du tragique: c'est un film noir. Tout n'est donc qu'un lent cheminement vers la chute. Le fol espoir qu'on peut entrapercevoir n'est que cruelle ironie d'une histoire qui ne ménage aucun de ses personnages. Tous autant qu'ils sont, seront entrainés dans la chute de Harry.

On pense avant tout à Mary, qui le dit si bien lorsqu'elle le voit lui voler son argent, sans hésiter à la bousculer: "tu me tues en faisant cela". Ce sont en effet tout ses rêves de bonheur qui s'envolent, ceux qu'elle avait formés dans sa jeunesse. Adieu innocence, au revoir paix de mon âme, sans vous je ne suis plus... Gene Tierney, dont le destin ne fut pas si éloignée de celui là, était l'actrice parfaite pour le rôle.

Mais, il n'y a pas que Mary. Nosseros et son épouse forment une autre facette du tragique de cette histoire. Elle ne cherche qu'à le fuir, quand lui ne demande qu'à être aimé en retour. D'ailleurs, bon nombre de plans montrent Nosseros à différents moments du film, avec en arrière plan le portrait de sa femme, illustrant ainsi l'impossibilité de toute communication entre les deux.

Enfin, il y a Kristo, un gangster qui règne déjà sur le milieu des combats à Londres, et qui peine à trouver le respect d'un père, Grégorius, qu'il admire profondément. Une scène particulièrement émouvante voit Grégorius dire "mon fils m'a manqué", laissant son fils à sa douleur.

Autour d'eux, gravitent divers personnages malsains, dont une vieille alcolique qui symbolise clairement la mort, de part son regard pervers, et son rire vicieux. L'atmosphère sombre du film en est renforcée. A cela s'ajoutent les effets classiques du film noir, à savoir image en noir et blanc, et scènes de nuits dans des décors qui écrasent les personnages.

Harry n'a plus qu'à tenter de fuir. La course n'en sera que plus difficile, ce que l'on peut voir au regard fou de terreur de Richard Widmark, qui fait en même temps ressortir à merveille le fait que le héros prend peu à peu conscience de l'impasse où il se trouve.

Le film ne laisse pas indemne. On en ressort avec le sentiment d'avoir observé à la loupe tout le tragique d'une existence humaine absurde. Magnifique.

Ma scène culte:

Il y a un plan magnifique qui représente Nosseros au premier plan et Mary au deuxième. Ils sont séparés par un mur. Lui, tourne le dos à la caméra. Elle, lui fait face. Il se demande où se trouve sa femme, et elle, attend son mari. La scène illustre à merveille la solitude de ceux qui ressentent cet amour à sens unique, et qui sont délaissés par un être aimé, parti à la poursuite de ses propres chimères.

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